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Qu’est-ce que la finance solidaire ?
"C’est une activité qui regroupe de la microfinance - microcrédit et microassurance - l’accompagnement des personnes ou des projets, et la mobilisation de l’épargne des citoyens. Elle s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. L’Ouest est particulièrement actif dans ce domaine, que ce soit au niveau des montants qui sont levés, de l’investissement des bénévoles, ou de la coordination à l’échelle régionale ."
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Parlez-nous d’abord des microcrédits. À quoi servent-ils ?
"Il s’agit de petits prêts avec des taux d’intérêt faibles, destinés à ceux qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques. Leur objectif n’est pas de répondre à un besoin, mais à un problème. Ils permettent, par exemple, de passer le permis de conduire pour pouvoir travailler, ou de faire poser une barre de douche pour une personne handicapée. Ceux qui y ont recours sont principalement des familles en rupture, des jeunes en transition, ou au contraire des personnes âgées. Ils sont toujours associés à un accompagnement pour apprendre à maîtriser son budget(1), ce qui permet de lutter contre le surendettement des ménages."
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Les microcrédits s’adressent-ils aussi aux professionnels ?
"Oui, et ce, quelque soit le type de projet : pizzeria, services à la personne, informatique... Ils ont d’ailleurs permis de relancer des métiers disparus, comme ceux de couturière ou de coiffeuse à domicile. En Pays de la Loire, on peut se tourner vers l’Adie qui aide les personnes exclues du marché du travail à créer leur propre emploi avec des microcrédits qui vont jusqu’à 6 000 euros.
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Semaine de la finance solidaire, du 3 au 10 novembre À cette occasion, des manifestations sont organisées partout en France : conférences, débats, projections, concerts… Le programme en Bretagne est disponible ici, celui des Pays de la Loire ici. À ne pas rater pour les Nantais, une journée d’échange et d’information samedi 5 novembre, place du Commerce. Elle inclura notamment l’enregistrement en direct de l’émission Comment vont les fourmis ? de Jet FM, à 15 h, sur le thème Les finances solidaires, des solutions pour l’accès au foncier. |
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Justement, au niveau des entreprises, il n’y a pas que le microcrédit. La finance solidaire inclut bien d’autres dispositifs de soutien…
"Oui, l’objectif est de soutenir l’emploi local. En Pays de la Loire, il y a notamment le Fondes (cf. encadré). Conseils, prêts, garanties bancaires… il aide les sociétés au moment de leur création ou dans des phases de développement. Il soutient les entreprises de l’économie sociale et solidaire, souvent en partenariat avec d’autres structures. Un exemple type de ces financements hybrides, c’est La petite librairie, à Clisson, qui est orientée sciences humaines et sociales. Elle a été soutenue par le Fondes, mais aussi par la Nef (2), le Crédit coopératif, et une Cigale (ndlr : ce sont des groupes de 5 à 20 personnes qui épargnent mensuellement pour investir dans des projets solidaires)."
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La finance solidaire fonctionne en partie grâce à l’épargne des citoyens. Pouvez-vous nous expliquer ces mécanismes ?
"Il y a en effet plusieurs dispositifs garantis par le label Finansol. L’épargne de partage permet ainsi aux citoyens titulaires d’un livret de reverser une partie de leurs intérêts bancaires à une association déterminée. Ils ont ensuite droit de déduire 60 % de cette somme de leurs impôts. Ils peuvent faire de même avec leur épargne salariale, en choisissant de soutenir des fonds solidaires. Enfin, ils peuvent jouer le rôle d’investisseurs solidaires via les Cigales."
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Les banques proposent désormais des investissements dits éthiques ou socialement responsables (ISR) qui excluent les entreprises ne correspondant pas à certains critères du développement durable. Quelle est la différence avec l’épargne solidaire ?
"Certains de ces investissements ISR sont liés au domaine du luxe ou à des industries polluantes, et ont des impacts négatifs. Les produits d’épargne labellisés Finansol sont plus exigeants et servent exclusivement des projets à forte utilité sociale ou environnementale."
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La finance solidaire a-t-elle vocation à être rentable ?
"Être rentable, c’est couvrir ses dépenses, il y a une différence avec la profitabilité qui cherche à dégager toujours plus. Une chose est sûre : il faudrait que les banques fassent des efforts pour mieux rémunérer les épargnants solidaires, en leur accordant des taux d’intérêt plus élevés."
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Quel avenir pour la finance solidaire ?
"Pour l’instant, l’épargne solidaire mobilise 3 milliards d’euros, contre 57 milliards pour l’épargne éthique de type ISR… Les chiffres sont en hausse, mais il y a un essoufflement des produits de partage. Il faudrait les promouvoir davantage, notamment au niveau des banques qui les commercialisent. Nous pourrions aussi aller beaucoup plus loin si les syndicats s’emparaient de l’épargne salariale et si nous développions le système en circuits courts."
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(1)Depuis 2010, n’importe quelle banque peut désormais proposer du crédit social. Une mesure jugée dangereuse par Pascal Glemain qui estime que les banques n’auront pas de temps à consacrer à l’accompagnement.
(2)La Nef (Nouvelle économie fraternelle) est une société financière. Voir article La Nef, une banque alternative.
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En savoir plus : Finansol, le site de la finance solidaire
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Fondes Proposer une épargne en circuit court sur le territoire |






















