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    Devenir paysan sans (trop) se prendre le chou

    L'exploitation d'Alexandre Cazajous L'exploitation d'Alexandre Cazajous

    Pas facile de se lancer dans l’agriculture. Alexandre Cazajous en sait quelque chose. Passé par l’horticulture, ce trentenaire est devenu maraîcher et dispose de sa propre exploitation depuis juillet dernier. Pour en arriver là, il aura bénéficié de l’aide de la coopérative d’installation en agriculture paysanne (Ciap) et des conseils d’un paysan chevronné.

    Quelle est la voie à suivre pour devenir agriculteur ? La réponse la plus répandue est peut-être la plus démotivante : "Il suffit de reprendre l’exploitation de ses parents ". D’accord, mais comment faire lorsque ses aînés ne sont pas du milieu ? "Beaucoup de porteurs de projet se posent la question", affirme Claire Lavaur, directrice de la Ciap (Coopérative d’installation en agriculture paysanne – voir encadré). "Ils savent cultiver la terre, veulent en faire leur métier, mais ne sont pas au courant des démarches administratives". L’enjeu est pourtant de taille, la transmission d’une exploitation pouvant facilement monter jusqu’à 150 000 € !

    La Ciap, qu’est-ce que c’est ?

    Créée à Nantes sous l’impulsion de Cap 44* en février 2012, la coopérative d’installation en agriculture paysanne prend d’abord la forme d’une association avant de devenir une Scic** en mars 2013. Rassemblant aussi bien des organismes du secteur agricole, des acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS) que des établissements publics, son objectif est de contribuer à la réussite de nouvelles exploitations et de promouvoir l’agriculture paysanne.

    Pour cela, la Ciap a notamment développé trois formes d’accompagnement : le stage paysan créatif, mais aussi la mise à disposition d’un espace test à des maraîchers au lycée agricole Jules-Rieffel de Saint-Herblain, et l’hébergement juridique, administratif et commercial de l’activité économique (production agricole, transformation et commercialisation).

    * Construire une agriculture paysanne performante plurielle

    ** Société coopérative d’intérêt collectif

    Le cas d’Alexandre Cazajous fait figure d’exemple. À 32 ans, ce jeune homme, amoureux de l’environnement et de la nature, a commencé son parcours par un BTS Production horticole. Il en est sorti dégoûté ! "Ce que l’on nous enseignait ne convenait pas du tout à ma philosophie de vie. On nous apprenait à utiliser des produits extrêmement polluants et dangereux pour la santé". Pas découragé pour un sou et fidèle à ses valeurs, il devient tour à tour paysagiste dans un château et aide un maraîcher travaillant en biodynamie : "Là, ça a été le déclic !", témoigne-t-il. "J’ai pu comprendre comment fonctionnaient le sol et la vie des plantes. J’aurais souhaité reprendre l’exploitation, mais par manque de diplômes, je ne pouvais pas".

    Alexandre poursuit alors sa passion quelque temps en travaillant en Suède et au Danemark. À son retour en France, il s’installe à Saint-Hilaire-de-Chaléons, dans le Pays de Retz, et entre en contact avec la Ciap, tout juste créée : Grâce à mon expérience, j’ai pu obtenir une dérogation à la capacité agricole. Sans eux, je n’aurais pas eu connaissance de cette possibilité".

    Cependant, cela ne suffit pas à devenir agriculteur : "Un exploitant a besoin de travailler sur son territoire et en collaboration avec ses différents acteurs", reprend Claire Lavaur. "Pour cette raison, nous proposons le “stage paysan créatif“* : une formation à l’entrepreneuriat répartie entre des heures de formation et d’accompagnement, et du temps passé sur le futur site d’installation du porteur du projet et dans l’exploitation d’un paysan référent". Ce dernier, bénévole, est chargé de conseiller le stagiaire dans son travail.

    Avec un agriculteur référent

    Alexandre Cazajous devant son exploitation C’est ainsi qu’Alexandre Cazajous fait la connaissance d’Hubert Maurice. À 54 ans, ce maraîcher installé non loin de là, à Chauvé, prend le trentenaire sous son aile en janvier 2013 : "Devenir le référent d’Alexandre était naturel, j’ai toujours voulu apporter mon soutien à la jeunesse ". De plus, les deux cultivent le même engouement pour la protection de la nature : "Je fais de l’agriculture biologique depuis 25 ans", continue Hubert Maurice. "On peut dire que je suis un précurseur en la matière. À mes débuts, personne ne croyait au bio. Des voisins, également paysans, venaient même vérifier mes plantations pendant la nuit !". Heureusement, le temps lui a donné raison.

    Pour lancer son protégé, Hubert Maurice n’a pas lésiné sur les moyens. Dès le début du stage, il lui donne 40 paniers de légumes pour qu’il puisse les vendre sur des marchés : "Il a ainsi pu se former à la vente et se créer une clientèle". Il lui cède également deux hectares à Arthon-en-Retz pour récolter des pommes de terre, et ses conseils sont précieux pour Alexandre Cazajous : "Je pensais par exemple installer un puits sur mon terrain. Cependant, Hubert m’a conseillé de creuser un bassin pour bénéficier d’une réserve naturelle d’eau. Cela me permet à moindre frais d'accumuler 3 500 m3 d'eau durant la saison froide et par la même de favoriser l'implantation d'espèces en zones humides."

    Résultat, début juillet, il a lancé officiellement son exploitation de 5,5 hectares. Après quelques semaines, on y trouve déjà des carottes, des choux et des citrouilles… Alexandre Cazajous a trouvé sa place sur terre.

     

    * Ce dispositif d’accompagnement aux nouveaux exploitants agricoles a notamment reçu le Laurier régional 2013 de la Fondation de France.

     


    Pour en savoir plus :

    - La Ciap sur le site de l’association de développement de l’emploi agricole et rural (ADEAR) : http://www.jeminstallepaysan.org/Ciap44?PHPSESSID=82bcf73490948c397034cb98a6b3a68c

    Aurélien Jousset - Journaliste
    Aurélien Jousset - Journaliste

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