Du producteur au consommateur, le périple des denrées alimentaires est souvent long et tortueux : coopératives, marchés d’intérêt national, centrales d’achat, grandes surfaces…. Entre-temps, les aliments auront parcouru des centaines, voire des milliers de kilomètres, et sombré dans un anonymat à peine nuancé par une petite étiquette où figurent leurs pays d’origine.
Parallèlement à ce système de grande distribution, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à vendre directement leurs produits sur leurs exploitations, sur les marchés, ou encore dans des magasins dédiés. En Loire-Atlantique, cinquante producteurs indépendants, convaincus par ce mode de distribution, sont ainsi regroupés au sein de l’association Terroirss 44. Ensemble, ils militent pour le développement d’une agriculture paysanne de proximité.
"La vente directe est un vrai défi pour les agriculteurs. Produire, transformer, vendre : ils doivent maîtriser deux ou trois métiers en un. Généralement, ils s’en sortent mieux à plusieurs, que ce soit en menant des actions collectives ou simplement en échangeant sur leurs pratiques", explique Anne-Sophie Bouveret, coordinatrice de Terroirs 44.
L’association tente d’apporter des repères aux professionnels. Elle a ainsi réalisé un recueil de témoignages, Expériences en ventes directes. Tout au long de l’année, elle accompagne des projets individuels ou collectifs et propose des formations aux agriculteurs. À titre d’exemple, elle a mis en place des ateliers de groupe sur la qualité de la viande, sa découpe et sa transformation en charcuterie. Elle communique aussi auprès du grand public et conseille les consommateurs qui souhaitent s'organiser pour s'approvisionner localement.
Vers un système à la carte
De l’agriculteur qui cultive seul son champ à celui qui gère dix salariés, les profils des adhérents de l’association sont très diversifiés. Et cela se ressent aussi dans la production de  volaille, légumes, miel, cidre… et la variété des modes de distribution. Vente à la ferme, boutique collective (cf. encadré), circuits courts (un intermédiaire maximum)…
Les marchés restent incontournables, mais deviennent parfois nocturnes pour s’adapter aux nouveaux modes de vie. Quant au grand succès de ces dernières années, ce sont les Amaps (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). "Elles impliquent cependant un engagement dans la durée, et certains agriculteurs, comme ceux de la presqu’île guérandaise, préfèrent fonctionner avec des livraisons de paniers complètement libres".
Et peu à peu, les professionnels s’organisent. Depuis septembre, Terroirs 44 a ainsi embauché une jeune femme qui tourne sur le département pour livrer les paniers sur des points de vente groupés.
"Avant, c’était une débauche de temps et d’énergie pour les producteurs qui s’en occupaient individuellement. Ce système permet de rationaliser la démarche et de préserver l’environnement. Ce n’est pas encore rentable, il faut l’étoffer. C’est le grand enjeu pour les prochains mois." Les agriculteurs investissent aussi le web : on peut désormais commander online un panier de légumes frais à un agriculteur du coin !
Ces pratiques donnent progressivement naissance à un système à la carte, adapté en fonction du temps et du budget de chacun. "Au final, les débouchés se multiplient, mais la vente directe ne représente pas pour autant un eldorado économique. Beaucoup de producteurs le font avant tout pour être indépendants et profiter du contact avec les gens."
Un territoire avec des atouts
Il y a 22 ans, lorsque Terroirs 44 est née à l’initiative d’une vingtaine de professionnels, la vente directe était marginale et peu reconnue. Aujourd’hui, elle se multiplie. "Nous avons joué un rôle de précurseur", affirme Anne-Sophie Bouveret." Le public a pris conscience des excès de la mondialisation. Il est de plus en plus sensibilisé à des questions comme la relocalisation de la production, la préservation de l’environnement ou l’importance de la traçabilité. Il cherche une qualité, mais aussi un ancrage au territoire, un sens à sa consommation."
Si les valeurs de l’association rejoignent ceux de l’agriculture biologique, aucun membre n’est obligé de souscrire formellement à ses principes. Environ un tiers des adhérents sont d'ailleurs labellisés. "Beaucoup de nos producteurs défendent une vision plus large, proche de celle du commerce équitable".
La  RanjonnièreSitué à Bouguenais, la Ranjonnière abrite le siège de Terroirs 44, mais aussi un magasin porté par huit producteurs fermiers. Leur gamme est complétée par des dépôts-vente d'autres agriculteurs. D’où une très grande diversité des produits : légumes, viandes et charcuteries, produits laitiers, vins, miels, jus, soupes... La boutique fonctionne en synergie avec d’autres structures présentes sur le lieu, comme le restaurant Du coq à l'âne et l’association La clé des champs qui anime des activités pédagogiques. |
À long terme, l’association projette la création d’une marque territoriale ouverte à tous, et basée sur des critères contrôlés et transparents. Elle compte aussi mettre en place une plateforme web autonome qui permettrait de regrouper tous les acteurs de la vente directe et du circuit court du territoire. L’objectif ? Permettre aux consommateurs comme aux commerçants d’avoir une vision claire et précise de cette pratique. "Pour atteindre ces objectifs, il faut des partenariats à l’échelle régionale. Or, pour l’instant, les différentes structures ont parfois du mal à travailler ensemble", note Anne-Sophie Bouveret. Elle reste cependant optimiste sur l’évolution de l’agriculture paysanne : "Dynamisme et diversité des productions, grands pôles urbains favorables à la diffusion… nous sommes sur un territoire avec de réels atouts".
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Site internet de Terroirs 44 (comprend notamment une liste de producteurs adhérents et de leurs points de vente)
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À lire : Les coulisses de la grande distribution, de Christian Jacquiau
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RepèresL'Autre Marché, c'est un marché de Noël proposé par la ville de Nantes, coordonné et animé par Les Ecossolies et les acteurs locaux de l'économie sociale et solidaire avec le soutien de Nantes Métropole. Ce marché est "autre" parce que tous les cadeaux à dénicher sont créés, imaginés, transformés, commercialisés près de chez nous par des associations, des collectifs, des coopératives, des structures d'insertion... bref, par des acteurs de l'économie sociale et solidaire ! Au menu : commerce équitable, création, tourisme solidaire, solidarité internationale, agriculture paysanne, agriculture biologique, réemploi, culture de proximité, insertion par l'activité professionnelle, numérique social... Du 4 au 23 décembre (12 h - 19 h du lundi au vendredi et 11 h - 20 h le week-end), entre Commerce et Petite Hollande. www.lautremarche.net |






















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Pour ceux qui cherchent des produits fermiers en vente directe du producteur aux consommateurs ou de la ferme à l'assiette, visitez le site :
www.delafermealassiette.com
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