Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…


    Au fil de l'estuaire de la Loire
    Au fil de l'estuaire de la Loire 200 km, à pied. "Appréhender l’estuaire dans sa globalité nécessite d’en arpenter les franges, pas à pas, au rythme du marcheur", expliquent Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps.…




  • Nos partenaires

    

    À Montparnasse, ép. 1/4

    Renan et son point de chute parisien

    La couverture du roman À Montparnasse de Léna Ellka. La couverture du roman À Montparnasse de Léna Ellka.

    Un jeune Brestois a démarré son tour du monde. Première étape, la capitale et la chambre de bonne de son copain Bertrand qui doit l'héberger. Mais dès Montparnasse, la gare parisienne qui accueille les trains de l'ouest, le programme de Renan se détraque. L'aventure commence… Premier extrait du roman À Montparnasse, de Léna Ellka.

     

    Mardi 27 août, 16 h 32, voie 6

    Le vrombissement de bronchiolite aiguë de l’aspirateur l’a réveillé. Il déplie ses genoux et décolle son dos de l’accoudoir. Il fait peur à la dame qui passe l’appareil. Elle lui sourit timidement, gênée de le déranger dans son sommeil, il lui rend un sourire poli.

    Le TGV 8634 en provenance de Brest est arrivé depuis 15 minutes à son terminus Paris Montparnasse. Renan s’était endormi dès Laval.

    Il est un peu déçu de ne pas avoir assisté à l’arrivée du train dans la capitale, avec le défilé des immeubles qui se rassemblent en forêts et les voitures en chapelets serrés. Il attrape son sac à dos. Dans son bagage, un sac de couchage, un peu d’argent, quelques t-shirts, et un appareil photo de bonne facture. Il a également des tickets de métro du temps lointain où ses parents s’étaient offert un week-end à la capitale.

    Renan descend sur le quai. La chaleur lui saute à la gorge sans crier gare. Paris en août. Une étuve continentale, activée par les moteurs des trains et des métros et par le frottement des chairs.

     

    À lui le monde ! Première étape : Paris.

     

    Renan remonte le quai. L’odeur est étrange et envahissante. Du bitume chaud, des poubelles, mais bien autre chose aussi. Renan n’est pas encore assez familier de cette gamme pour identifier les composants. Immédiatement, il aime le mélange de peaux et de synthétiques, le ballet des valises à roulettes qui se laissent malmener par les voyageurs.

    Aux tourniquets du métro, il découvre que ses tickets sont trop vieux pour fonctionner encore. Il part gonfler la queue des distributeurs automatiques, derrière deux Japonaises en jupe et chaussettes, une famille espagnole, un homme d’affaires très énervé, une jeune fille très jolie, une grand-mère et sa petite-fille, et un homme noir gigantesque coiffé d’un bonnet en pleine canicule. Qu’à cela ne tienne, se dit Renan, je vais en profiter pour appeler Bertrand. Renan n’est pas homme à s’impatienter. Il est plutôt du genre à trouver qu’il a toujours de la chance avec ce qui lui arrive. Ça peut être déstabilisant pour une personne ordinairement pessimiste. Bertrand est le point de chute de Renan à Paris. Enfin, c’est avant tout un ami. Un ami qui a quitté Brest dès qu’il a pu. Renan logera dans son perchoir du 18e arrondissement, visitera la capitale. Cherchera peut-être un petit boulot, avant le grand départ.

    Renan palpe ses poches de jeans, les poches de son blouson, refait le tour des poches du pantalon. Il s’accroupit et déballe l’intégralité de son sac à dos sous l’œil goulu des compagnons de queue : Renan n’est plus en possession de son téléphone mobile.

    Zut, je l’ai peut-être oublié dans le train. Renan quitte la queue, les suivants poussent leur lourde valise pour bien marquer leur avancement.

    Vide. La voie 6 est vide. Qu’à cela ne tienne, on peut très bien vivre sans téléphone dans la poche.

    À croupetons, Renan refait l’inventaire de son sac en quête cette fois du numéro de téléphone de Bertrand. Il est sûr de l’avoir écrit sur un ticket de caisse. Au même moment, il est encore plus sûr d’avoir laissé le ticket chez lui à son départ.

    Adieu point de chute. Est-il bien utile d’avoir un point de chute quand on veut faire le tour du monde ?

     

    À Montparnasse, de Léna Ellka, éditions Lunatique, juillet 2015, 184 p., 18 €.
    Plus d'informations
    sur le site de l'éditeur et achat en ligne sur le site de la Fnac.

     

    L'auteur : Léna Ellka

    L'onirisme pour garder une âme d'enfant

    Léna Ellka, auteur de À MontparnasseLéna Ellka, 39 ans, a grandi à Plouzané, dans la région brestoise, et passait ses étés au Conquet. "C'est un territoire un peu particulier, car on est loin de tout... mais lorsque j'ai quitté Brest, je me suis rendu compte que cette identité forte permettait paradoxalement de se rapprocher des autres ! Des Bretons, bien sûr, mais pas seulement : la Bretagne a une bonne image et ne laisse personne indifférent."

    Après un cursus modèle (bac littéraire, Hypokhâgne, SciencesPo Rennes puis un master à SciencesPo Paris), Léna Ellka s'est dirigée vers la communication. Elle est désormais à temps partiel pour pouvoir écrire, une passion démarrée il y a près de dix ans. D'abord de la littérature jeunesse, bien qu'elle n'avait pas encore eu ses deux jeunes enfants. "Lorsque j'étais petite, les livres étaient très importants pour moi. J'écris en pensant à l'enfant que j'étais et je m'amuse. La littérature jeunesse est un style assez libre, qui peut être poétique ou humoristique, et les textes sont courts : on peut prendre le temps de travailler chaque mot et ses sonorités, de jouer avec, voire d'en inventer de nouveaux."

    Depuis la publication de son premier ouvrage en 2009, l'auteur a déjà gonflé sa bibliographie avec plusieurs livres pour enfants, mais aussi des nouvelles et deux romans pour les plus grands. Un exercice différent, "qui s'apparente davantage à une course de fond". Mais dans Le goût de la crêpe au chocolat et À Montparnasse, on retrouve l'attirance de Léna Ellka pour l'innocence, la poésie des petits riens et les rêveurs éveillés. Car tout comme les voyages, les rêves forment la jeunesse. Même quand ce sont des cauchemars, le thème de son prochain livre pour les plus petits...

    En savoir plus : http://lenaellka.hautetfort.com

    Thibaut Angelvy

     

    Tous les épisodes du roman À Montparnasse

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...