Actualités :

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Nos partenaires

    

    Anna Pencoat, ép. 3/4

    Constance Vassieux

    La couverture du roman Anna Pencoat La couverture du roman Anna Pencoat

    Anna Pencoat est en train de vivre une journée terrible (lire les épisodes précédents), mais d'autres ont plus de chance. Comme Constance Vassieux, qui file le parfait amour avec un jeune photographe en début de carrière. Troisième épisode du roman historique Anna Pencoat, de Catherine Ganz-Muller, qui se déroule en Pays Bigouden juste après la Première Guerre mondiale.

    Constance et Victor revenaient d’une journée passée en baie d’Audierne. Les deux jeunes gens avaient emménagé pour quelque temps dans la propriété pont-l’abbiste de Victor, bien décidés à parcourir la région, de Brest à Lorient. Visite des églises et des petits ports, longues marches sur les plages et dans les chemins creux, repas de fruits de mer ou de poissons, farniente dans le jardin de la villa. Ils venaient de passer un été de rêve. Ils s’apprêtaient à entamer l’hiver avec autant de plaisirs à venir.

    Jeune photographe en début de carrière, Victor Montier profitait de ce séjour pour faire des quantités de photos qu’il envoyait à son ami Paul Dupuy, directeur du Dimanche illustré. Paul lui avait déjà pris plusieurs reportages. Victor espérait bien un jour entrer définitivement au journal. D’autres de ses clichés avaient été publiés sous forme de cartes postales qu’il était fier de retrouver sur les tourniquets des librairies.

    - Un jour, je serai célèbre, ma chère Constance ! Vous vous féliciterez de m’avoir connu !

    Le vouvoiement entre eux était une manière de jeu qu’ils affectionnaient particulièrement en présence d’autrui. Ils étaient seuls pourtant dans la voiture qui les ramenait d’Audierne en cette fin de soirée. L’intimité de l’habitacle, la complicité qu’il impliquait entre les deux voyageurs les encourageait à prendre ce mode de conversation qui les amusait tant.

    - Parce que nous ne serons plus ensemble, mon ami ? minaudait la jeune femme. Vous aurai-je quitté ou est-ce vous qui m’aurez abandonnée ?

    - Mais je vous aurai délaissée pour mon œuvre, ma tendre ! A-t-on jamais connu l’amie de Léonard ? Celle de Van Gogh ?

    - … mais celle de Rodin ! Pauvre Camille ! En effet, si vous devez devenir aussi célèbre que vous le dites, il est sans doute préférable que je protège ma santé…

    Elle avait pesé plus fortement sa main sur le genou du jeune homme.

    - … et que je vous quitte rapidement !

    Ce genre de discussion entre flirt et plaisanterie entretenait leur relation. C’était un jeu de rôles dont ils connaissaient parfaitement les règles et qu’ils savaient arrêter à temps. Ils traversèrent le bourg de Plonéour-Lanvern plongé dans la pénombre. Ils longèrent la silhouette de l’église qui leur sembla particulièrement imposante. Les phares, comme un flash, firent miroiter les vitrines des commerces, fermés à cette heure, puis d’une lumière régulière éclairèrent la route qui menait à Pont-l’Abbé. La nuit les enveloppa jusqu’à l’entrée de Kanapeg. Ils roulaient en silence, bercés par le ronflement du moteur.

    - Tu m’aimes ? demanda Constance.

    Elle avait la tête appuyée sur l’épaule de Victor, sa main gauche caressait la cuisse du jeune homme. Il ralentit. Une irrésistible envie de la prendre dans ses bras venait de s’emparer de lui. Il remercia la liberté qui leur était donnée d’agir comme ils le souhaitaient. Il arrêta la voiture sur le bas-côté de la route.

     

    Extrait d'Anna Pencoat, de Catherine Ganz-Muller, Éditions De Borée, juillet 2015, 384 pages, 21 €. Achat en ligne sur le site de l'éditeur.

     

    L'auteur : Catherine Ganz-Muller

    Une vie entre deux mondes

    Portrait de Catherine Ganz-Muller

    Grande lectrice née en 1947, Catherine Ganz-Muller est étudiante à la Sorbonne en lettres modernes pendant mai 68. Après une année scolaire agitée, elle pense finir sa licence... mais finalement abandonne pour suivre son autre passion, le cinéma, dans lequel travaille son père. "Il a accepté que j'arrête les études mais a voulu que je commence par le bas de l'échelle. J'ai donc débuté par un stage comme ouvrière en laboratoire, sur une tireuse dès quatre heures du matin, ce qui m'a permis d'obtenir la carte professionnelle qui était alors nécessaire pour travailler dans le milieu."

    Après une brève expérience de script – "j'étais trop tête en l'air !" –, elle se spécialise dans le montage et grimpe tous les échelons. En 1987, avec son mari, metteur en scène et lui aussi passionné de littérature, Catherine Ganz-Muller se lance dans une nouvelle aventure en achetant une librairie dans le XVe arrondissement, à Paris. "Mais c'était épuisant, car je continuais de monter les nuits et le weekend après avoir passé la journée dans la librairie... et en cinq ans je n'avais pas vraiment eu le temps de lire !"

    En 1993, la librairie vendue, elle est chargée de faire un montage son. Mais elle réalise que son métier a complètement changé. "Avant, le montage était presque sensuel, on touchait la pellicule. Je me suis retrouvée à travailler entièrement en numérique, alors que je ne savais même pas ce qu'était un ordinateur ! Je ne connaissais plus mon métier." Le couple décide alors d'abandonner la capitale et la stressante précarité des intermittents du spectacle pour s'installer en Bretagne dans la maison familiale. Après une formation de bibliothécaire, Catherine Ganz-Muller est embauchée par la ville de Pont-l'Abbé et revient à ses premiers amours en vivant au quotidien entourée de livres. Elle collabore avec quelques magazines locaux, puis se lance dans l'écriture en 1999, d'abord via la littérature jeunesse. Sans perdre pour autant son âme de cinéphile : "lorsque j'écris, je vois le film... et tant que je n'ai pas le film en tête, je ne peux pas écrire !".

    Désormais veuve et installée à côté de Vendôme, elle signe avec Anna Pencoat son premier roman qui ne s'adresse pas aux plus jeunes. Mais les personnages principaux font bien écho à sa propre jeunesse : l'importance accordée à l'instruction, le syndicalisme, la coquetterie... et le sentiment de vivre une époque charnière entre deux mondes. "Les femmes de ma génération étaient des sortes de mutantes. Elles ont été élevées par des mamans qui raisonnaient quasiment comme au XIXe siècle alors que le monde avait complètement changé..."

    En savoir plus : http://catherineganzmuller.fr

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes d'Anna Pencoat

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...