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    Portrait d'un chocolatier atypique

    Christophe Moreau, des bosses et des cabosses

    Bienvenue dans l’univers du chocolat, place de la Boule d’or à Foussais-Payré (85). Bienvenue dans l’univers du chocolat, place de la Boule d’or à Foussais-Payré (85).

    Avez-vous vu le film Charlie et la chocolaterie ? Sans aller jusqu’à imaginer des écureuils occupés à casser des noisettes, à Foussais-Payré (85) on peut encore croire aux tickets d’or. Car grâce au chocolatier Christophe Moreau, ils existent.

    Charlie, c’était lui. Enfin ça aurait pu. De grands yeux noirs et un ventre trop petit. À cinq ans et demi, Christophe Moreau se lèche les babines en passant devant la boulangerie-pâtisserie chaque matin. Les éclairs sont comme une madeleine à laquelle il veut encore goûter. Alors il se forme. À 13 ans et demi, il quitte l’école. "Normal, je ne voulais pas y rester !", sourit-il. Les Compagnons du devoir lui offrent la voie royale vers les métiers de bouche. Seulement, la vie, certains diront que c’est comme une boîte de chocolats… d’autres que c’est comme la pâtisserie. Par couches. Après la première, délicieuse, à la praline, surgit une deuxième aux éclats de cacao amer.

    Des bosses

    Je ne conçois pas la chocolaterie sans proposer des ateliers, glisse Christophe Moreau. "J’avais démarré ma carrière d’ouvrier boulanger-pâtissier quand, à 18 ans, je suis tombé dans une piscine vide. Tétraplégie complète, greffe des os, deux ans en fauteuil roulant." Bien que transformé, Christophe ne broie pas du noir, non. Au contraire, il gagne en insouciance. La vie peut être aussi surprenante que ça. "Rien n’était grave à partir de ce jour. Avant, je me mettais des barrières. Après, tout était possible." Même pas peur. Peur que ça recommence. Mais cinq ans plus tard, la vie a repassé le plat. Acte II. "Je suis tombé du toit d’un hangar. Cette fois-ci, je me suis brisé les deux poignets, les lombaires et les coudes."

    Pris en charge par un médecin d’Angers, il recouvrira au fur et à mesure l’usage de ses membres, son bras atrophié, sa jambe affaiblie, sa main, "qui aujourd’hui fonctionne comme elle peut". Le temps de l’acceptation, lui, s’étire comme une longue guimauve qui laisse en bouche un arrière-goût écœurant. "J’ai pris conscience que je ne pourrais pas devenir un compagnon "fini". Pas parce que j’étais mauvais, mais parce que j’avais un handicap. À l’époque, chez les Compagnons, les travailleurs handicapés n’existaient pas." Pourtant, au sein du mouvement de compagnonnage, un débat se crée, oppose anciens et jeunes, va au clash. "Au final, on m’a refusé de "tailler la réception" (ndlr : accéder au titre de compagnon). Mais l’année suivante, les jeunes ont réussi à faire entrer un compagnon à qui il manquait trois doigts."

    Des cabosses

     

    Des bosses comme celles-ci, Christophe n’en connaîtra plus. Avec sa femme Corinne, il prend la route. L’Angleterre, "avec une voiture et deux vélos", puis Saint-Jean-de-Luz, Arcachon, les Deux-Sèvres, Biarritz. Christophe est ouvrier, responsable pâtisserie ou chocolat. Finalement, les valises se posent en Vendée, près du fief familial de Mervent. Une immense confiance l’a gagné. Jusqu’à se présenter, un beau jour, devant un boulanger vendéen émérite, Patrice Guitton. "J’ai toujours rêvé de travailler chez vous, donc me voilà", lui lance-t-il. "Mais je ne t’attendais pas !".

     

    Qu’importe le flacon, la direction et le talent bifurquent. À Nieul-sur-l'Autize puis à La Chabotterie, Christophe anime des ateliers autour du pain et du chocolat. C’est la révélation. Adultes et enfants goûtent sans modération, les yeux pétillent, Christophe a de nouveau 5 ans et transmet sa passion du chocolat. Lorsqu’en 2005, il met les deux pieds dans la marmite du cacao et ouvre sa chocolaterie, 4 kg partent en deux heures grâce au buzz généré par le maire de Foussais-Payré, Jean Coirier. L’histoire prend des allures de conte de fée.

    Et des tickets d’or…

    Les yeux qui pétillent lors des ateliers : mission réussie ! "Quand je fais quelque chose, j’y crois à fond et je le fais à fond". On a tendance à le croire sur parole. Avant l’ouverture de la chocolaterie, la mairie entière était prise d’assaut par des gourmands venus de toute la France participer à ses ateliers. Aujourd’hui, quand les écoliers entrent dans la chocolaterie, ils en ressortent avec les bras chargés d’igloos, de tracteurs, de loups, de fusées ou de moutons en chocolat. Quand les enfants rêvent de tickets d’or, Christophe les invente pour faire venir les écoles… Et pendant ce temps-là, la boutique double son chiffre de vente chaque année. Rien n’est techniquement impossible pour un chocolatier qui regarde le monde avec la gourmandise de ses yeux d’enfant. Ou une chose, peut-être. "J’espère qu’un jour, un travailleur handicapé rejoindra notre équipe. Je l’ai cherché partout. Il est probablement au fond de chez lui, suite à un accident, en se disant qu’il ne pourra plus jamais faire le métier de chocolatier, alors que je n’attends que lui."

     

    Chocolats à la pistache, mendiants, orangettes… sans conservateur.

    Les Ateliers du goût

    La chocolaterie artisanale les Ateliers du goût a ouvert ses portes en 2005 à Foussais-Payré, au sud de la Vendée. Biscuits, macarons, bonbons, chocolats fleur de sel, pure origine, au café, à la menthe… la composition des produits varie selon la saisonnalité des ingrédients. Les chocolats respectent les principes de l’agriculture raisonnée et ne contiennent aucun conservateur. Employant quatre personnes pour la boutique, l’administration et l’animation d’ateliers sur place ou en extérieur (écoles, châteaux, prisons, etc.), les Ateliers du goût sont passés de 200 kg de chocolats vendus la première année à 10 tonnes en 2012.

     

    Place de la Boule d’or 85 240 Foussais-Payré. - Tél. 02 51 00 03 26

    www.ateliers-du-gout.com

     

    Annie Rapin - Journaliste
    Annie Rapin - Journaliste

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