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    Mémoire d'un club – Le FC Nantes, ép. 1/3

    José Arribas et les prémisses du "jeu à la nantaise"

    José Arribas en 1966 José Arribas en 1966 - © INA

    Pour franchir un cap et s'installer en première division, le FC Nantes a besoin d'un entraîneur aux idées innovantes. À la fin des années cinquante, le président Jean Clerfeuille va chercher José Arribas à Noyen-sur-Sarthe. Une inspiration couronnée de succès qui marquera le début d'un âge d'or du football nantais. Premier extrait du livre Le FC Nantes, issu de la collection Mémoire d'un club et écrit par le journaliste Georges Cadiou.

    Fin des années cinquante. Le FCN est toujours scotché en deuxième division. Des joueurs de talent arrivent pourtant sur les bords de la Loire comme le gardien nazairien Daniel Eon qui débarque à Nantes en décembre 1956 et qui fera ses grands débuts à 17 ans et deux mois contre Aix-en-Provence le 10 février 1957 (victoire nantaise 3 à 0). Comme Yvon Jort, un solide défenseur, Louis Pinat, un autre gardien venu du Stade Rennais, Gilbert Le Chenadec, autre défenseur, venu de Lorient où son ami d’enfance était Yvon Goujon ou encore comme Jean-Claude Suaudeau, venu de Cholet où il brillait en CFA.

    Le président nantais Clerfeuille recherche toujours l’oiseau rare qui lui permettrait de monter enfin en première division. Il va le trouver à… Noyen-sur-Sarthe, un club de DH, sur les conseils de son ami rennais Henri Guérin qui lui assure : "Je le connais, je vous le recommande, c’est un homme qui a les qualités nécessaires pour réussir dans votre club."

    José Arribas - FC Nantes

    Cet homme, c’est José Arribas. Il est Basque (né en 1921 à Bilbao). Comme le Catalan Salvator Artigas qui a joué à Rennes, il a dû émigrer en France du fait de la guerre civile espagnole. La famille Arribas a l’âme républicaine et lors de l’arrivée des troupes franquistes en Euzkadi il devient urgent de changer d’air. Le jeune José passe ainsi la frontière grâce à son père qui restera au pays pour défendre la liberté basque. Plus tard, il décédera en Argentine.

    José connaîtra une vie difficile en France, allant de petits boulots en petits boulots, plus ou moins clandestins : il travaille ainsi aux halles de Bordeaux puis comme plongeur au Cap-Breton. Mais il est doué la balle au pied. Il joue à Saint-Jean d’Angély et devient même professionnel au Mans !

    En 1952, l’US du Mans abandonne le professionnalisme. Arribas qui a épousé une Angevine part pour Saint-Malo comme entraîneur. Il a en effet obtenu ses diplômes. Cet éducateur-né restera deux ans dans la cité corsaire. Mais on lui refuse le poste de gardien de stade qu’on lui avait promis. Il reprend donc son baluchon et part pour Noyen-sur-Sarthe, un bourg de 2000 habitants. C’est là qu’il met au point un système de jeu, le 4-2-4, basé sur le système brésilien qui vient de triompher lors de la Coupe du Monde de 1958 en Suède avec Pelé. Arribas développe aussi une philosophie du football bien particulière qui tranche avec le milieu alors ambiant : la manière de jouer est plus importante à long terme que le résultat immédiat à court terme… Les prémisses de ce que l’on appellera plus tard "le jeu à la nantaise" !

    L’arrivée à Nantes de ce Basque presque chauve et légèrement bedonnant va intriguer puis inquiéter. Car les premiers résultats sont plutôt désastreux. Les canaris encaissent même une raclée à Boulogne-sur-Mer : 10 à 2 ! On ne donne pas alors bien cher de la peau du nouvel entraîneur nantais. Mais le président Jean Clerfeuille lui maintient sa confiance. Inlassablement, Arribas développe son message : "Le béton ne convient pas du tout à mes goûts, il est trop synonyme de destruction. Il faut que chaque joueur trouve sur le terrain la possibilité de s’exprimer totalement et la tactique défensive ne le permet pas. L’artiste a besoin d’un cadre agréable pour son inspiration. Le footballeur c’est pareil."

    Arribas prône le jeu court plutôt que l’engagement physique, l’emploi des ailiers pour élargir le jeu, et surtout développe l’envie de jouer chez ses joueurs. Les jeunes Nantais adhèrent avec enthousiasme à ces conceptions alors peu courantes dans le football français.

    Il y avait donc la méthode Arribas. Restait à trouver les joueurs adéquats. Parmi ceux qui arrivent à Nantes au tournant des années soixante, nos sixties, il y a quelques-unes des vedettes qui vont mener les canaris au sommet du football français. En premier lieu, le fils d’un médecin de Blois du nom de Philippe Gondet dont on reparlera plus loin. Il y a aussi quelques joueurs d’expérience qui vont souscrire à la méthode Arribas comme André Strappe. Pas n’importe qui ce joueur qui a été vingt-trois fois international et qui a porté les couleurs de Lille (club avec lequel il a été champion et vainqueur de la Coupe de France) puis du Havre (également vainqueur de la Coupe de France en 1959), Pierre Grillet, Jean Guillot et même un joueur que l’on disait "fini", l’ex-avant-centre de l’équipe de France qui se morfondait à Valenciennes et que José Arribas va faire renaître chez les canaris : Thadée Cisowski !

    Avec ce mélange d’anciens et de jeunes, avec son système de jeu qui obtient de plus en plus l’adhésion du public du stade Malakoff (bientôt rebaptisé Marcel-Saupin), le FC Nantes progresse dans ce championnat de deuxième division dont on sent bien que c n’est plus tout à fait son niveau. En 1961-62, les Nantais terminent 6e de l’exercice, à trois points seulement de la montée.

     

    Extrait de Mémoire d'un club – Le FC Nantes, de Georges Cadiou, éditions Wartberg, octobre 2016, 14 € 90. Achat en ligne sur le site de la Fnac.

     

    L'auteur :

    Georges Cadiou, la voix du sport breton

    Portrait de Georges Cadiou, auteur de "Mémoire d'un club - Le stade Rennais"

    Une quinzaine de Tour de France et plus de 1 200 matchs de foot de haut niveau : peu d'amateurs de sport ont le "palmarès" de Georges Cadiou, grand reporter et journaliste radio pendant 35 ans. Né à Brest, ce "Breton de la Bretagne bretonnante" a d'abord travaillé à Paris, notamment pour le magazine sportif Miroir sprint. En 1982, il profite du développement des stations locales de Radio France pour intégrer Radio Bretagne Ouest, à Quimper, où il passera les trente dernières années de sa carrière.

    En parallèle de son activité sur les ondes, il prend alors la plume pour de nombreux ouvrages. "En additionnant les œuvres collectives auxquelles j'ai participé et ceux que j'ai écrits seul, j'en suis aujourd'hui à 25 bouquins. Plus deux avec mon épouse, sur l'histoire du Huelgoat dont je suis originaire." La majorité de ses livres traite des grandes heures du sport breton. Son objectif : "dresser un petit monument" aux héros qui ont porté haut les couleurs de la Bretagne, comme Éric Tabarly et Bernard Hinault, "qui sont connus comme Bretons à l'international".

    Mais Georges Cadiou n'est pas uniquement un chroniqueur de performances sportives. Adjoint au maire de Quimper de 2008 à 2014, il s'attache à préserver un patrimoine immatériel qui a une vraie valeur historique. "Le sport, en particulier le foot, est un miroir de la société. Par exemple, ce qui s'est passé avec l'Islande lors du dernier Euro dépasse le cadre du football. Il n'y a pas que le résultat qui compte, et je pense que traiter l'histoire à travers le prisme sociétal du sport est important."

    En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Cadiou

    Thibaut Angelvy

     

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