Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…


    Au fil de l'estuaire de la Loire
    Au fil de l'estuaire de la Loire 200 km, à pied. "Appréhender l’estuaire dans sa globalité nécessite d’en arpenter les franges, pas à pas, au rythme du marcheur", expliquent Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps.…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    Portrait d’artistes

    Vendée : chez les Pateau, l’art est humaniste et engagé

    La famille Pateau : des artistes humanistes et engagés La famille Pateau : des artistes humanistes et engagés

    Dans la famille Pateau, je demande le père, Philippe. Mais aussi les deux fils, Maxime, 29 ans, et Clément, 27 ans. Une famille d’artistes. Humanistes. Engagés. Jamais très loin, la mère, Marijo. La femme de l’ombre, pilier de sa tribu d’hommes.

    Au numéro 4 du lieu-dit La Bobière, au Poiré-sur-Vie (85), il y a comme un grain de fantaisie. Il fait toujours bon y passer. Le matin, il y aura du café pour tout le monde. Le soir, ce sera plutôt du whisky. Dans cette maison du bonheur, un seul mot d’ordre : bienvenue ! Il y a comme un air d’auberge espagnole dans cet antre vendéen ouvert à tous. Tout le temps. Ça parle, ça échange… Les avis sont parfois tranchés, mais tout est argumenté. L’art est disséqué. Ça se titille. C’est vif et gai.

    Philippe sculpte. Maxime photographie. Clément écrit… Et Marijo donne son avis ! "Elle dit toujours que c’est super, mais nous, on la connaît, on sait qu’il y a des degrés dans ces super", rigolent Philippe et Maxime. Clément ajoute : "Mam’ ne pourrait pas jouer au poker. On lit en elle". Ces trois-là sont comme larrons en foire. Rigolards et détendus, mais sérieux quand il s’agit d’art. "Si l’on n’a rien à dire, alors il faut se taire. Faire du beau n’est pas suffisant", s’exclame l’un. "Notre boulot, c’est de transfigurer la réalité", commente l’autre.

    Les trois artistes de la famille sont complémentaires. Maxime photographie les sculptures de Philippe. Clément sert de modèle à Maxime. Philippe et Maxime lisent les différentes étapes du roman de Clément. Un point commun : la détermination. "On sait que nos créations ne plaisent pas à tout le monde, mais on sait surtout ce qu’on veut montrer, donc on assume."

    Art humaniste

    Les sculptures en ferraille de Philippe parlent de l’humanité dans ce qu’elle peut avoir de meilleur : l’acceptation de l’autre dans sa différence, la quête de sens… Ses œuvres s’appellent "ADN" ou "Facettes", rappelant que chacun de nous a différents composants et qu’on a tout ce qu’il faut pour devenir des gens qui essayent de "faire le bien".

    La dernière série de photos de Maxime s’intitule "Réfugiés" et, pour cela, il est allé à la rencontre de migrants et réfugiés arrivés en Vendée ces dernières années. "Il a fallu instaurer une complicité et un climat de confiance. J’ai suivi avec eux pendant deux mois les cours de français pour apprendre à les connaître. Mais la barrière de la langue a pu aussi parfois être une difficulté".

    Photo de la dernière série de photos de Maxime, intitulée Photo de la dernière série de photos de Maxime, intitulée

    Ses photographies prises de nuit racontent la discrétion de ces gens en situation parfois difficile. "Mon objectif n’est pas de montrer la pauvreté, mais au contraire, que l’intégration est possible, que c’est un plus pour notre société. Et que ce n’est pas facile, pour qui que ce soit, de quitter l’endroit où l’on est né."

    Un an et demi aux États-Unis

    C’est aussi certainement en faisant lui-même l’expérience du déracinement que Maxime a pu se confronter à ce sujet. Pendant un an et demi, Philippe et Marijo ont décidé de partir vivre aux États-Unis, alors que les deux garçons étaient encore jeunes. Un choix, bien loin d’un exil subi par des peuples opprimés, mais Maxime concède que l’influence est là. Peut-être souterraine, mais bel et bien présente.

    Apprendre une nouvelle langue. S’intégrer. Créer du lien social. Tous en retiennent le côté "très capitaliste" du pays, mais surtout "leur effort pour l’accueil des migrants". Clément, lui, écrit désormais directement en anglais. Si vous doutiez encore qu’aller voir un peu ailleurs ouvre les horizons et la connaissance…

    Seurat, Van Gogh, Zadkine et Gargallo...

    L’éducation artistique des deux garçons a bien entendu été forgée par Philippe. "Je n’ai jamais eu la sensation de leur faire un parcours initiatique, mais oui, je les ai emmenés à Orsay, par exemple, voir les œuvres de Seurat qui, pour moi, est un artiste majeur."

    Philippe se lève, va chercher ses bouquins d’art. Des rayons entiers dans sa bibliothèque. Seurat le pointilliste, donc. Mais aussi l’émotion de Van Gogh. Les sculptures de Zadkine et Gargallo"S’il commence à ouvrir ses bouquins, on n’a pas fini", se moquent gentiment Maxime et Clément. Mais tout est là pourtant. Les influences. Les émotions premières. La première fois que l’on crée. Celle où quelqu’un vous confirme que c’est la bonne voie.

    Premiers émois

    "C’est Henry Murail, sculpteur vendéen avec qui j’ai pris quelques cours, à qui j’ai montré ma première sculpture au début des années quatre-vingt-dix, glisse Philippe. Avant cela, j’avais fait des choses qui ressemblaient à du Giacometti, mais jamais, au grand jamais, je n’aurais montré ça. Mais il fallait que j’en passe par là pour trouver ma voie."

    Sculpture de Philippe Pateau. Sculpture de Philippe Pateau (c) Maxime Pateau

    Pour Maxime, la première photo importante date de 2007. Sète. Un panneau de pharmacie. Un zooming. Première sensation forte. Quant à Clément, la claque littéraire reste L’écume des jours de Boris Vian. Suivra la découverte des œuvres de science-fiction du Vendéen Pierre Bordage.

    "Il faut être un grand gamin pour faire de l’art. C’est souvent toi qui es le premier surpris de ce qui sort", relève Philippe. De là à se considérer comme un artiste… "C’est aux autres de le dire… Ça enlèverait de sa valeur au mot si moi-même je le prononçais, analyse Maxime. Moi, je fais ce qui me plaît. Ça passe par la photo. Rien de plus".

    Pari risqué

    Choisir de ne pas suivre les voies traditionnelles est un pari, bien souvent risqué financièrement. Clément habite dans la maison familiale. Maxime, lui, s’est construit un chalet… au fond du jardin. Une vraie tribu. Qui se serre les coudes quand les doutes assaillent l’un d’entre eux. Qui trouve de la bienveillance dans le regard de l’autre.

    Clément met actuellement le point final à son roman. Maxime exposera ses photographies à la Maison de l’Europe à Nantes du 12 septembre au 10 octobre. Philippe plonge avec délectation dans ses bouquins d’art pour faire bouillonner les idées créatives. Si vous passez un jour en Vendée, à La Bobière, allez-y sans prévenir… Vous verrez, il y a toujours du café.

     

    En savoir plus :

    Delphine Blanchard - Journaliste
    Delphine Blanchard - Journaliste

    Voir tous ses articles
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...