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    Notre enfance en Pays de la Loire, ép. 2/4

    Guerre 39-45 : libéré, l'Ouest se retrousse les manches

     Vue aérienne des bombardements alliés de Nantes, 23/09/43 Vue aérienne des bombardements alliés de Nantes, 23/09/43 - © National Archives USA

    Cinq ans après le début de la guerre (lire le premier épisode), l'horreur s'achève enfin. En Pays de la Loire, les Américains libèrent d'abord Laval, puis Le Mans, Angers, Nantes et la Vendée. Mais l’allégresse de la libération laisse vite place à la volonté de rebâtir les villes et de relancer les institutions. Deuxième extrait de Notre enfance en Pays de la Loire, de Pierre Pinta.

    La liberté retrouvée

    Dans l’Ouest, la Libération tant attendue est effective en août 1944 : le 6, les Américains entrent dans Laval, le 8, ils sont au Mans ; Angers est libérée le 10, Nantes le 12 ; les Vendéens doivent attendre le 28. Toutefois, la "poche de Saint-Nazaire" que les Allemands ont rendue inexpugnable reste aux mains de l’ennemi… jusqu’en qu’en mai 1945.

    Partout, les FFI prêtent main-forte aux Alliés et restaurent l’ordre républicain au nom du gouvernement provisoire de la République française. Dans la famille de ma mère, on fête la victoire comme il se doit. Cependant, on est toujours sans nouvelles de mon grand-père. Et puis, il y a ces actes de vengeance, ces scènes d’humiliation, comme ce jeune soldat, désarmé, effrayé, abattu de sang-froid, ou bien ces femmes accusées de "collaboration horizontale", à moitié dénudées et tondues en public.

    Michel Debré

    Michel Debré par Ludwig Wegmann
    CC BY-SA 3.0 Deutsches Bundesarchiv

    Le 20 août, le maréchal Pétain est transféré par les Allemands de Vichy à Sigmaringen, où se sont exilés les dignitaires de son régime déchu. Afin d’éviter un vide institutionnel propice à l’anarchie et aux règlements de comptes, le Gouvernement provisoire remet sur pied un État de droit (administration, justice, police…), tout en gérant dans l’urgence une épuration qu’il sait inévitable, mais dont il souhaite limiter l’ampleur. C’est ainsi que bien des fonctionnaires, après un "débriefing" symbolique, restent en poste. À l’inverse, les hauts fonctionnaires les plus compromis sont remplacés – le gaulliste Michel Debré est nommé "commissaire de la République" (préfet) de Maine-et-Loire en août 1944 – et parfois jugés.

    […]

    Une nouvelle ère

    L’une des priorités est le retour des déportés et des prisonniers. Si les chiffres diffèrent, on estime cependant à 30 000 le nombre de déportés (juifs et résistants) ayant survécu à l’enfer concentrationnaire. Parmi eux, mon grand-père maternel, rescapé de Buchenwald. Quant aux prisonniers de guerre, ils sont encore plus d’un million en Allemagne. La vie quotidienne reste difficile, rythmée par les tickets de rationnement et les pénuries en tous genres (on croise les doigts pour ne pas revivre les froids polaires des deux années précédentes).

    Beaucoup de Français pensent alors – à tort – que la Libération va immédiatement apporter des "lendemains qui chantent". C’est oublier un peu vite que la désorganisation économique aura nécessairement des conséquences à long terme. Les ambitieuses réformes du Conseil national de la résistance – les nationalisations, l’augmentation des salaires, etc. – ne vont démarrer au mieux que l’année suivante. Pour l’heure, on doit se satisfaire d’une mesure politique historique – le droit de vote accordé aux femmes –, mais qui n’a évidemment aucune incidence économique (un droit qui s’exerce l’année suivante, lors des municipales d’avril 1945). Finalement, l’hiver 1944-1945 fut… très froid (à Nantes, la Loire est gelée). Mais avec la vague de chaleur exceptionnelle du printemps 1945, arrive (enfin) la bonne nouvelle : le père de ma mère est vivant !

    […]

    Du pain sur la planche… et dans les estomacs !

    Une famille des Pays de la Loire après la guerre Avec le retour des prisonniers et des déportés, le pays peut enfin tourner la page de la guerre et de l’Occupation. S’il n’est évidemment pas question d’oublier – les blessures sont trop profondes et le traumatisme trop violent –, il convient néanmoins de regarder l’avenir avec confiance et de… retrousser ses manches ! Priorité est en effet donnée à l’approvisionnement et à la reconstruction. Certaines régions, notamment dans l’Ouest, ont été dévastées par les bombardements alliés et les combats : Saint-Nazaire est détruite à 85 %, tandis que plusieurs quartiers de Nantes sont ravagés. Toutes les villes ont souffert à des degrés divers, des infrastructures (gares, voies de chemin de fer, ponts) ont été gravement endommagées, voire anéanties, des usines sont en ruines ; des milliers de personnes n’ont plus de toit, plus de travail. Tous les efforts des nouvelles autorités portent donc sur les matériaux de construction, l’énergie et les financements publics, d’où les vagues de nationalisation dans ces secteurs stratégiques entre 1945 et 1948.


    Reconstruction de Nantes après la seconde guerre mondiale © Archives de Nantes

    © Archives de Nantes


    Notre enfance en Pays de la Loire – Souvenirs de jeunesse, de Pierre Pinta, Éditions Wartberg, 2015, 64 pages, 13 € 10. Achat en ligne sur le site des Éditions Wartberg ou sur celui de la Fnac.

     

    L'auteur : Pierre Pinta
    Amoureux des terres et décodeur d'histoire(s)

    Portrait de Pierre Pinta.

    Écrivain ? Ethnologue ? Historien ? Difficile de résumer le travail de Pierre Pinta en quelques mots… "J'ai un parcours assez éclectique", lance l'auteur. "J'ai longtemps été en freelance, travaillant aussi bien dans la culture, sur le montage d'expositions ou l'accompagnement de groupes, que dans l'enseignement supérieur, à l'université et en écoles de commerce. Actuellement, je partage mon temps entre l'enseignement et l'écriture."

    C'est au cours de ses années universitaires que Pierre Pinta a pris goût pour l'écriture : "Étudiant en sciences humaines à la Sorbonne, je me suis spécialisé dans l'histoire des civilisations et la géopolitique. J'ai commencé par écrire sur des sujets d'histoires locales, puis des monographies de communes de la banlieue parisienne." Aujourd'hui âgé de 58 ans, il est l'auteur et le coauteur de plusieurs dizaines de livres. Son travail porte principalement sur la Méditerranée et le Proche-Orient, avec des ouvrages tels que Liban, culture et art de vivre au pays des cèdres et Sebha, ville pionnière au cœur du Sahara libyen.

    Avec la sortie récente de Notre enfance en Pays de Loire, il réaffirme son attirance pour l'un de ses territoires de prédilection : "J'ai eu la chance de voyager dans des lieux mythiques, devenus malheureusement aujourd'hui infréquentables, tels que l'Irak, le Liban, la Jordanie et la Libye. Né en Touraine, je parcours également depuis longtemps la région des Pays de la Loire. Je garde donc une relation ancienne et intime avec ce territoire et les cultures qui lui sont liées." De la Méditerranée à la Loire, il n'y a donc qu'un pas pour Pierre Pinta…

    Corentin Vital



    Lire tous les épisodes de Notre enfance en Pays de la Loire

     

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