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    Dans les entrailles d'un data center "vert"

    Intérieur du data center de Néocenter Ouest, à Saint-Herblain Intérieur du data center de Néocenter Ouest, à Saint-Herblain

    9,9 kg de CO2 par an et par internaute : voici la consommation énergétique française consacrée aux seules recherches sur Internet. Autant dire qu'un data center est un gouffre écologique. À Saint-Herblain, l'entreprise Néocenter Ouest croit pourtant en son centre de données "éco-conçu" et "éco-responsable", pionnier dans la région nantaise. Verdissement commercial ou idée décapante ?

    Le monde moderne, hyper connecté, génère ses nouveaux lieux cachés. En périphérie des villes, dans des bâtiments anonymes de zone industrielle, on trouve derrière d’épais murs sécurisés les data centers. Reconnaissance à empreinte digitale, signalisation minimaliste, portes cachées. Un "pas de photo ici" qui résonne dans des couloirs vides ; la visite n’a rien de touristique, chez Néocenter Ouest comme ailleurs.

    Fabien Richard, cofondateur de l’entrepriseNéocenter Ouest, à Saint-Herblain

    Notre guide dans les entrailles de cette banque numérique, qui héberge les données de 150 sociétés locales sur 850 m², entre Saint-Herblain (Loire-Atlantique) et la Roche-sur-Yon (Vendée), est Fabien Richard, 42 ans, cofondateur de l’entreprise en 2010. "Cela me gêne de parler de data center écologique ou green, car c’est un peu antinomique. Je préfère parler d’éco-responsabilité", se défend-t-il d’entrée, à quelques mètres d’une immense photo de forêt vierge.

    "Énergivore et polluant"

    La concentration de systèmes informatiques alimentés électriquement dégage énormément de chaleur. Quasiment autant d’énergie est nécessaire pour les refroidir par la climatisation. D’ordinaire, le ratio est donc de 2 à 2,5 entre la consommation totale d’un centre ancienne génération et celle engloutie par les serveurs. Soit l’indicateur d'efficacité énergétique – ou Power Usage Effectiveness (PUE) en anglais : plus on se rapproche de 1, moins on dépense d’énergie en refroidissement.

    Pour Louise Vialard, jeune architecte nantaise spécialisée, "le concept même de data center est anti écologique. C’est dépenser de l’énergie pour évacuer de l’énergie, donc circulaire en rien, énergivore et polluant en émissions de CO2 [ni intégrées aux calculs, ni communiquées par les entreprises, ndlr]. En plus, comme le data center est au milieu de nulle part, impossible de réutiliser totalement cette chaleur".

    L’entreprise Néocenter Ouest, à Saint-Herblain

    À titre illustratif, la consommation électrique d’un centre de données de 10 000 m² serait équivalente à celle d’une ville comme Vannes. L’activité est responsable d'1,9 % des émissions de CO2 à l’échelle planétaire selon un rapport récent, soit autant que l’aviation.

    Refroidissement libre

    12 mesures sont mises en avant par Néocenter Ouest, dont le data center affiche 1,5 de PUE. Les principales étant le confinement du froid (on rafraîchit au plus près la machine, au lieu d’une salle entière aux alentours de 20-23°), le chauffage des bureaux supérieurs ainsi que le free cooling, c’est-à-dire la climatisation naturelle par utilisation de l’air extérieur. L’architecture est aussi primordiale, avec ici une implantation en sous-sol et compartimentée.

    On retrouve des mécanismes similaires chez le concurrent Sigma, qui a ouvert un espace de stockage nouvelle génération de 2 000 m2 "à l'image d'une forêt : sain, protecteur, équilibré", il y a deux ans, mais dans un bâtiment dédié et hautement sécurisé du côté de Carquefou (44). Une vidéo grandiloquente pour un indicateur PUE réduit à 1,3, moyennant 7 millions d'euros d’investissement.

    Car le pari est aussi financier pour des acteurs du data center qui sont au nombre de sept dans la cité des Ducs de Bretagne. Fabien Richard le reconnaît sans ambages en franchissant un sas de sécurité : "Il y a une conviction personnelle et citoyenne, mais il faut que ce soit intéressant économiquement. Le retour sur investissement, à travers la diminution des factures EDF par exemple, demande un peu de temps. De l’ordre de cinq ans pour nous avec le free cooling".

    Du fond des océans au coin du feu

    Un data center près de chez vous

    "Chaque territoire veut ses propres data centers, au même titre que d'autres infrastructures de base. C'est important car on conserve les données à proximité en toute sécurité, pas à Paris ou aux États-Unis et tous les emplois liés sont créés localement", pointe Fabien Richard. Combien sont-ils par exemple sur Nantes Métropole ? Difficile à dire tant le culte du secret imprègne le secteur. Avec cinq centres répertoriés, l’outil Data Center Map donne une première indication… qui semble incomplète. L’association Ouestix nous précise en effet par courriel qu’il existe "à sa connaissance" sept entreprises en ayant implanté au moins un. On se situerait donc plutôt dans une fourchette de 10 à 20 data centers nantais. Au minimum.

    Au même titre que la proximité géographique des coffre-forts digitaux (voir encadré), la technologie "verte" commence à devenir un argument de vente auprès des clients. "Certains y sont sensibles, ça pèse plus ou moins lourd suivant les collectivités locales ou les entreprises. On voudrait que ça prenne de l’ampleur". Affable par nature, le directeur associé de Néocenter Ouest devient mutique sur le terrain des chiffres.

    Le dernier bilan comptable disponible indique un chiffre d’affaires d'1,027 million d’euros (pour un résultat net de 26 920 €) en 2013. "Notre croissance est très forte, entre 50 et 100 % par an", finit-il par concéder. On peut donc estimer raisonnablement le chiffre d’affaires actuel entre 2,3 et 4,1 millions d’€. Beau succès pour une société par actions simplifiée (SAS) qui compte seulement... trois salariés – la création d’emplois se déportant sur les prestataires.

    "Ce sont des gens qui sont sensibilisés et engagés dans le domaine écologique. Seulement il y a une certaine inertie économique et matérielle sur le modèle des data centers. Ils essayent d’être écolos et ils le font comme ils peuvent", met en perspective Louise Vialard, à l’origine du projet Villes Concrètes. Désormais implantés au fond des océans, à la limite du cercle arctique, ou dans des caves troglodytes à Saumur, l’avenir de ces monstres de câbles et de plastiques se situe possiblement au cœur de l’habitat urbain, en petit format. De quoi se doucher à moindre frais (énergétiques), au retour d’une balade boueuse en forêt.

     

    Thibault Dumas
    Thibault Dumas

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