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    Avec les faucheurs volontaires des marais de Séné

    Chantier nature à la Réserve naturelle des marais de Séné Chantier nature à la Réserve naturelle des marais de Séné - © Terri(s)toires

    Depuis l’automne, la mobilisation ne faiblit pas à la réserve naturelle des marais de Séné, dans le Morbihan. Entre dix et vingt bénévoles participent chaque deuxième dimanche du mois à des chantiers nature visant à restaurer et rouvrir les milieux humides de ce site, abritant une faune et une flore d’exception. Débroussailler, tailler, défricher... rencontre avec ces "faucheurs volontaires".

    Direction les petites mares ; au nord des sentiers de Falguérec, au-delà de l’observatoire n°2, là où le public, lui, n’a pas accès. Des petites mares envahies par les saules et qui se sont refermées. C’est pourtant l’un des seuls endroits de la réserve naturelle des marais de Séné (Morbihan) propices à la présence de batraciens. "Notre boulot, aujourd’hui, ça va être de déblayer au maximum ces mares pour favoriser la réintroduction de certaines espèces dont le triton marbré, voire même la grenouille rousse", annonce Yann Kergoustin, garde-animateur (au premier plan sur la photo ci-contre).

    Anne – Mme Feu

    Anne – Mme Feu : Amoureuse de la nature et des oiseaux, Anne, chargée d’allumer le feu, participait déjà aux chantiers de Falguérec dans les années quatre-vingt-dix.

    Fanny et Célie

    Fanny et Célie : Qui a dit que la tronçonneuse était une affaire d’homme ? Les deux étudiantes en licence de biologie de l’environnement ne s’en laissent pas conter…

    Daniel

    Daniel : Les anciens marais de Séné, Daniel les connaît bien pour avoir suivi leur classement en réserve naturelle depuis son bureau de la Direction régionale de l’environnement. À l’heure de la retraite, c’est le terrain qu’il choisit.

    Kevin

    Kévin : Hyper motivé, Kévin, lui aussi étudiant en biologie de l’environnement, est présent depuis le premier chantier de la saison.

    sophie

    Sophie : Artiste-plasticienne qui, avec son mari, travaille sur un projet d’art in situ sur la réserve, et récupère des matériaux pour composer ses sculptures.

    La brume se lève doucement en ce deuxième dimanche de janvier sur les 530 hectares de la réserve naturelle de Séné, et c’est d’un pas bien décidé qu’une petite troupe de "faucheurs volontaires" avance… tronçonneuse, fourche, hachette, coupe-branche en main, bottes de rigueur aux pieds. Après les prairies et le verger, le chemin vers les mares, jusqu’alors bien balisé, devient plus proche du gymkhana.

    Une équipe fidèle

    Ils sont une dizaine à participer à ce quatrième chantier nature organisé sur la réserve, pour prêter main forte à l’équipe des marais. Objectif : restaurer et rouvrir des milieux humides remarquables envahis par les haies, fourrés et friches… Or, cette végétation un peu folle réduit la visibilité sur le marais, pour le public, et favorise la présence de prédateurs comme les renards et les sangliers qui y trouvent plein de cachettes. Et les oiseaux, eux, se reproduisent plus difficilement.

    Depuis l’automne et à raison d’un dimanche par mois, l’équipe tend à se fidéliser. Entre dix et vingt "faucheurs volontaires" se sont mobilisés à chaque session. "La grosse surprise, c’est la présence des jeunes", remarque Yann Kergoustin.

    Célie et Fanny, 24 et 21 ans, ouvrent ainsi la marche. Toutes deux sont étudiantes en licence de biologie de l’environnement, et déjà titulaires d’un BTS de gestion et protection de la nature. La rudesse de la tâche ne leur fait pas peur : "on a déjà fait ce genre de chantier, à l’école", indiquent les filles en s’emparant de la tronçonneuse. Elles apprécient d'être dehors, de rencontrer des gens. "On rigole bien ! Et puis, c’est toujours un plus pour le CV", ne perdent-elles pas de vue.

    C’est leur camarade de fac, Kévin, fidèle au poste depuis le premier chantier de la saison, qui les a encouragées à venir. Pour ce quatrième chantier, même une petite panne de réveil n’a pas démobilisé le jeune homme, c’est dire s’il est motivé (on est quand même dimanche matin !). "Franchement, ça défoule !", insiste Kévin. Mais surtout, "ça permet aussi de parler avec des gens du métier, de se créer un petit réseau… À terme, j’aimerais bien avoir le boulot de Yann", lance-t-il, un brin taquin à l’égard du garde-animateur de la réserve de Séné. "Ça commence aussi comme ça lorsqu'on veut travailler dans l’environnement", souligne Yann.

     

    "La réserve, c’est une très belle aventure"

    Bientôt retraité, Daniel, 63 ans, travaille encore pour quelques jours à la Direction régionale de l’environnement. "La réserve, je la connais bien. Sur un plan administratif, du moins. J’ai suivi le dossier visant à la classer en réserve naturelle. C’est tout autre chose d’être sur le terrain". Une continuité presque logique pour celui devenu, au fil des ans, un ami de Guillaume Gélineau, conservateur, et qui envisage d’ailleurs de rejoindre tous les autres "Amis de la réserve". L'association vise à mieux faire connaître ces anciens marais salants. "Cette réserve, c’est une très belle aventure…", souligne Daniel, tout en s’attaquant aux saules à grands coups de machette. Suffisant pour faire rompre ce bois tendre.

    D’abord hésitante, une participante finit par glisser : "je pense que je serais plus utile à débarrasser ce que les autres ont coupé...". Maligne. Car au passage, elle va aussi pouvoir se servir ; Sophie, 49 ans, est une artiste-plasticienne qui puise dans la nature les matériaux composant ses sculptures. Comme ce morceau de jeune chêne, par exemple. "Je suis là un peu en espionne", confie-t-elle. Sophie et son mari Régis travaillent en effet à un projet artistique in situ qui doit être présenté dans le courant de l’année 2013 sur les sentiers de la réserve. Mais exposer en pleine nature ne s’improvise pas. "Ces chantiers me permettent de me rendre compte de ceux qu’on peut utiliser, du décor dont on va disposer et ce qu’on pourra y intégrer", observe-t-elle. Ce tronc de saules encore pourvu de son feuillage ne lui sera ainsi d’aucune utilité ; "pour madame Feu !".

    Des chantiers nouvelle génération

    Madame Feu, c’est Anne. Et faire du feu dans un milieu humide, ce n’est pas une mince affaire ! La méthode pourrait d’ailleurs être contestée, mais pour l’instant, le terrain n’est pas encore assez accessible pour évacuer les déchets verts de ces chantiers. Retraitée de l’enseignement, Anne est la doyenne des "faucheurs volontaires" des marais de Séné. "On va dire que j’ai plus de 65 ans", sourit cette grande amoureuse de la nature et des oiseaux. "En ce moment, il y en a plein", note-t-elle, en alerte au moindre chant, au moindre vol. "Ça, c’est un bernache…". Adhérente à Bretagne vivante, conservatrice de la réserve de Pen-en-Toul, sur la commune de Larmor-Baden, Anne est présente depuis le premier de ces chantiers nouvelle génération… et même depuis plus longtemps encore. "Je participais déjà aux chantiers de Falguérec". Des chantiers, bénévoles également, qui, à l’époque où la réserve n’était encore qu’associative, ont rythmé certains dimanches d’hiver pendant les années quatre-vingt-dix. Jusqu’à ce que la mobilisation s’essouffle au début des années deux mille.

    Dix ans plus tard, le feu a bien repris. Et en deux heures ce dimanche matin-là, les petites mares ont été largement dégagées. "C’est l’avantage de ces chantiers, ils ont un vrai impact visuel. C’est encourageant", souligne Yann Kergoustin. Encourageant à revenir. Après les digues, les mares, "il reste beaucoup de zones à nettoyer, à clairsemer…". Deux chantiers nature sont encore programmés, les dimanches 10 février et 10 mars. D’ici là, dès le 1er février, la réserve naturelle des marais de Séné rouvrira au public… qui appréciera.

     

    Infos pratiques :

    Prochains chantiers-nature à la réserve naturelle des marais de Séné : dimanche 10 février et dimanche 10 mars, de 10 heures à 17 heures. Renseignements au 02.97.66.92.76 ou sur www.reservedesene.com

    Réouverture de la réserve de Séné le 1er février. Tous les jours : de 14 h à 18 h en février et mars ; de 14 h à 19 h d’avril à juin ; de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h en juillet et août.
    Une partie de la réserve est en accès libre, ce qui permet d’avoir une première approche des paysages et du découpage des anciens marais salants. Une autre partie en accès payant est entièrement aménagée avec des observatoires couverts pour une meilleure observation de la faune sauvage.

    Stéphanie Biju – Journaliste
    Stéphanie Biju – Journaliste

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