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    La roche au démon, ép. 3/3

    Un quatrième cadavre à Gavrinis

     Couverture du polar La roche au démon Couverture du polar La roche au démon

    Dernier extrait du polar La Roche au Démon, de Jean-Marc Ligny. Le serial killer fanatique de mythologie celte a déjà frappé à trois reprises. À chaque fois, les corps sont mis en scène sur un site mégalithique. L'enquête d'Erwann Le Tallec piétine, et une quatrième victime est découverte à Gavrinis. Dans la chambre funéraire, évidemment…

    Le quatrième cadavre est découvert dans la chambre funéraire du cairn de Gavrinis, sur l’île du même nom, le dimanche en début d’après-midi, par la guide qui fait visiter le site aux touristes amenés par bateau depuis Larmor-Baden. Celle-ci – une femme d’un certain âge qui occupe ce poste depuis des années – arrive sur place avec la navette embarquant la première fournée de visiteurs, et repart avec celle ramenant au port le dernier troupeau. Elle est également la première à entrer dans le cairn, pour s’assurer que tout est en ordre, et la dernière à en sortir, vérifiant que personne n’a perdu, déposé ou abîmé quelque chose. Au cours de sa carrière, elle en a vu des vertes et des pas mûres avec les touristes – celui qui a chié au fond du dolmen, les gosses qui ont dévalé le tumulus en skate, le couple de jeunes mariés qui a pris la chambre funéraire pour une chambre nuptiale, celui qui est revenu trente fois d’affilée pour reproduire à l’échelle chaque dalle gravée sur du papier millimétré, celle qui, perchée au-dessus de l’entrée, déclamait des invocations en gaélique… et tous ceux qui veulent prendre des photos en douce ou emporter une pierre en souvenir, sans parler des multiples déprédations : grillage cisaillé ou arraché, feux de camp sur le site, détritus et graffitis dans le dolmen, panneaux explicatifs déchirés, effraction de la cabane d’accueil, bref à peu près tout ce que la bêtise humaine est capable de concevoir.

    Mais un crime, jamais. Surtout aussi atroce.

    C’est pourquoi elle tombe dans les pommes.

    La douzaine de touristes livrés à eux-mêmes cèdent à diverses formes de panique et d’hystérie, avant que l’un d’eux réalise qu’ils ne sont pas coupés du monde, que le réseau passe et qu’il peut appeler le samu, les pompiers, la police, bref, des secours.

    Ceux-ci arrivent entre quinze et trente minutes plus tard : d’abord le SAMU, par hors-bord de la SNSM, qui ranime la guide à l’abri du vent dans la cabane d’accueil et l’évacue sur une civière ; ensuite les pompiers, qui constatent horrifiés le décès manifeste de la victime, éloignent les trois enfants de l’entrée du cairn et s’efforcent de réconforter les âmes les plus sensibles ; et enfin la police, ou plutôt la gendarmerie, qui consigne tout le monde à bord du bateau toujours amarré au ponton, constate le décès à son tour ainsi que l’effraction du portail d’entrée – tout le site étant grillagé pour empêcher les visites sauvages (et gratuites) et assurer autant que possible sa préservation.

    La navette est autorisée à regagner Larmor-Baden une demi-heure plus tard, quand il paraît évident au plus borné des gendarmes qu’aucun touriste ni le pilote du bateau ne peuvent être soupçonnés d’avoir commis une telle boucherie. Après quoi l’île tout entière est bouclée et toute visite du cairn interdite jusqu’à nouvel ordre.

    C’est ainsi, déserte, qu’Erwann et Marie la découvrent – ou plutôt peuplée de gendarmes et de korrigans, ces derniers occupant discrètement la lande comme à leur habitude, et les premiers furetant autour du tumulus comme une bande de Schtroumpfs autour d’un champignon géant.

     

    Extrait de La roche au démon, de Jean-Marc Ligny, éditions Wartberg (collection Zones Noires), 216 pages, 12 € 90. Achat en ligne sur le site de la Fnac.

     

    L'auteur

    Jean-Marc Ligny, l'homme aux légendes

    Jean-Marc Ligny - auteur de Exodes

    Auteur reconnu de science fiction, Jean-Marc Ligny a cette fois changé de recette pour s'attaquer au polar régionaliste avec La roche au démon. "Début 2015, je suis revenu en Bretagne pour m'installer dans le Morbihan. J'habite à quelques kilomètres du site mégalithique de Saint-Just, un lieu où l’on sent passer le souffle de l’Histoire et où l’on entend les murmures des légendes. Cela m'a donné l’idée de cette histoire de meurtres rituels et un prétexte pour me replonger dans la culture celte que j'avais déjà explorée pour La mort peut danser."

    Actuellement, Jean-Marc Ligny travaille sur deux nouvelles œuvres : un roman d'anticipation, "quatrième volume de mon "triptyque" sur le réchauffement climatique" (dont faisait partie Exodes), et un projet original en collaboration avec l'artiste Jacques Lelut. "Il réalise des maquettes de vaisseaux spatiaux incroyables faites à partir de matériaux de récupération, et j'écris des légendes – au sens premier du terme – qui accompagneront ses œuvres. Cela fera l'objet d'une exposition au Planétarium d’Épinal de mai à juillet, puis d'un album."

    En savoir plus : www.noosfere.org/heberg/ligny

    Lire aussi le portrait réalisé en 2014 : Jean-Marc Ligny, une plume fantastique solide comme un rock

    Thibaut Angelvy


    Lire tous les épisodes de La roche au démon

    Lire aussi notre reportage à Gavrinis : L'âge de pierre au laser

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