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    Super U de Nozay

    Gaspillage : la grande distribution se remet en question

    Au Super U de Nozay, on composte les déchets verts Au Super U de Nozay, on composte les déchets verts

    Au Super U de Nozay, à 30 kilomètres au nord de Nantes, on composte les biodéchets depuis un an. Une démarche "unique en France" selon les propriétaires du supermarché, qui cherchent à limiter le gaspillage et n'hésitent pas à remettre en question certains aspects de leur métier. Ils imaginent même un jardin partagé à proximité de leur enseigne où les mains vertes locales utiliseraient le compost comme engrais naturel.

    On a tous en tête cette image, vue dans un reportage sur le gaspillage dans la grande distribution. Des tonnes de denrées périmées qui finissent à la benne, sans scrupules ou presque. À Nozay, au Super U géré par Muriel et Cédric Villette, on essaye de s'éloigner de cette vision qui colle au supermarché, mode de vente désormais quasi universel qui fête d'ailleurs ses 60 ans cette année. "Il faut accepter de se culpabiliser pour se rendre compte qu'il y a quelque chose à faire contre le gaspillage", souligne Muriel Villette. "Car dans notre profession, jeter fait partie d'une tâche de travail", avoue-t-elle.

    Caddies pédagogiques

     

    L'entreprise d'une cinquantaine de salariés a tout intérêt à réduire ses déchets, "puisqu'à Nozay, les sociétés sont soumises à la redevance incitative à la levée". Plus de déchets, c'est donc plus de dépenses. "Le zéro déchet est impossible. En revanche, il nous appartient de gérer au mieux nos stocks, nos commandes", précise Cédric Villette. C'est pourquoi, il y a cinq ans, des "caddies pédagogiques" ont été mis en place dans le magasin. Le but : laisser dans un caddie tous les produits destinés à être jetés, se rendre compte du gaspillage et chercher des améliorations pour y pallier, notamment en adaptant les commandes. "Lorsque vous regardez toute cette marchandise, cela crée une prise de conscience", indique Muriel Villette.

     

    Depuis un an, le supermarché est allé plus loin en compostant les denrées alimentaires impropres à la consommation. Une manière d'impliquer davantage les employés dans la démarche. "On jette tout de même, mais c'est un moyen de se donner bonne conscience", avoue en souriant Marie Bertho, responsable fruits et légumes dans le magasin. "Cela nous demande simplement de faire quelques mètres de plus pour aller jeter ces déchets, et ça relève du bon sens". À l'extérieur, un pavillon de compostage fourni par l'association Compost'tri réceptionne tous les samedis les déchets adaptés. En une année, c'est 110 tonnes de déchets qui sont partis au compost ! Un amas retourné régulièrement par des travailleurs de l'Esat local (Établissement et service d'aide par le travail) qui ajoutent aussi des broyats pour permettre d'affiner le compost.

    Jardin partagé et fruits non calibrés

    de G à D : Muriel Villette, Yves Daniel (député) et Cédric Villette Les propriétaires du magasin ne comptent pas en rester là et verraient bien s'implanter un jardin partagé derrière le supermarché. Une bonne manière de réutiliser le compost, comme engrais. "Nous en avons donc envoyé un échantillon en laboratoire pour connaître sa qualité", précise Cédric Villette.

    Sur ce jardin partagé, les légumes cultivés ne seront pas forcément adaptés aux standards des rayons de supermarché, en revanche. "Aujourd'hui, c'est une aberration. Pour les fruits et légumes, on doit respecter des calibres, sinon ça doit partir à la poubelle. Ce sont des choses qu'on ne contrôle pas. Et pourtant, une petite pomme de terre est aussi bonne qu'une grosse, une petite fraise est même parfois meilleure !".

    Aujourd'hui, le couple souhaite trouver une structure qui puisse prendre en charge la mise en place et l'organisation du jardin partagé. Mais n'y a-t-il pas un risque que le potager fasse de la concurrence au rayon fruits et légumes de l'enseigne ? "Non, ce n'est pas du tout incompatible. Le jardin créerait du lien à proximité et c'est toujours très riche", assure Cédric Villette.

     

    Traitement des déchets : Système U ouest met… le paquet !

    Si la mise en place du compostage sur le Super U de Nozay reste pour l'instant une expérimentation unique, Système U ouest (SUO) est engagé depuis de nombreuses années dans le traitement et la valorisation des déchets au travers de sa démarche U Éco Raison. C'est même une des rares enseignes de distribution à être allée aussi loin dans la structuration d’une filière. Le groupement SUO a ainsi lancé sa première plateforme de tri en 1998 à Bournezeau, en Vendée. Elle a été remplacée en décembre 2012 par un nouvel outil plus moderne (3 400 m²), sur l’entrepôt Nantes Atlantique, à Saint-Aignan-de-Grandlieu. Les opérations de tri ont été confiées à la société Asar (Aide et soutien à l’accompagnement pour la réinsertion) qui fait travailler six personnes en situation de handicap.

    Près de 50 000 tonnes de déchets sont collectées chaque année auprès des magasins, et valorisées, dont 45 000 tonnes de cartons. Les plastiques représentent 80 % des volumes restants. La filiale U Éco Raison achète les matières aux magasins et se charge de les revendre. L'année dernière, ce système a permis d'économiser deux millions d’euros. Si la valorisation des déchets couvre à peine les frais de transport, les magasins réduisent leur facture d'élimination des déchets, estimée à 100 euros la tonne.

    L'enseigne ne compte pas s'arrêter là : des solutions sont à l'étude pour la valorisation des déchets fermentescibles non emballés (fruits et légumes) et emballés (aliments périmés ou abîmés). Le Super U de Nozay montre la voie à suivre.

    G.M

    Florian Hervieux - Journaliste
    Florian Hervieux - Journaliste

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