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    Nelly Bichet

    La tête dans les chapeaux

    Nelly Bichet et ses chapeaux Nelly Bichet et ses chapeaux

    Marcher sur le dos des pavés d’une vieille ville force à un bien cahoteux exercice. Chaque pas bringuebale. Peu à peu le regard ne se risque plus que difficilement à quitter l’horizon des seules chaussures. Il faut alors quelques vitrines comme autant d’attractifs embarcadères pour, parfois, faire encore lever la tête vers ce qui (l’)entoure…

    Dans le Vieux Mans, une boutique est de ces embarcadères-là. Sa vitrine alerte d’abord le précautionneux promeneur par des charmes discrets et colorés d’oisellerie sage. Mais en lieu et place de volatiles, une volée de chapeaux distinctement perchés !

    Un nom, ensuite, réjouit les yeux, avec ses syllabes aux sonorités joueuses comme des plaisirs d’enfants : Kokochnik*, du nom d’une parure de tête russe ! La créatrice de tout cela : Nelly Bichet. Modeste. Pardon... Modiste !“Dans le traditionnel sens du terme, une modiste est une femme qui fait des chapeaux pour femmes. C’est ça mon métier”. Pas de fioritures dans l’explication. À d’autres également les théâtrales, voire existentielles, forfanteries de la créatrice et de son génie. Si, comme on le dit de ceux qui l’ont dans les étoiles, Nelly Bichet a bien la tête dans les chapeaux, les pieds eux restent fermement ancrées sur terre. “Mon but a toujours été de vivre de mon métier. Voilà ! Faire et me faire plaisir par ce métier.”

    De fil en aiguille

    les chapeaux de Nelly Bichet À succinctement la parcourir, la quête de ces plaisirs affirmés semble couler d’une évidente source. Enfance bourguignonne. Papa prof puis proviseur, maman instit’. Un frère, une sœur. Cadets. Avec pour éducation quelques mots retenus qui tiennent de ces fils délicats avec lesquels une tête tisse parfois la trame de ses envies : “ils m’ont dit que ce qui est important quand on travaille c’est d’aimer ce qu’on fait. De trouver à faire quelque chose qui me plaise.”

    Des premiers travaux de couture partagés avec maman, Nelly garde le goût. Elle aime le contact du toucher. Celui de la matière en général. Du textile plus attractivement encore. Alors, peut-être parce qu’il est vrai qu’on n’éduque jamais impunément, entretenue dans “le goût de la curiosité, de la découverte”, à 18 ans, bac scientifique en poche, elle quitte la maison familiale pour la fac ! “J’aimais beaucoup de choses. J’avais envie d’exercer un métier créatif. Qui permette d’inventer au quotidien”. Passage donc par les arts plastiques. À Saint-Etienne. Puis Strasbourg. Jusqu’à la licence. Une période vécue comme “la possibilité d’essayer plein de choses, d’expérimenter de nombreux moyens d’expression”.

    Nelly tente alors de travailler dans l’univers des costumiers de théâtre. Puis surgit le hasard. Sous les traits d’une formation de trois mois, “sur la fabrication du chapeau destiné au théâtre ou à la haute couture». Un décisif trimestre : “j’ai découvert un métier qui me parlait vraiment : manuel, créatif, privilégiant le contact avec de multiples matériaux, des tissus jusqu’aux formes à chapeaux en bois, et permettant un échange avec les gens.”

    Le pli est résolument pris. Poussant un jour Nelly jusqu’à la non moins résolue lecture d’une étiquette. Celle que portent ces chapeaux de mariées vendues dans une boutique dijonnaise et qui indique le nom de leur industriel fabricant sarthois. Elle y fera son apprentissage. “Je savais que j’avais envie de créer mon activité, montrer mes propres créations”. En 1999, elle ouvre boutique. Dans la vieille cité mancelle. Juste à côté d’une galerie d’art. Comme si elle possédait cette indéfectible capacité de toujours rester au plus près de ce qu’elle aime. Les pieds bien sur terre. La tête dans les chapeaux.

    Loin du nombril

    Nelly Bichet

    Passant beaucoup de temps, en amont, dans les magasins de tissus, créatrice, ses idées de chapeaux ne naissent pas de croquis. Elle privilégie là encore ce contact avec les matières. “Je n’ai pas une idée préconçue du chapeau que je fais. Je prends des tissus, je découpe, j’essaie, je monte. Il me faut visualiser tout de suite du concret. Après, ce qui me plaît, c’est de structurer le travail des lignes du modèle pressenti”. Laine bouillie, velours, maille, abaca, rabane, lin, taffetas, sisal, soie, satin, plumes, crin… De cette sarabande de matières Nelly tente des associations. Au gré de ce qu’elles lui inspirent, elle leur donne forme de coiffes, bandeaux, capelines, serre-tête, toques, bérets…

    “Je fais très peu de chapeaux d’hommes. J’ai fait quelques collections qui leur étaient destinées. C’était tout de suite perçu comme trop excentrique. Finalement, ces chapeaux, c’étaient les femmes qui les achetaient !” La clientèle est donc quasi exclusivement féminine. Pour celle-ci, une soixantaine de modèles est régulièrement exposée dans la boutique. À côté également des robes et des jupes, créées par une jeune styliste qui, parmi toutes celles venues ici en stage, fut un temps l’apprentie de Nelly.

    Il y a également des commandes. Plutôt l’été. Pour des mariages, des cérémonies, parfois même, passées par des comédiens, pour les besoins d’autres spectacles. Pour autant, “même si ces dernières années renaît un goût pour les chapeaux et accessoires”, acheter un couvre-chef ne va pas vraiment de soi. C’est qu’il est des certitudes, des dégoûts et des peurs tenaces. Dont celle du ridicule n’est pas la moindre. “Et je n’ai pas une tête à chapeau… Et j’ai horreur des chapeaux… Et l’image de belle-maman le jour du mariage…”. Avec le travail de conseil, il y a donc nécessité à rassurer, mettre en confiance. “J’ai appris cela petit à petit.”

    Arrive alors comme un inattendu aveu. Ce qui lui est le plus difficile, “c’est de rester enthousiaste”. À l’origine de ce quasi paradoxe, au vu des plaisirs avoués à pratiquer ce métier, un constat d’expérience un peu décevant : “en fait malgré tous les différents modèles proposés, beaucoup de gens veulent souvent… les mêmes chapeaux !”

    De son peu d’expérience de la fréquentation du milieu de la mode, elle concède qu’il ne lui correspond pas forcément. “Peut-être un peu trop de prétention. Je trouve important d’être humble. Modiste est un beau métier. Ce n’est pas pour autant le génie créatif !” En somme, un univers d’egos, de nombrils a valeur surajoutée, qui ne lui convient pas toujours. Et d’un rire, elle s’empresse de souligner que justement “le chapeau est très éloigné du nombril !”

    Chapeaux sur l’eau

    “Étudiante, trois étés de suite, j‘ai travaillé sur des péniches hôtel-restaurant qui transportaient sur les canaux de Bourgogne les touristes américains pour des séjours gastronomiques et culturels. Depuis, je me suis toujours dit que ce serait chouette de posséder un bateau et d’y travailler”. Et puis “avoir une boutique est une énorme contrainte de présence. On ne peut pas bouger beaucoup”. Il y a sans doute là les moteurs d’une aventure entamée fin 2004. L’acquisition de la Santez Anna ! Une péniche. Quasi centenaire.Nelly Bichet - Tout le monde à une tête à châpeau !

    L’embarcation est une figure connue de la batellerie mancelle. Depuis des décennies, les habitants pouvaient la voir vieillir, amarrée — longtemps seule dans ce cas — au quai de Sarthe, en contrebas du centre ville. Une fois acquise par Nelly, la Santez Anna passe dès lors un an et demi dans un chantier nantais pour être entièrement recarénée. Ses 26 mètres de longueur rejoignent leur quai manceau en juillet 2006. Depuis, c’est le temps des travaux d’aménagement intérieur, de motorisation.

    “Il me plaisait d’imaginer un atelier itinérant, ouvert au public, qui fasse également boutique. Dans lequel je puisse organiser des expositions, des portes ouvertes et proposer aux gens de monter à bord pour acheter leur chapeau”. C’est entre Le Mans, Angers et Nantes que la péniche-atelier partagera ses escales fluviales. Les multipliera même : “l’idée, c’est aussi sur ces parcours de prévoir des étapes dans des communes plus modestes, des villages, voire chez des particuliers ayant un accès direct à la rivière, et de leur proposer des soirées avec défilés de présentation des collections ou bien des week-end expo-vente en libre accès”. Son inauguration est prévue pour cette fin d’année 2007. “L’aventure se termine bien… Ou commence !”

    De celles de ses premiers dessins à celles structurées de ses modèles, les lignes sont un peu comme les fils d’Ariane de son modiste chemin. Sans doute celle d’horizon manquait-elle à Nelly. Manque désormais comblé. Pieds sur terre, boutique à quai et chapeaux sur l’eau !

     

    * La boutique Kokochnik a aujourd’hui déménagé. Plus de renseignements sur le site de Nelly Bichet.

     

    Dominique Ragneau - Homo Sapiens
    Dominique Ragneau - Homo Sapiens

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    Commentaires  

     
    0 #1 lova 22-05-2012 06:27
    Bonjour,
    Nous sommes des artisans qui produisent des arts Malagasy fabriqué en raphia ou en rabane tels que chapeaux (capeline, dimi- capeline, paniers, des bonbonnières, boites à bijoux, sets des tables, sous – assiettes, crochet et rabane…) et autre modèles jamais vu aux marcher sauf nos clients peuvent les voir.
    Nous sommes à la recherche des exportateurs ou des clients qui peuvent acheter nos produits. Nous produisons au moins 500 pièces de chapeaux par semaine avec la maitrise de qualité.
    Nous sommes une grande famille et nous sommes tous des créateurs.
    Prix
    Chapeaux Capeline: 4200Ariary ou équivalant à 1.7 Euro
    Chapeaux dimi- capeline : 3000Ariary ou équivalant à 1.3 Euro
    Chapeaux pour homme : 3000Ariary ou équivalant à 1.3 Euro
    Merci,

    contacte rapide: Mme Lova, +261330799289
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