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    À Nantes

    Cimetières et développement durable : du vert entre les tombes

    Le carré Z, qui n’est plus traité chimiquement depuis cet été. Le carré Z, qui n’est plus traité chimiquement depuis cet été.

    La gestion des espaces verts dans la ville a énormément évolué durant cette dernière décennie. Finis les plates-bandes nettes et le traitement chimique des adventices… Dans les cimetières, la question se pose aussi de laisser plus de place au végétal, dans les allées, entre les tombes, voire sur les tombes. Tout le monde n’est pas convaincu, mais des initiatives, comme celle de l’association Big Bang Mémorial, ont vocation à bousculer les mentalités et les idées reçues.

    Laisser pousser les herbes folles entre les tombes, est-ce une atteinte au respect que l’on doit à nos morts ? Pour une partie des visiteurs des cimetières, la réponse est "oui". Une population que la ville de Nantes qualifie de "peu nombreuse, mais vigoureuse et très conventionnelle". L’association Big Bang Mémorial répond, elle, qu’au contraire, redonner sa place au végétal dans les cimetières en fait des lieux plus accueillants et "plus vivants". De quoi interroger notre rapport aux défunts et à la mort en général !

    Remettre l’art et la nature au cœur des cimetières

    Un affrontement, symbolique, entre ces deux parties a eu lieu dans le courant de cette année au cimetière de la Bouteillerie, avec l’installation, fin mai 2015, d’une "tombe potagère" sur la concession de l’artiste Gaëlle Le Guillou (voir encadré), l’arrêt de l’usage des pesticides sur quelques carrés et les protestations, verbales ou par courriers, de certains habitués du cimetière.

    Cimetiere Nantes Aujourd’hui, un panneau vous accueille, expliquant la démarche. "Quand on parle avec les gens a priori hostiles, on arrive la plupart du temps à les convaincre", remarque Gaëlle Le Guillou. Elle est à l’origine de l’association Big Bang Mémorial, qui vise à remettre l’art et la nature au cœur des cimetières. Sa mère, Dominique Le Guillou, est plus particulièrement en charge de la partie environnement du projet. Ensemble, les deux femmes ont réussi à convaincre la mairie de ne plus traiter chimiquement une partie du cimetière de la Bouteillerie, dans la partie ancienne, celle qui est la moins fréquentée, afin de ne pas heurter les familles se rendant sur leurs tombes.

    La Ville, par ailleurs, a soutenu le projet artistique qui consistait à créer un potager "en lasagnes" à l’emplacement d’une tombe, et accompagne l’association dans sa démarche. Jacques Soignon, directeur du Seve (Service des espaces verts et de l’environnement de la ville de Nantes), rappelle que "les cimetières sont le dernier point de résistance au zéro phyto". La mairie s’est engagée depuis quelques années déjà dans cette mutation sur la place du végétal qui est aujourd’hui visible partout dans l’espace urbain. Les mentalités changent, les obligations aussi : la loi oblige ainsi à renoncer à l’usage des désherbants d’ici la fin de l’année 2016.

    Quels moyens pour des cimetières plus verts ?

    Cimetiere Miséricorde à Nantes.

    Tous les cimetières doivent prendre le tournant du "zéro phyto". Ici, le cimetière de Miséricorde.

    D’autres cimetières nantais, comme celui du Vieux Doulon ou de Toutes Aides, ont déjà pris le tournant : toutes les inter-tombes sont végétalisées, ce qui ne signifie pas que l’aspect est négligé puisque l’herbe est tondue ou coupée au rotofil. Remarquable également, le changement qui a eu lieu au cimetière de la Chauvinière : d’un traitement entièrement chimique, on est passé à une couverture en gazon sur l’ensemble du cimetière. "Pour cela, explique Jacques Soignon, il a fallu des moyens, ramener de la terre, refaire les bordures, démonter les croix du cimetière militaire et les reposer. Mais maintenant, c’est plus écologique, et c’est surtout plus beau !"

    Se pose ici la question des moyens. Dominique Le Guillou, qui a beaucoup voyagé en Europe et visité d’autres cimetières, rappelle que dans des pays comme l’Allemagne, où il n’y a pas de séparation entre l’Église et l’État, un impôt est prélevé en fonction de votre religion et sert, entre autres, à l’entretien des cimetières. Mais il n’y a pas que les moyens financiers qui comptent. Laisser la place à la nature soulève d’autres questions relatives à la façon d’entretenir les lieux : il ne s’agit pas forcément de faire de nos cimetières des jungles incontrôlées. Avec le traitement chimique, c’était plus facile et plus rapide. Lorsque des herbes et des plantes poussent, pour en faire un paysage acceptable et accepté par tous, cela demande d’autres compétences et une autre approche.

    Des cimetières où viennent les vivants

    Dominique Le Guillou devant la tombe

    Dominique Le Guillou devant la tombe "en lasagne" imaginée et conçue par sa fille.

    L’association Big Bang Mémorial a donc proposé que des étudiants en licence professionnelle à l’Institut de Géographie et d’Aménagement régional de l’université de Nantes se penchent sur la question et réalisent dans les mois à venir une étude à partir de lieux témoins. Dominique Le Guillou a en effet sollicité des professeurs du lycée agricole Jules Rieffel de Saint-Herblain, enseignant au sein de cet Institut, connu pour expérimenter sur son terrain de 35 hectares le "jardin en mouvement" théorisé par Gilles Clément.

    Le thème ne se cantonne pas au seul aspect "végétal" puisque le titre de l’étude, qui sera soutenue devant un jury universitaire, est "Le cimetière, lieu d’accueil pour les vivants, lieu de sociabilité ouvert sur la ville". Big Bang Mémorial se donne en effet comme mission de faire participer les habitants à ce regain de vie dans les cimetières : "Notre idée n’est pas d’en faire uniquement des jardins paysagers, on voudrait quelque chose de plus poétique, de plus naturel et que les gens se l’approprient." Histoire que vous ne veniez pas visiter les cimetières qu’au moment de la Toussaint…

    La tombe potagère de Gaëlle Le Guillou

    L’artiste céramiste Gaëlle Le Guillou travaille depuis plusieurs années sur le rapport à la mort et à la vie, dans une approche résolument optimiste, avec une gisante en fleurs (exposée en 2012 au cimetière Miséricorde) puis une "Tombe Gourmande" en céramique" qui est visible à l’Atelier jusqu’à mi-novembre .

    La tombe qu’elle a installée sur sa concession au cimetière de la Bouteillerie reprend le principe des potagers en lasagne : un sol est créé à partir de la succession de couches complémentaires (carton, fumier, compost vert, compost brun, terreau, puis paillage). Elle y a planté des légumes qu’elle a pu récolter cet été et cet automne : des courgettes, des potimarrons, des topinambours…

    Elle a organisé durant le courant de l’été plusieurs séances collectives d’arrosage propices à expliquer sa démarche et propose régulièrement aux personnes intéressées de l’aider dans l’entretien de cette "tombe potagère". L’idée, partagée par d’autres artistes et d’autres personnes engagées dans l’association, est de donner envie à tous de faire de même et d’investir ces lieux.

    Gaelle Le Guillou.

    Entretien des tombes

     

    Alexandra Fresse-Eliazord

     

     

     

     

    Alexandra Fresse-Eliazord - Journaliste
    Alexandra Fresse-Eliazord - Journaliste

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