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    Filière agri-éthique : une première en France

    Une baguette équitable contre le monde de la finance

     Ludovic Brindejonc, directeur de "Blé agri-éthique" et Thierry Barbarit, boulanger. Ludovic Brindejonc, directeur de "Blé agri-éthique" et Thierry Barbarit, boulanger.

    Après le café, le chocolat et le sucre, voici la baguette équitable ! Un produit 100 % local pour un achat 100 % utile, selon la Cavac de Vendée, à l'origine de la démarche "Blé agri-éthique".

    C'est la révolution chez les mitrons ! Un joli pied de nez à l'histoire : en 1789, l'explosion du prix du pain avait incité le Tout-Paris à prendre les armes contre les boulangers... jusqu'à précipiter la chute du roi. En 2014, ce sont les meuniers et boulangers qui affûtent leurs outils contre les hautes sphères de la finance, avec le lancement de la démarche "Blé agri-éthique". Et – l'histoire ne se refaisant pas ! – "l'insurrection" naît en Vendée.

    Et pour quelques miettes de plus...

    Inauguration de la filière à deux pas de la Bourse à Paris  D'hier à aujourd'hui, le pain reste une priorité économique et alimentaire, et ce pour toute la planète : le blé est la céréale la plus cultivée au monde, la plus échangée, aussi. Ce qui n'est pas sans provoquer des dérives pour quelques miettes de plus. Pour Ludovic Brindejonc, directeur qualité du groupe Cavac, il y a du pain sur la planche. "Depuis la crise boursière de 2001, les financiers se sont désintéressés des produits des entreprises pour préférer les matières premières. Ils y ont très vite vu l'opportunité de faire de l'argent facilement au regard de la volatilité du marché. Tant et si bien qu'aujourd'hui, 80 % des engagements sur le marché du blé sont pris par des financiers".

    "La spéculation, c'est dégueulasse, mais ce n'est pas le seul facteur. Nous l'avons vu avec l'embargo russe, décidé par Poutine en 2007, ou avec la crise en Ukraine (ndlr : deuxième pays exportateur de céréales au monde) : tout ceci contribue à emballer les marchés internationaux et à faire flamber les prix face au spectre de la pénurie." Motifs géopolitiques, financiers, mais aussi climatiques... autant de facteurs impossibles à maîtriser qui nourrissent les incertitudes des producteurs. Alors, en l'absence de politique commerciale forte en la matière, les initiatives germent.

    Un pacte coresponsable

    Des slogans dans l'air du temps : la filière est aussi un fructueux booster d'image. "Née il y a un an de quelques coopératives et meuniers vendéens, la démarche "Blé agri-éthique" vise à se déconnecter des marchés", présente Ludovic Brindejonc, désormais aussi directeur de la filière. "C'est un pacte entre chaque acteur de la chaîne : agriculteur, meunier et artisan boulanger. Chacun s'engage sur un volume et un prix fixe de la matière première pendant trois ans, pour "sécuriser" le prix du blé entre tous les maillons locaux de la filière." Le signataire s'engage également à mener au minimum une action en faveur de l'environnement : utilisation de compost organique pour limiter l'usage d'engrais, protection de l'écosystème des haies et fossés, etc.

    À La Roche-sur-Yon, Thierry Barbarit a été le premier boulanger à rejoindre la démarche "Blé agri-éthique". "J'en avais marre de justifier l'augmentation du prix du pain à cause de tel ou tel événement éloigné", dit-il. "J'avais besoin de mettre de la cohérence dans mes actes." Pour lui, pas question d'acheter la farine à des milliers de kilomètres de son fournil ; son contrat le relie à la minoterie Planchot, basée à Saint-Paul-en-Pareds (85), qui elle-même s'approvisionne en blé à Jard-sur-Mer (85), chez l'agriculteur Franck Bluteau. "Le circuit s'affranchit ainsi de la mondialisation des marchés agricoles et de la spéculation sur le blé. Et en plus, mon intégration à la démarche est une excellente carte de visite. Cela m'a ouvert les portes de certains marchés, notamment pour la restauration collective."

    Et le consommateur ?

    "Enlevons le pain de la bouche des spéculateurs.". "D'un coup de baguette, faites disparaître la mondialisation du blé." Avec ces slogans, la filière blé agri-éthique ne mâche pas ses mots pour inviter le consommateur à mettre du sens dans son panier. "Nos clients supportent de moins en moins la communication feutrée, ils recherchent une sincérité et veulent donner un sens à leur achat. En achetant "agri-éthique", ils soutiennent l'emploi local, sans payer leur pain plus cher." Une baguette que l'on a envie d'acheter avant même de l'avoir goûtée, c'est forcément le rêve de tout boulanger...

    Aujourd'hui, ils sont 200 artisans boulangers, de Brest à Toulouse, à avoir rejoint le mouvement aux côtés de sept minoteries et trois coopératives (Cavac, Capl et Epi Salvagnacois), pour 30 000 tonnes de blé produites par an. L'objectif est d'atteindre 80 000 tonnes de blé à trois ans. Mais aussi d'élargir l'initiative. "Nous sommes en contact avec la filière du porc et de l'agneau pour transposer la démarche. Et en juin, nous inaugurons le lancement du vin agri-éthique pour les petits AOC de France. Notre démarche donne l'élan à toute une dynamique : elle s'adresse à toutes les filières qui souhaitent partager et porter nos valeurs pour un développement durable."

    Annie Rapin - Journaliste
    Annie Rapin - Journaliste

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