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Petits marchés entre Bretons

Startup-club - crowdfunding en Bretagne - Terri(s)toiresSébastien Le Corfec est un enfant du web. Pris dans la toile dès ses 19 ans, développeur et entrepreneur, laborantin du numérique en permanente ébullition, il vient de lancer Startup-Club.fr. Le principe : faire émerger de nouveaux projets grâce au financement participatif de la diaspora bretonne.

La Bretagne a tout d’une terre d’entrepreneurs. Une identité forte avec des millions de relais à travers le monde, des universités de haut niveau, des écoles de commerces, des banques, des business angels… Pourtant, de nombreux projets web peinent à y émerger malgré un potentiel prometteur.

Le 25 octobre, Sébastien le Corfec et sa holding Biouaib ont lancé une solution novatrice. Basé sur le crowdfunding, principe de "financement par la foule" qui a fait le succès de MyMajorCompany.com pour la musique et Touscoprod.com pour le cinéma (ou My Dorcel.com pour la version adulte !), le site Startup-Club.fr propose aux internautes de prendre des participations dans des projets web innovants. Et s’appuie sur la diaspora bretonne, notamment celle du web, incarnée par le blogueur de renommée internationale Loïc Le Meur, pour booster des projets  bretons.

Inspiré par la réussite du site américain Y combinator qui "a fait éclore près de 160 entreprises", Sébastien Le Corfec a l’ambition de "créer une vraie filière professionnelle pour que la Bretagne soit reconnue comme une terre d’internet".

Internautes @ctionnaires

À la Une du site, s’affichent déjà trois premiers concepts de site internet innovants (voir plus bas) "découpés" en 1 500 parts à 10 €. Et six autres, actuellement étudiés par le Startup-Club, devraient prochainement être proposés.

"En moyenne, les internautes engagent 50 €, mais certains prennent jusqu’à 200 € de parts", détaille Sébastien Le Corfec. Les personnes qui participent sont ensuite intégrées au projet, en ayant notamment leur mot à dire sur le choix de la charte graphique. Lorsque le site est lancé, les financiers ont accès gratuitement à des services premium et sont invités à jouer les ambassadeurs dans leurs propres réseaux. Si le site dégage des bénéfices, ils sont redistribués en quatre parts égales entre le(s) porteur(s) de projet, les développeurs, les internautes-contributeurs et le Startup-Club. Et si le site "cartonne", une société est créée. Les premiers financiers du projet ont alors la possibilité d’acquérir des actions préférentielles (?).

Fun ou flouze ?

Sébastien Le Corfec - Startup-club.frSébastien Le Corfec

Chef d’orchestre numérique

Une trajectoire à l’américaine. Recruté à 19 ans, Sébastien intègre le Benchmark Group et participe au lancement de Copains d’avant. À seulement 22 ans, il fonde une start-up, Evernet, et compte Roland Garros parmi ses premiers clients. Le jeune entrepreneur diversifie ensuite ses activités avec la plateforme de covoiturage roulezmalin.fr, le générateur de QR codes Ikodz, et le réseau social immobilier Coocoonhome.com. En janvier 2010, il crée la holding Biouaib, actionnaire de toutes ses entreprises et à l’origine de Startup-Club.fr. À 31 ans, il joue désormais le rôle de "chef d’orchestre" auprès de l’équipe de professionnels du numérique qui gravitent autour de son nouveau projet… et s’affirme comme un exemple à suivre pour tous les web entrepreneurs.

Deux mois après le lancement du site, un premier projet nommé "Je passerai chez un… Breton" est déjà en train de franchir la barre des 1 000 parts vendues. Inspirée de la série de documentaires "J'irai dormir chez vous" d'Antoine de Maximy, l’initiative vise à "faire oublier les tour-opérateurs au profit d’un tourisme affinitaire". Le site proposera ainsi de mettre en relation un touriste avec un hôte en tenant compte de leur diaspora (bretonne, basque, corse…) ou de leurs affinités (surfeurs, randonneurs, médecins…). Il s’agit donc d’un service de couch-surfing (?), à forte valeur ajoutée… et donc payant. Le modèle économique repose en effet sur un abonnement pour les hôtes, ainsi qu’un pourcentage sur les transactions.

On peut s’étonner du succès que rencontre cette idée lorsqu’on s’aperçoit que les deux autres projets mis en avant sur Startup-club sont beaucoup plus orientés "business". L’un propose de mettre en place un site marchand de produits bretons pour les communautés expatriées, tandis que l’autre vise la création d’un réseau d’ambassadeurs de marques. Des concepts qui semblent plus porteurs économiquement, mais qui à eux deux n’ont pas réuni plus de 300 parts. La communauté d’internautes-contributeurs se compose-t-elle donc davantage d’amateurs sympathisants que de businessmen aux dents longues ? Vraisemblablement. "Il faut que les projets soient assez fun et cool pour que les personnes s’y identifient et pensent qu’il y a un véritable potentiel."

"Scop" spéculative

Nébuleuse diaspora

Énigme : combien y a-t-il de Bretons dans le monde ? Sébastien le Corfec avance le chiffre de 10 millions : "3 millions en Bretagne, 1,9 million à Paris et 5 millions de personnes qui ont la fibre bretonne dans le monde." Gaëtan Bourgé, membre du comité de pilotage de la Diaspora économique bretonne (DEB), est plus réservé : "Certains parlent de 9 millions de Bretons, mais personne n’a de chiffre précis. La Bretagne n’est pas un pays, donc il n’y a pas de carte d’identité : est breton qui le souhaite. Nous pouvons néanmoins mesurer la présence bretonne à l’étranger à travers les associations : j’en connais au moins une soixantaine à travers le monde, sans compter celles qui sont en France, en Chine, au Japon et en Thaïlande, en Argentine, au Brésil et au Chili, aux États-Unis et au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, au Sénégal et au Maroc…

Au Startup-Club, l’intéressement à la participation fonctionne aussi bien en amont qu’en aval : lorsqu’un projet récolte suffisamment de soutiens, 20 développeurs, web designers et community managers se mettent au travail… sans percevoir de salaire. "Nous donnons du temps, consacrons de l’énergie, et nous savons que ça ne portera peut-être jamais ses fruits, mais nous avons envie de nous investir, car les projets nous plaisent", assure Mattéo Cargnelutti. Étudiant de 21 ans en BTS informatique à Brest, il fait partie de l’équipe de développeurs qui travaille sur "Je passerai chez un Breton". Le développement est avancé à 70 % et le site devrait être lancé en janvier.

Le travail se fait online et à distance, car "le groupe est pas mal éclaté sur la Bretagne", mais surtout en équipe. "Nous sommes ici, ensemble, sur le même territoire. Il y a un vrai tissu de professionnels du web et nous avons envie de faire quelque chose. Faire quelque chose d’un peu différent, et d’une manière différente. Le travail en synergie est enrichissant, que ce soit avec les autres développeurs ou les community managers, par exemple : ils apportent un point de vue différent sur les projets."

Il est aussi prévu d’associer des partenaires : banques, médias, grandes écoles, ou encore opérateurs mobiles sont invités à rejoindre chaque projet. Sans garantie de résultat. Mais finalement, "entreprendre, c’est l’aventure !".

 

Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

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commentaires  

 
+1 Sébastien LE CORFEC - le 31 décembre 2010 à 10:09
Bonjour Thibaut,
Merci pour cet article.
Le regard que tu portes sur l'ensemble du projet est intéressant, les liens mis à la disposition des internautes sont efficaces, l'interview de matteo illustre bien la dynamique que l'on tente de mettre en œuvre.
L'article sera peut être à la une du site semaine prochaine ;-)
Bon réveillon à tous
Sébastien
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