Les algues vertes voient rouge

algues vertes en Bretagne algues vertes en Bretagne

Depuis plus de 30 ans, les algues vertes prolifèrent dans plusieurs baies des Côtes d’Armor et du Finistère. Le phénomène apparaît chaque année de mai à octobre, résultat de la combinaison de trois facteurs : une géographie propice (baies fermées ou confinées, comme à Saint-Michel-en-Grève), température de l’eau et luminosité suffisantes, excès d’azote dans les rivières qui se jettent dans ces baies.

 

Des laitues "tueuses"

Ces algues vertes, également appelées ulves ou laitues de mer (Ulva lactuca, en latin), sont un indicateur de dérèglement de l’environnement : les sols bretons sont surchargés d’azote. Cet élément chimique, issu des épandages de lisier de porc ou de poule, se transforme naturellement en nitrate qui favorise l’apparition des algues. Celles-ci dégagent une odeur pestilentielle lorsqu’elles pourrissent sur les plages, ce qui a pour effet de faire fuir le public.

Plus grave, les ulves peuvent également tuer : deux chiens, un cheval et vraisemblablement un homme, sont morts après avoir respiré du sulfure d’hydrogène émis par ces plantes marines. L’Agence régionale de santé-Bretagne a d’ailleurs lancé, l’été dernier, un appel à la vigilance, et de nombreuses autres actions ont été mises en place pour lutter contre ce fléau. Depuis 1994, un milliard d’euros d’aides publiques a été dépensé, sans résultat probant. Le dernier plan "Algues vertes" en date, lancé en février par les ministères de l’Alimentation et de l’Écologie, prévoit plusieurs actions sur la période 2010-2014. Et 134 millions d’euros à la clef.

Agir sur les pratiques agricoles

 

Le gouvernement prétend "assurer une gestion irréprochable des algues vertes échouées, par l’amélioration de leur ramassage et de leur traitement", et "réduire les flux de nitrates vers les côtes", en réhabilitant les zones naturelles et en modifiant les pratiques agricoles dans les bassins versants concernés.

 

Les associations de protection de l’environnement doutent de la capacité de l’État à réellement agir sur le fonctionnement des élevages intensifs. Le comité scientifique du plan "Algues vertes" évoque même "l'incohérence" des objectifs avec les solutions envisagées. Deux élus de communes victimes de ces laitues de mer ont lancé une proposition alternative : aider les paysans à se convertir à l’agriculture biologique. Pas sûr qu’elle soit au goût du lobby de l’agrobusiness.

 

 

 

Au sommaire du dossier :

 

 

algues vertes en BretagneLe mauvais plan des algues vertes

Elles reviennent chaque année, sur plusieurs plages de Bretagne, avec leur jolie couleur et leur parfum d’œuf pourri. "Grâce" à l’industrialisation de l’agriculture, les algues vertes s’éclatent sur le littoral breton. Pour lutter contre ces ulves gavées de nitrate issu des élevages intensifs, l’État a lancé le plan "Algues vertes" en février. Sans résultats concrets pour l’instant.

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algues vertes en BretagneLa colère "verte" de deux élus locaux

Deux élus de Tréduder et Saint-Michel-en-Grève, deux communes particulièrement touchées par les marées vertes, sont en colère. "C’est toujours la même chose : on propose des mesures agroenvironnementales territoriales et une expérimentation sur six ou huit fermes. Au mieux, on réduira les taux de nitrates à 15 mg/litre et on aura toujours 15 000 tonnes d’algues vertes."

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algues vertes en BretagneUn plan gouvernemental incohérent ?

Le comité scientifique du plan "Algues vertes" a sèchement rappelé le gouvernement à ses obligations de protection de la santé et de l’environnement, le 18 juin dernier. Dans un avis bien peu relayé par les médias, il s’est interrogé sur "l’incohérence" de l’objectif de réduction visible des marées vertes d’ici 2015 et sur la pertinence des propositions.

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Raphaël Baldos - Journaliste
Raphaël Baldos - Journaliste

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