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    Histoires vraies en Bretagne, ép.5/9

    Le bourreau était une femme

    Histoires vraies en Bretagne Histoires vraies en Bretagne - © Chloé Chamouton

    "Monsieur de Lyon", l’un des grands maîtres bourreaux de France au XVIIIe siècle, était une femme. Étrange destin pour cette belle Bretonne ! Une histoire à retrouver dans le livre Histoires vraies en Bretagne, de Chloé Chamouton, dont nous publions les bonnes feuilles cet été.

    Si l’habit ne fait pas le moine, dit le proverbe, il ne fait pas non plus le bourreau. Quelle étrange destinée que celle de Monsieur de Lyon, bourreau de son état. Ou plutôt devrions-nous dire Madame, car derrière cette identité masculine, se cache en réalité une femme. Comment aurait-on pu deviner qu’une belle jeune fille occupait un tel poste ? Car la damoiselle cache fort bien son jeu en cette moitié du XVIIIe siècle : sous son déguisement, elle écartèle, brûle, pend, marque au fer rouge. Elle trucide tout le gibier de potence qui lui passe sous la main sans la moindre émotion, ni le moindre sentiment, et avec une force surprenante pour une femme. Car le métier de bourreau est rude. Il faut tuer sans éprouver le moindre ressentiment ni la moindre pitié.

    Quelles circonstances ont conduit cette jeune femme à se travestir en homme et à devenir bourreau ? L’aventurière bretonne au caractère bien trempé a un parcours pour le moins atypique. Marguerite Julienne le Paistour, fille de Guillaume, sieur de la Chênaie, et de Marguerite Girard, naît le 2 août 1720. Elle est baptisée le jour même dans son village de Cancale, petit port de pêche à l’extrémité ouest de la baie du Mont-Saint-Michel, sur les côtes de l’Ile-et-Vilaine, à quinze kilomètres de Saint-Malo. L’histoire familiale fait mention d’une enfance plutôt heureuse, bercée de contes et légendes, de refrains nostalgiques de Bretagne : les nourrices avaient l’habitude d’endormir les enfants au son des histoires de leur pays. Mais cette jeunesse protégée s’arrête brutalement le jour où Marguerite perd sa mère, décédée à l’âge de 26 ans. Sans ce drame, la jeune Marguerite aurait sans doute continué sa paisible vie, à l’instar de ses compagnes bretonnes, portant la coiffe et la jupe ronde lors des pardons et des festou noz qui rythment la vie de la région.

    Mais le destin en a décidé autrement. Son père, capitaine d’un vaisseau marchand, ayant des possessions en Amérique, se remarie entre deux escales. Cette décision apparemment anodine va pourtant entraîner la jeune Marguerite dans une aventure incroyable. Comme dans l’histoire de Cendrillon, les deux femmes se prennent en grippe, et se détestent. Les relations se dégradent petit à petit. La belle-mère et la bru deviennent des ennemies. Ne pouvant plus supporter cette situation qui génère tensions et stress, coups bas et sévices, Marguerite, à l’âge de 20 ans, décide de quitter le foyer paternel : Rebelle et insoumise, voulant décider de sa vie et tenter sa chance, l’adolescente emprunte alors les habits de son frère aîné, prénommé François et né le 8 octobre 1717. Elle compte ainsi jouer la carte de la discrétion et passer inaperçue.

     

    Marguerite franchit les frontières de la Bretagne sans aucun regret et sonne à la première cure qu’elle déniche sur son chemin. C’est sous le nom d’Henri qu’elle propose ses services au curé comme servant de messe. Le saint homme ne se rend pas compte de la supercherie. Et Marguerite demeure à son service quelques années sans jamais être démasquée et sans jamais révéler la vérité. Mais ce travail temporaire ne satisfait point les ambitions de la jeune femme qui aspire à une destinée plus glorieuse. Un beau jour, elle quitte son bienfaiteur, mue par un étrange appel. Loin des voies de Dieu. Le curé est ému du départ de celui qu’il considère comme son fils et qui part servir dans les troupes de France.

     

    Mais une fois de plus, c’est la déception pour Marguerite-Henri. L’armée ne répond pas à ses attentes et ses espérances : las, elle déserte et s’enrôle parmi les soldats de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, reine de Bohême et de Hongrie. Une fois de plus, Marguerite-Henri se retrouve dans une situation misérable, mais décide de rester dans cette ville de peur d’être reconnue en se rapprochant trop de sa région. Se retrouvant sans emploi, elle s’assied sur une pierre aux portes de Strasbourg, croquant ses deux pommes avec l’argent qu’il lui reste. Dans sa poche, elle ne possède plus que quatre liards. Alors qu’elle savoure son repas frugal, un passant, habillé de beaux atours, l’aborde : "veux-tu entrer à mon service ?"  Voilà une bien belle aubaine pour notre ex-soldat, le travail vient à lui sans qu’il le cherche. Heureuse providence ? Volonté divine ? Pas si sûr. Néanmoins, Henri-Marguerite suit avec enthousiasme son nouveau patron, et apprend quinze jours plus tard que ce dernier n’est autre que l’exécuteur de la ville. Cette découverte est loin de l’inquiéter et au contraire, elle la remplit de joie…

     

    Extrait des Histoires Vraies en Bretagne, par Chloé Chamouton, Éditions Papillon Rouge, 20 € 50.

    Distribué à la Fnac de Nantes et Vannes, au centre culturel Leclerc de Vannes et à la librairie Durance à Nantes.

    Achat en ligne sur le site de la Fnac.

    Le Papillon Rouge Editeur
    27, rue général de Gaulle
    34 560 Villeveyrac. Tél : 04 67 78 81 68

    www.papillon-rouge.com

     

    L’auteur : Chloé Chamouton

    Du mythe au réel, la plume des territoires

    Chloé ChamoutonJournaliste et écrivaine, Chloé Chamouton a plus d’une corde à son arc. Originaire de Villers-Robert, petit village du Jura, elle est titulaire d’un DEA en philosophie imaginaire et rationalité et spécialiste de culture et société (l’art, la mode, le développement durable…).

    La jeune femme a travaillé pour la presse régionale (Le Progrès, L’Yonne républicaine., Presse Océan..) et la presse magazine historique (Religions et Histoire, le Monde des Religions, Keltia magazine...). Elle est, bien entendu, aussi journaliste pour Terri(s)toires.

    Passionnée de culture celtique et de druidisme, la franc-comtoise de 30 ans est tombée dans le chaudron de la mythologie très tôt. Depuis son plus jeune âge, elle s’intéresse aux histoires qui, au fil du temps, ont construit les légendes celtiques, notamment celles de sa région. Une passion qu'elle partage, puisqu'elle est l'auteure de plusieurs ouvrages régionalistes comme Les mystère du Doubs, Les mystères de Haute-Saône ou Les mystères de Loire-Atlantique, prévu pour l’automne. Fées, lutins, ogres, mythes et mystères du monde celtiques y dévoilent leurs surprenants secrets.

    Avec le temps, les histoires vraies deviennent des mythes. La journaliste, désormais installée à Nantes, s’attache à les faire connaître avec son nouveau livre Histoires vraies en Bretagne qui retrace 25 histoires exceptionnelles. Le fruit d’un travail de recherche dans les archives qui permet de découvrir son territoire sous un angle nouveau. Chloé Chamouton n’a pas fini de nous surprendre...

     

    OLB / TA

    Chloé Chamouton - Journaliste
    Chloé Chamouton - Journaliste

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