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    Alain Tabutaud : les écomatériaux pour se construire un avenir solide

    Alain Tabutaud Alain Tabutaud

    Il s'est mis au vert pour réfléchir à son avenir. Après un départ brillant dans les études, Alain Tabutaud, 25 ans et originaire de Massy, en région parisienne, plaque tout en deuxième année d’école d’ingénieur. Une année de Wwoofing* et de chantiers participatifs plus tard, il arrive à Lorient en septembre 2013 pour effectuer une licence professionnelle en écoconstruction et écomatériaux, puis poursuit sa route vers les îles du Ponant pour un stage de trois mois sur les écomatériaux en milieu insulaire. Avec le sentiment d'avoir enfin trouvé sa voie.

    Alain Tabutaud a désormais les idées claires... et un but : "Je veux participer à la construction d’un monde meilleur en réalisant des choses très concrètes." Après un passage en classe préparatoire aux grandes écoles où l’on lui indique la sortie au bout d’un an, puis deux années à l’IUT de Cachan, il intègre la filière génie des systèmes mécaniques de l’université technologique de Compiègne. Mais après deux ans d'études dont six mois de stage, il décide d’abandonner.

    "Je n'étais pas heureux. J'ai alors pensé à allier la mécanique et l’écologie dans le monde artisanal. L’écoconstruction m’intéressait depuis quelque temps. Je ne souhaitais pas faire une formation longue, donc je me suis dirigé vers une licence professionnelle. Mon profil correspondait, mais les inscriptions étaient terminées ; j’avais donc une année avant de pouvoir candidater. Et charge à moi de faire de cette année de césure une année de choix, de décision, d’éveil. Je voulais me consacrer à l’écologie et j’ai fait en sorte de rencontrer des gens qui partageaient ma vision des choses."

    Agir pour changer le monde

    Alain part faire du Wwoofing* en Ardèche. À Vanosc, il rencontre un couple de 40 ans qui s’est lancé dans l’élevage de cochons bio en plein air. "Exactement ce que je voulais : un retour aux sources !" Il part ensuite rejoindre un chantier participatif dans le Lot. Au programme : rénovation d’une grange avec montage d’un mur en liège et chanvre et couverture en volige peuplier. "Ce furent des expériences très enrichissantes, avec des échanges sains, du partage, une vraie ouverture d’esprit. Personnellement, cette année sabbatique m’a permis de découvrir que je pouvais changer le monde !"

    En écho, et comme pour modérer de lui-même cet enthousiasme, Alain cite une réplique de film entre l’agent 0SS 117 et des hippies : "Bon, OK, admettons. Vous avez pris une année sabbatique, très bien. Mais l’année prochaine, vous avez pensé à ça ? L’année prochaine ? C’est pas le monde qui va se plier à vos désirs mes enfants ! C’est pas 68, année de la jeunesse, ce n’est pas comme ça que ça se passe. C’est le vrai monde dehors et le vrai monde il va chez le coiffeur. Alors gnagna, les guitares, les troubadours tout ça c’est fini !"

    Développement des écomatériaux

    Septembre 2013. Alain intègre la licence professionnelle écoconstruction et écomatériaux à Lorient. "Nous sommes une promotion de 20 étudiants de 19 ans à 42 ans et de parcours assez divers. Nous sommes tous sur la même longueur d’onde, même s'il y a des réflexions personnelles plus ou moins abouties selon la maturité et les expériences de chacun. Il s'avère que nous sommes une promotion ayant une cohésion assez forte, en partie parce que nous sommes dans l'écologie réfléchie. Nous avons majoritairement choisi cette formation parce que nous sommes vraiment convaincus par l'écologie, et pas uniquement parce qu'il y a des débouchés dans les années à venir. Pour nous, l'écologie doit être une manière de répondre à des problèmes globaux à l'aide de solutions locales."

    la première maison en carton de Belle-Île-en-Mer. Avec des enseignements sur la législation dans la construction, l’architecture bioclimatique, la thermique et l’acoustique en bâtiment, le développement durable, la qualité sanitaire de l’habitat ou encore l’économie de la construction, la formation est généraliste et le stage permet d’approfondir en passant à l’action. Alain effectue un stage de trois mois à Belle-Île-en-mer, au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE). L’objectif de sa mission était de promouvoir les écomatériaux sur l’île en prenant en compte ses spécificités.

    Une solution à la gestion des déchets

    Alain constate très vite que le secteur du bâtiment n’est pas en crise à Belle-Île, mais que le transport des matériaux génère un surcoût considérable : une problématique typiquement insulaire. Il s'agit d'un sujet sensible avec un réel impact économique et social pour les habitants, les collectivités et les entreprises de l’île. Il est courant d’entendre que le coût du transport est de l’ordre de 30 % des frais d’une construction !

    La gestion des déchets inertes et de l’argile pose également problème. "Si l’on veut avoir une réaction favorable des élus, entreprises et particuliers sur la question des écomatériaux, il faut prendre le problème de telle sorte qu’il résolve une autre de leurs problématiques", explique Alain. Le cas de l’extension en carton de la maison de Locmaria est exemplaire. Évaluée à 60 000 euros, la construction coûte deux fois moins chère qu’une maison traditionnelle en béton. Elle est entièrement recyclable, a été montée en dix jours, et surtout, elle n’a produit que trois sacs de déchets.

    La première maison belliloise traditionnelle conçue en ossature bois et béton de chanvre. "Ce séjour de trois mois sur une île m'a permis de prendre conscience des différences qui peuvent exister avec le continent : la spécificité insulaire se caractérise aussi culturellement." Pour faire évoluer les représentations et bouger les lignes, il existe, selon Alain, une seule solution : multiplier les actions de sensibilisation et de formation à l’écoconstruction en direction des entreprises, des particuliers et des élus.

    L’avenir en vert

    Alain est satisfait de son choix de vie. Il a aujourd’hui conscience de participer à une économie relocalisée avec une vision plus humaniste du travail. Ce stage a répondu à ses attentes, même s'il regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour étudier les pratiques d’écoconstruction sur les autres îles du Ponant.

    Le CPIE de Belle-Île-en-mer cherche des solutions financières pour consacrer un emploi au développement de l’écoconstruction sur l’île. De retour en région parisienne, Alain envisage de travailler en province... et pourquoi pas de revenir à Belle-Île ! Attiré par le domaine associatif, il envisage à moyen terme d’accompagner les porteurs de projets d’écoconstruction, des aspects administratifs et opérationnels jusqu'au choix et à la pose des matériaux. Après avoir trouvé sa voie, Alain a un projet qui tient la route.

    * Le Wwoof (World-Wide Opportunities on Organic Farms) est un réseau international qui regroupe des fermes biologiques prêtes à accueillir des volontaires qui souhaitent découvrir le quotidien dans ce type d'exploitation, en échange du gîte et du couvert. Lire aussi notre reportage dans les Jardins de Pimba à Oudon.

     

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    Pauline Burguin - Journaliste
    Pauline Burguin - Journaliste

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