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    Notre enfance en Pays de la Loire, ép. 3/4

    Plein emploi et acquis sociaux : le début des Trente Glorieuses

    CC BY-SA 3.0 Bundesarchiv CC BY-SA 3.0 Bundesarchiv

    La guerre 39-45 terminée, la France se reconstruit doucement mais sûrement (lire le deuxième épisode). L'heure est maintenant à l'industrialisation, avec l'arrivée du taylorisme et du travail à la chaîne. Les campagnes se vident au bénéfice des grandes villes qui connaissent alors une forte croissance économique. Nous sommes à l'aube des Trente Glorieuses. Troisième extrait de Notre enfance en Pays de la Loire, de Pierre Pinta.

    Le retour de la prospérité

    Malgré leur radicalité et leur violence, les grèves de 1948 n’ont pas rompu le pacte national forgé à la Libération. En premier lieu parce qu’elles ont surtout touché le secteur minier, même si les métallos (débrayages massifs à Nantes et Saint-Nazaire) et les cheminots (au Mans notamment) ont rejoint le mouvement. Ensuite parce que le jusqu’auboutisme des communistes et de la CGT fut mal perçu par une population qui aspirait à la paix sociale et au développement économique.

    L’amélioration des conditions de vie permit d’ailleurs de justifier a posteriori la fermeté des autorités. La productivité agricole en hausse, la fin du rationnement, la reconstruction, le redémarrage industriel, l’augmentation des salaires (le SMIG, salaire minimum interprofessionnel garanti, est créé en 1950) : l’économie française entrait – doucement, puis de plain-pied à la fin de la décennie – dans l’ère de la prospérité !

    Paysans à la peine, ouvriers à la chaîne

    Si les conditions de vie des Français s’améliorent au début des années 1950, à la campagne cependant, l’existence reste encore très rustique. Les vieux métiers perdurent (maréchal-ferrant, charretier ou tonnelier, sans compter les métiers ambulants, rémouleurs, rempailleurs, vitriers…), le boulanger cuit toujours au feu de bois, tandis que beaucoup de charrues sont encore tirées par des chevaux. Une apparence trompeuse toutefois, car la mécanisation (17 fois plus de tracteurs en 1960 qu’en 1940), doublée d’une natalité en forte hausse (le fameux "baby-boom"), pousse une part croissante de jeunes à quitter l’exploitation familiale pour rejoindre l’industrie. Exemple en Vendée, en 1958, avec ce jeune homme, septième d’une famille de dix enfants, qui a quitté la ferme (il ne gagnait qu’un 1 franc tous les quinze jours) pour rejoindre une usine de chaussures, où le travail à la chaîne lui permet de gagner jusqu’à 1 franc… de l’heure ! C’est ainsi qu’une main-d’œuvre issue de la paysannerie, abondante, jeune, peu qualifiée, laborieuse et soumise, a participé au décollage économique du pays. Elle sera bientôt rejointe par une première vague d’immigrés d’origine portugaise, à partir de 1956, puis nord-africaine pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) et plus encore après l’indépendance.

    […]

    L’automobile, une industrie… et une passion

    C’est l’une des plus anciennes, et sans conteste la plus prestigieuse course automobile du monde. Les 24 Heures du Mans sont nées en 1923, à l’initiative de l’Automobile Club de l’Ouest, une association de passionnés créée en 1906 (le "Bol d’or automobile", créé l’année précédente, s’arrêtera en 1955). L’idée a germé en 1920, année où Louis Renault fit l’acquisition de 237 hectares de landes au sud du Mans. Un site qui vit naître quinze ans plus tard la plus grande usine (1 500 ouvriers, chiffre qui passera à 3 600 en 1949) d’un département qui n’en comptait alors aucune. Bien payés – en 1957, le salaire horaire d’un OS (ouvrier spécialisé) est de 206 francs, soit près du double du salaire minimum ! –, les ouvriers de chez Renault font des jaloux et des envieux.

    Née sous une bonne étoile, la compétition se distingue d’emblée par ses conditions exceptionnelles : course d’endurance, elle mettait à rude épreuve autant les mécaniques que les pilotes. La première édition comptait 33 équipages de deux pilotes. Elle fut remportée par le duo Lagache-Léonard sur une Chenard & Walcker, une sportive française de 3 litres qui portait le n° 9, à une moyenne de… 92 km/h !

    Guerre et restrictions obligent, la compétition fut suspendue entre 1940 et 1948. Il revint à Vincent Auriol, premier président de la IVe République, de donner le départ de l’édition 1949. Il faudra attendre 1972 et George Pompidou, pour qu’à nouveau un président donne le départ du "Grand Prix de l’Endurance".


    Notre enfance en Pays de la Loire – Souvenirs de jeunesse, de Pierre Pinta, Éditions Wartberg, 2015, 64 pages, 13 € 10.

    Achat en ligne sur le site des Éditions Wartberg ou sur celui de la Fnac.

     

    L'auteur : Pierre Pinta
    Amoureux des terres et décodeur d'histoire(s)

    Portrait de Pierre Pinta.

    Écrivain ? Ethnologue ? Historien ? Difficile de résumer le travail de Pierre Pinta en quelques mots… "J'ai un parcours assez éclectique", lance l'auteur. "J'ai longtemps été en freelance, travaillant aussi bien dans la culture, sur le montage d'expositions ou l'accompagnement de groupes, que dans l'enseignement supérieur, à l'université et en écoles de commerce. Actuellement, je partage mon temps entre l'enseignement et l'écriture."

    C'est au cours de ses années universitaires que Pierre Pinta a pris goût pour l'écriture : "Étudiant en sciences humaines à la Sorbonne, je me suis spécialisé dans l'histoire des civilisations et la géopolitique. J'ai commencé par écrire sur des sujets d'histoires locales, puis des monographies de communes de la banlieue parisienne." Aujourd'hui âgé de 58 ans, il est l'auteur et le coauteur de plusieurs dizaines de livres. Son travail porte principalement sur la Méditerranée et le Proche-Orient, avec des ouvrages tels que Liban, culture et art de vivre au pays des cèdres et Sebha, ville pionnière au cœur du Sahara libyen.

    Avec la sortie récente de Notre enfance en Pays de Loire, il réaffirme son attirance pour l'un de ses territoires de prédilection : "J'ai eu la chance de voyager dans des lieux mythiques, devenus malheureusement aujourd'hui infréquentables, tels que l'Irak, le Liban, la Jordanie et la Libye. Né en Touraine, je parcours également depuis longtemps la région des Pays de la Loire. Je garde donc une relation ancienne et intime avec ce territoire et les cultures qui lui sont liées." De la Méditerranée à la Loire, il n'y a donc qu'un pas pour Pierre Pinta…

    Corentin Vital

     

    Lire tous les épisodes de Notre enfance en Pays de la Loire

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