Vous êtes ici :

Accueil Économie Lorsque les femmes e-entreprennent

wwwest 2.0 – ép.6

Lorsque les femmes e-entreprennent

portrait des femmEcommerces Travailler de chez soi, à son rythme, pour concevoir et vendre des produits auxquels on croit : des doudous faits main, des cadeaux avec des mots, des vêtements pour les futures mamans. Trois femmes, membres du réseau des "mampreneurs", qui se sont lancées dans le e-commerce, témoignent de leur aventure.

Maman et entrepreneur. Deux fonctions qui ne sont pas toujours faciles à concilier, sauf peut-être lorsqu'il s'agit d'une activité en ligne. Bénédicte Lanfrey, 42 ans, Véronique Cauvin, 50 ans, et Delphine Gromy, 34 ans, se sont donc lancées dans le e-commerce depuis Vannes, la Chapelle-sur-Erdre et Vitré. En ville ou à la campagne, en Bretagne ou en Pays de la Loire, les motivations sont les mêmes : suivre ses envies, prendre son destin en main et tenter l'aventure… en espérant qu'elle dure. "À 40 ans, j’ai eu envie de donner une chance à mes instincts créatifs", explique Bénédicte. "J’avais plein de rêves qu'il devenait urgent de ne pas laisser filer !"

Vendre ce que l'on crée, "c'est magique"

Benedicte Lanfrey Bénédicte LanfreyLes trois femmes sont avant tout des créatrices. "Inventer un produit, un message, le concrétiser, le "marketer", le faire connaître, et rencontrer des gens qui l’apprécient, l’achètent et y transfèrent leur propre émotion… c’est magique !", s'enthousiasme Bénédicte. Sur ses deux sites, www.marieben.com et www.lesmotssontdescadeaux.com, on trouve… des mots. Des mots pour "se dire les choses importantes de la vie : qu’on s’aime, qu’on s’apprécie, qu’on s’admire, qu’on se manque… Mes produits sont en fait des "porteurs de messages", des "vecteurs d’émotion". Concrètement, ce sont des t-shirts d’anniversaire à messages, des arbres à vœux, des poupées japonaises à messages…"

Véronique, elle, vend des doudous faits main, livrés avec certificat d'adoption. Assistante maternelle et jeune grand-mère, elle avait déjà de l'entraînement. "La couture est mon loisir favori après la lecture. J’ai toujours cousu des doudous pour les enfants en accueil chez moi. À la naissance de mon petit-fils Grégory, j’ai créé le doudou ourson. Suite à son succès dans mon entourage et à la création du statut d'auto-entrepreneur, je me suis dit : pourquoi ne pas créer une microentreprise et un site e-commerce pour vendre mes créations ? J’ai ensuite imaginé un lapin, des sacs et des trousses à bazar pour les mamans. Le nom de mon entreprise s’est imposé d’office : L’ourson de Grégory (www.loursondegregory.fr)."

La benjamine du trio, Delphine, s'est, elle, lancée dans le textile, sur un produit bien particulier pour lequel l'offre ne lui semblait pas suffisante. "Bidon-Ville (www.bidon-ville.com) est un site destiné à la future maman, qui propose la vente en ligne de vêtements, ainsi que de lingerie de grossesse et d'allaitement. Lorsque je travaillais en grand magasin ou dans les boutiques indépendantes, de nombreuses femmes enceintes désespéraient de trouver des modèles qui puissent s’adapter à leurs nouvelles courbes tout en restant féminines, glamour et tendance. J'ai donc créé un site qui habille les bidons des futures mamans ! Avec une hausse certaine de la natalité et de futures mamans qui restent actives, la demande est constante. Ici, elles sélectionnent, achètent, reçoivent, essaient tranquillement chez elles, et si cela ne convient pas, elles échangent ou se font rembourser. Plus besoin de se déplacer : quel luxe lorsque l'on est enceinte, non ?"

Virage professionnel

Delphine Gromy Delphine GromySe lancer à son compte, ça change pas mal de choses. Plus de patron, plus d'horaires obligatoires… mais plus de salaire fixe non plus, du moins au début ! Ces trois femmes ont fait le choix de l'e-commerce parce qu'elles ont voulu changer leur vie, mais aussi parce qu'il s'agit d'activités qui ne demandent pas de gros investissement financier et qui peuvent évoluer selon le succès des produits. Rien n'empêche, par exemple, de conserver un autre métier en parallèle, comme c'est le cas pour Bénédicte. "Après une grande école de commerce, j’ai travaillé 20 ans dans le marketing et le web marketing. J’ai d’ailleurs gardé une activité au service des entreprises pour 40 % de mon temps." Idem pour Véronique : "c'est un changement de profession que le e-commerce me permet de faire en douceur. Je peux poursuivre mon métier actuel en attendant que ma boutique fonctionne suffisamment pour que je puisse m’y consacrer à temps plein." Pour Delphine, ancienne responsable d'une boutique de mode à Paris, l'explication est ailleurs : "J'ai fait le choix de démissionner pour suivre mon compagnon qui s'installait à son compte comme graphiste, à Rennes…"

Toutes s'accordent sur un point : une boutique en ligne est beaucoup plus facile à monter et à tenir qu'un magasin "traditionnel". "En m'installant en Bretagne, je souhaitais devenir indépendante et ouvrir ma propre boutique avec pignon sur rue. Après une étude de marché bien menée, j'ai réalisé qu'il était plus raisonnable financièrement de lancer un site internet. Les coûts sont réduits : pas de frais de bail, de loyer, des stocks en flux tendus… et c'est mon mari qui a créé toute la charte graphique du site", explique Delphine.

Véronique renchérit : "Je n'y vois que des avantages ! Pas de trajet pour aller travailler, pas de patron. Je gère les commandes, leurs réalisations et l’expédition sur mon temps libre. Le e-commerce représente aussi beaucoup moins de charges financières qu’une boutique "normale"." Pour Bénédicte, qui a opté pour des boutiques e-commerce en mode locatif1, cela représente un vrai atout pour le développement de la créativité : "cette légèreté physique permet l’agilité sociale et conceptuelle : organiser une veille du marché - par nature devenu mondial -, être à l’affût des tendances, analyser les comportements des internautes et partager avec d’autres…"

Patronne au foyer

Véronique Cauvin Véronique CauvinTravailler pour soi… et de chez soi. Deux paramètres qui ont leur importance, notamment lorsqu'on est mère de famille. "Devenir entrepreneur sur le web permet de relever de nouveaux défis tout en préservant sa vie personnelle. Je suis chez moi et je peux gérer mon temps de travail", souligne Véronique. Delphine apprécie aussi cette liberté, même si le système a ses limites : "Il est aussi parfois difficile de se retrouver à travailler seule devant son ordinateur : le contact direct avec les clients me manque !"

Mais à domicile, il faut savoir distinguer vie privée et vie professionnelle : "il faut prendre soin de soi : exit le pyjama toute la journée, on est à la maison, mais on s'habille, on n'oublie pas de rester élégante !", conseille Delphine. "Il est aussi bien d'avoir un endroit de la maison qui soit le vôtre, dans l'idéal, une pièce consacrée à votre activité : un bureau, un atelier… Quand j'ouvre la porte, je suis au travail et je ne pense qu'à mon activité professionnelle ; lorsque je la referme, je me consacre à ma vie de famille. Je travaille à domicile, mais mon fils de deux ans passe la journée chez l'assistante maternelle. Après l'avoir déposé, c'est le statut de chef d'entreprise qui prend le dessus !"

Bénédicte tient elle aussi à marquer une distinction, même si les casquettes de mère et d'entrepreneuse sont régulièrement amenées à se superposer : "Travailler à domicile me paraît plus acceptable maintenant que les enfants sont grands et peuvent comprendre ce que je fais dans mon bureau. Je suis heureuse d’être là quand ils rentrent du collège. Nous partageons un peu l’aventure de la création et du business : ils côtoient une activité économique et je crois que c’est aussi pédagogique pour eux. "Maman, quelle marge t’as faite aujourd’hui ?" est devenu une question récurrente…"

 

"Digital mums"

Pour travailler sur le web, il faut "cumuler plusieurs casquettes et être autodidacte !", s'exclame Delphine. "on doit apprendre à manipuler le back office2, les différents logiciels de mise en page, savoir référencer son site afin de limiter les frais d'agence de communication, être bonne gestionnaire… Et pour obtenir un bon référencement, il ne faut pas ménager sa peine : "il faut faire parler du site sur les blogs, les réseaux sociaux en ligne, faire des échanges de liens avec d’autres sites d'e-commerce… Il faut du temps et beaucoup, beaucoup de patience !", explique Véronique. Bénédicte élargit : "il faut connaître internet, avoir une curiosité "globale" pour ce nouveau territoire. Comprendre les codes, les enjeux, les contraintes, les potentiels… Les Mampreneurs en sont un super exemple : très pointues sur les réseaux sociaux, les nouvelles tendances, les nouveaux usages d’internet... notre principal atout, c'est que nous sommes des "digital mums" !"

 

1 Une boutique en ligne en mode locatif permet de bénéficier d'une architecture pré-conçue en échange d'un abonnement mensuel : aucun investissement n'est donc nécessaire pour la création de la plateforme technique.

2 back-office : espace d'administration d'un site web.

Logo les mots sont des cadeaux Logo Ourson de Grégory Logo Bidon-ville

 

 

Le réseau des "mompreneurs", devenu "mampreneurs" en version française : www.les-mompreneurs.com

Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

Voir tous ses articles
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Dans la même rubrique :

Ajouter un Commentaire

Nous vous rappelons que les commentaires sont soumis à modération. Ils doivent respecter les lois en vigueur et le respect de la personne. À vos claviers !


Code de sécurité
Rafraîchir

Actualités : - --inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Nos partenaires

Exoticopolis

  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo
  • Exoticopolis // Concours photo

Cochez La Case


-
-

cliquez sur l'image pour voir la suite...