Les Batardises à Landeronde

Un grand bol d'art !

Christine et Frédéric devant leur atelier à la Batardière Christine et Frédéric devant leur atelier à la Batardière

De l'art contemporain en pleine campagne ! C'est le pari réussi de deux artistes, Christine Poupeau et Frédéric Jammes, venus s'installer au début des années deux mille à Landeronde, bourg vendéen à mi-chemin entre La Roche-sur-Yon et La Mothe-Achard. Dans l'ancienne ferme familiale de La Batardière, le couple a choisi de se poser pour créer et élever ses enfants. C'est aussi ici qu'ils ont donné naissance à la biennale d'art contemporain joliment dénommée Les Batardises. Histoire d'une manifestation qui ne manque pas de souffle !

Un labyrinthe charmant de petites routes de campagne… C'est ici, au milieu des champs, que se découvre La Batardière. Exploitée jusqu'en 1999 par les parents de Christine, la ferme et ses dépendances ont, avec le nouveau millénaire, entamé une mue profonde. Les vaches et le foin ont certes disparu, mais les murs demeurent. Indestructibles. "Certaines pierres datent du XV e siècle, relève Christine. Ancienne demeure seigneuriale, peut-être même ancienne abbaye, l'histoire de La Batardière reste encore à explorer. Une seule certitude : ce lieu a été foulé par quantité de gens au fil des décennies. Il s'en dégage une force qui nous donne une énergie folle...!"

Magique Image floue d'une femme dévêtue

En 2000, Christine et son compagnon Frédéric s'installent sur cette terre vendéenne après cinq ans passés dans le village d'artistes d'Octon, au pied du Larzac. C'est ici, au bord du lac Salagou, dans ce paysage de pierres volcaniques rouges que le couple s'est rencontré. Ancienne styliste de mode, Christine avait, quelques années plus tôt, quitté le monde de la haute couture pour être initiée aux techniques de la peinture des maîtres flamands et de la Renaissance italienne. "Mais c'est à La Batardière que Christine avait monté sa première expo, raconte Frédéric. Lorsque l'envie de s'installer ici pour créer a pris corps, nous avons aussi souhaité nous engager dans l'organisation d'un événement collectif. À Octon, chaque initiative était compliquée à souhait. Ici, les choses se sont mises en place tout de suite." Magique !

Dès 2002, Christine et Frédéric lancent donc à La Batardière les premières... Batardises. "Grâce au soutien de Mado, la mère de Christine, ancien maire de Landeronde, grâce aussi au sérieux de notre organisation que nous avons voulue professionnelle, nous avons rassemblé des artistes d'horizons différents, ayant pour point commun une écriture figurative. " Portée par l'association justement dénommée La Figure, cette exposition collective inédite fait mouche. "On a attiré des tas de gens différents, des ruraux et néo-ruraux, des citadins, des personnes averties ou de simples néophytes. Un joyeux mélange de curieux, absolument pas blasés, séduits tant par la qualité des œuvres que par le charme du site…"

Écriture contemporaine

Reconduites en 2005, Les Batardises prennent alors leur rythme de biennale. "Alors que la première édition était délibérément axée sur le mouvement figuratif, pas forcément en vogue à ce moment-là, nous avons ensuite ouvert notre programmation à d'autres formes d'expression, conscients qu'il était risqué de s'enfermer dans un seul registre." Vidéo, installations, performances, sculptures, dessin, peinture… Peu à peu, l'écriture contemporaine des Batardises s'affirme, au fil des é Vue d'une installation extérieure des Batardises ditions, mais aussi au fil des manifestations qui s'inscrivent entre deux biennales (l'Invité, le Doku, les Fins de semaine des Batardises).

Aujourd'hui, au prix d'un boulot acharné, Christine et Frédéric sont parvenus  à faire de La Batardière un lieu reconnu dans le milieu de l'art contemporain, tant auprès du monde artistique que des institutions ou des entreprises qui apportent leur soutien à l'association La Figure. "Financièrement, ces partenariats sont bien sûr essentiels à l'organisation de nos manifestations. En terme d'image, ils constituent aussi un gage de reconnaissance non négligeable aux yeux du public…"

Indissociables de La Batardière

D'année en année, chaque événement confirme le succès de ce qui était un pari audacieux, voire franchement casse-gueule, moyennant "une mise entre parenthèses de notre métier d'artiste". C'est la raison pour laquelle trois ans se sont écoulés entre les deux dernières biennales (lire encadré) ! "Nous avons même songé à transmettre ce concept de l'art contemporain à la campagne à d'autres, pour d'autres cieux." Une idée vite abandonnée. "Nous nous sommes aperçus que Les Batardises sont indissociables de La Bartardière. C'est finalement le lieu qui donne à l'événement son âme, son charme et sa force !"

In/Ex jusqu'au 1er août

The place to be… Jusqu'au 1er août, rendez-vous à La Batardière à Landeronde pour la 5e biennale d'art contemporain. "Certes, la précédente édition des Batardises s'était déroulée en 2007, confie Christine Poupeau. Mais Frédéric et moi avions besoin de retourner à notre travail de création artistique, difficile à concilier, tant l'organisation d'un tel événement nous vampirise !"

Intitulée In/Ex comme "Inspiration / Expiration" (intérieur / extérieur?), l'exposition collective donne la part belle aux installations de Gwen Gérard, Rodoff, Véronique Bouldé et Dominique Chabot, disséminées sur le site de La Batardière et ses dépendances. À l'intérieur de la vaste grange qui accueille généralement les ateliers et l'habitation de Christine et Frédéric, les dessins, les huiles, mais aussi des photos signées Christine Poupeau. "Dix ans après ma première expo à La Batardière, j'ai eu envie de m'inviter…"

 

www.lesbatardises.fr

Isabelle Doat - Journaliste
Isabelle Doat - Journaliste

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