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    .bzh : un point c'est tout ?

    Des membres de l'association .bzh Des membres de l'association .bzh

    D'ici 2014, des centaines de nouvelles extensions de noms de domaine vont s'ajouter aux traditionnels .com ou .fr . Parmi elles, un éventuel .bzh. La Bretagne vient en effet de déposer sa candidature auprès de L'Icann, organisme en charge de la gestion mondiale des noms internet. Une initiative qui vise à affirmer l'identité bretonne sur le web, mais dont les impacts économiques et stratégiques sont encore incertains.

    Verrons-nous bientôt des adresses e-mail ou internet terminées par .bzh ? Cette abréviation du mot Breizh (Bretagne en breton) pourrait en effet être autorisée début 2013 par l'Icann. L'autorité de régulation mondiale ouvre cette année le web à des centaines de nouvelles extensions de noms de domaine qui s'ajouteront aux 262 existantes (.com, .info,.fr, ou plus récemment .xxx). Des mégapoles comme Paris ou New-York veulent se saisir de cette opportunité pour s'affirmer sur la Toile. Inspirées par l'exemple catalan, des communautés culturelles ou régionales telles que le Pays de Galles, l'Écosse et la Bretagne emboîtent le pas et réclament elles aussi leurs propres extensions. Elles ont déposé leurs candidatures au mois d'avril dernier.... attirant au passage des critiques sur un supposé repli identitaire.

    "Personne ne s'interroge sur le .paris, alors pourquoi créer une polémique sur le .bzh ? ", s'insurge Christian Demeuré Vallé, trésorier de l'association www.pointbzh.com qui porte le projet pour la Région Bretagne. "Nous voulons promouvoir notre culture et notre identité, mais il ne s'agit absolument pas d'une démarche d'exclusion. C'est un service complémentaire avec des avantages fonctionnels : la proximité rassure les utilisateurs et les incite à utiliser internet ; elle permet d'encourager l'éducation numérique locale et peut faciliter des recherches ciblées sur un territoire. Nous sommes d'ailleurs soutenus dans cette démarche par de nombreuses structures : le ministère de la Culture, le conseil général de Loire-Atlantique, la ville de Quimper, le pôle Images & Réseaux, l'association Produit en Bretagne..."

    Les prémisses d'un web reterritorialisé ?

    logoCe nouveau "label web breton" servirait donc à valider l'authenticité d'une marque. Il serait attribué aux particuliers, aux entreprises et aux organismes qui revendiquent un lien avéré avec la Bretagne : "cela peut être un attachement familial, la promotion d'une activité sur notre territoire, comme le tourisme, la traduction d'une partie de son site en breton, ou encore l'adhésion à notre association et à une charte", détaille Christian Demeuré Vallée. S'il répond à l'un de ces critères, un site domicilié en Allemagne pourrait donc théoriquement avoir accès au .bzh ... mais il ne serait pas pour autant identifié comme breton par les moteurs de recherche.

    "Nous ne pouvons pas déterminer l'impact du .bzh sur le référencement d'un site, car nous ne savons pas encore comment Google, qui préserve une certaine opacité autour de son algorithme, va le prendre en compte" , estime Benjamin Huard, de l'agence nantaise Intuiti, spécialisée dans le référencement web. "En national, il privilégie le lieu d'hébergement, et surtout la langue. Or, quelqu'un qui fait une recherche en rapport avec la Bretagne ne parle pas forcément le breton et n'a donc pas toujours intérêt à avoir des réponses dans cette langue." Difficile, donc, à ce stade, de savoir si ces nouvelles extensions marquent les prémisses d'un web reterritorialisé.

    Atout com

    Mais alors, si l'effet du .bzh sur le référencement d'un site est incertain, pourquoi y adhérer ? "A priori, cela impacte surtout la communication. Nous conseillerons d'ailleurs à nos clients avec une cible bretonne l'achat du .bzh, mais ils pourront très bien communiquer sur cette extension tout en redirigeant vers une autre. Dans le cas contraire, s'ils choisissent le .bzh en nom de domaine principal, ils devront faire appel à des professionnels pour ne pas risquer de perdre des liens et donc de diminuer leur référencement*", analyse le Nantais Clément Gauther de l'Agence 404 spécialisée dans le référencement et le webmarketing. Au final, si la stratégie de communication est bel et bien la principale motivation pour souscrire au .bzh, il s'agit aussi de marquer son attachement symbolique à un territoire... et de réserver son nom de domaine.

     

    L'association Point bzh mise donc sur un minimum de 10 000 utilisateurs, seuil qui lui permettrait de parvenir à l'équilibre financier. Les sommes en jeu n'ont d'ailleurs rien d'anecdotiques : le dépôt des candidatures a d'ores et déjà nécessité près de 235 000 euros, et la structure bretonne chargée de l'achat et de la vente des noms de domaine mobilisera au minimum 700 000 euros la première année. Son marché étant beaucoup plus restreint que celui des .com (91 millions d'utilisateurs), ses tarifs seraient relativement élevés : entre 25 et 30 euros par an pour un .bzh contre 10 euros pour un .fr. "Les utilisateurs s'y retrouveront, car nous aurons des services de qualité avec, par exemple, des protocoles sécurisés. Nous n'avons pas d'objectif lucratif, car contrairement à d'autres projets avec une gestion purement commerciale ou institutionnelle comme la Corse, le .bzh sera piloté par des représentants de la société civile. Les éventuels bénéfices seront d'ailleurs réinvestis dans la promotion de la société de l'information", détaille Christian Demeuré Vallé.

    "Quitte ou double"

    L'association Point bzh attend désormais avec impatience la réponse de l'Icann. La sélection, effectuée selon des critères de viabilité technique et financière, s'annonce impitoyable et minutieuse. "Maintenant c'est quitte ou double, mais j'ai confiance, car nous réfléchissons à cette problématique depuis six ans. Nous avons d'ailleurs réussi à mobiliser l'ensemble de la communauté bretonne, y compris les internautes qui ont été près de 20 000 à signer notre pétition en ligne". Si ces prédictions s'avèrent justes, le .bzh pourrait apparaître sur la Toile à l'horizon 2014. La Bretagne serait alors l'une des toutes premières régions françaises à être dotée de sa propre extension, confirmant ainsi son statut de territoire en pointe sur les télécommunications.

     

    * Un site avec plusieurs URL correspondant à différentes extensions de noms de domaine, par exemple .fr, .com et .bzh, doit choisir une adresse principale vers laquelle les autres sont redirigées. Dans le cas contraire, il risque d'être catalogué en tant que "duplicate content" (contenu dupliqué) par les moteurs de recherche qui pourront alors rétrograder son référencement, voire désindexer le site.

    Alexandra Jore - Journaliste
    Alexandra Jore - Journaliste

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