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    Réserve naturelle de Pont Barré

    Jo met de l’âme dans son vin

    Jo Pithon Jo Pithon

    Berceau de saveurs blanches et fruitées, le Layon vit au rythme de ses vignobles. Sur les terres du coteau de Pont Barré, une zone de huit hectares, riche d’un patrimoine naturel et géologique exceptionnel, est classée réserve naturelle régionale. Un viticulteur, Jo Pithon, s’est engagé au côté de la Ligue de protection des oiseaux pour préserver cet espace et ressusciter une ancienne parcelle de vigne. Il y cultive amoureusement des vins bio, sans jamais oublier qu’un bon terroir, c’est aussi celui qui permet de conter des histoires.

    Jo Pithon. Un nom de catcheur pour un homme fin d’esprit et malicieux, plutôt apte à caresser les papilles de ses clients avec des créations du terroir qu’à leur dévisser les mâchoires. Casquette calée sur un large crâne, rouflaquettes grisonnantes et lèvres charnues, le cinquantenaire affiche des mensurations dignes d’un chef cuistot. Vigneron depuis 32 ans, il exploite avec sa famille cinq terrains situés à proximité de Saint-Lambert du Lattay, à 24 km d’Angers, dans le Maine-et-Loire.

    Le viticulteur est propriétaire d’un petit joyau, le domaine des Treilles. Intégré à la réserve naturelle régionale de Pont Barré, il domine fièrement la vallée et la rivière du Layon. "C’est la plus belle parcelle du coin. La pente est forte, entre 30 et 70 %, exposée plein sud et bien abritée du vent. Les rayons du soleil sont donc concentrés, tandis que l’eau s’écoule très facilement. C’est idéal pour le vin. Il ressort avec une belle maturité et beaucoup d’acidité, une grande fraîcheur et un goût de fruit prononcé."

    Vignoble de Jo Python Ce terroir dédié aux vignes recèle aussi une biodiversité et une histoire exceptionnelles. Le coteau jouit en effet d’un microclimat méditerranéen qui favorise une faune et une flore abondantes et diversifiées. 420 espèces de plantes sont observées à ce jour sur le site. Parmi elles, 50 sont vulnérables, dont neuf protégées au niveau régional ou national, comme la Gagée de Bohème, la Tulipe sauvage ou la Rose de France. Les Treilles sont également un refuge très apprécié des papillons et des insectes tels les criquets ou les cigales argentées.

    "Nous sommes sur le Massif armoricain, une très vieille montagne âgée de plus de 750 millions d’années et qui atteignait à l’époque 7 000 mètres de hauteur, l’équivalent de l’Himalaya. Elle a séjourné à proximité de la Tasmanie, puis est passée par l’Équateur avant de se retrouver dans sa position géographique actuelle", ajoute Jo. Il détaille d’un œil expert la superposition des couches géologiques - argile, pierres de lave et schistes - avant de révéler au creux de ses mains le fossile d’une prêle tropicale qui atteignait alors plus de 70 mètres de hauteur. Aux pieds des vignes, la faille du Layon, zone de contact invisible entre le Massif armoricain et parisien, poursuit son chemin jusqu’à la Pointe du Raz dans le Finistère.

    Droit dans ses vignes

    Le viticulteur pressentait les qualités gustatives de cette terre historique bien avant de les avoir testées. Pendant des années, il a travaillé à proximité du coteau de Pont Barré et observait, comme un soupirant sa promise, ce terrain en jachère. Il savait, grâce à une vieille carte postale, que les anciens l’utilisaient auparavant pour cultiver la vigne. "Elle est tombée à l’abandon pendant la Seconde Guerre mondiale, faute d’hommes pour travailler. À la fin du conflit, la mécanisation s’est imposée et il a fallu produire toujours plus. Impossible sur cette zone escarpée".

    En 1996, Jo décide de franchir le pas. Sa femme, Isabelle, se plonge dans les cadastres de la commune pour retrouver la trace de 25 propriétaires de sept hectares. Un jeu de piste qui a demandé trois ans d’efforts ! Et qui ne faisait qu’initier d’autres épreuves… Cinq années supplémentaires ont en effet été nécessaires pour implanter les vignes, et surtout défricher une première zone de trois hectares recouverte d’arbres, de roches et de buissons. "Nous avons fait travailler une entreprise de réinsertion et employé une personne à temps plein pendant tout ce temps". Tout au long de cette opération, épaulé aussi par un cheval, le vigneron a veillé à préserver au maximum les petites constructions existantes comme les murets, escaliers ou cabane. Il a aussi décidé de maintenir une partie du paysage, deux hectares, à l’état naturel.

    "Je voulais conserver les qualités de la terre et des traces de l’histoire des Treilles, mais je n’imaginais pas l’ampleur de sa biodiversité. Des scientifiques viennent régulièrement faire des observations sur le terrain. Au début, un groupe a débarqué sans crier gare, m’engueulant presque parce que je posais le pied sur une plante rare. Dans ce cas, pourquoi n’avaient-ils acheté eux-mêmes cette terre si elle était aussi essentielle et fragile ?". Engagé dans la culture bio dès 1992, Jo Pithon veut en effet préserver sa parcelle sans pour autant la transformer en musée.

    Il entame alors un dialogue avec la Ligue de protection des oiseaux, propriétaire de deux hectares du site. Ensemble, ils ont obtenu le classement de la zone en réserve naturelle régionale en 2009 (voir encadré). Ce qui implique pour le viticulteur de veiller à ce que ses vignes restent toujours en mode bio, y compris en cas de revente du domaine. "Ne pas utiliser de pesticides entraîne davantage de travail et d’investissements, mais nous avions décidé d’adhérer à ce système dès le départ. Ce n’est pas vraiment une contrainte puisque nous fonctionnons aussi en bio avec nos autres domaines". Rien à voir cependant avec une démarche marketing. "Je veux avant tout produire des grands vins de terroir. Et ce n’est possible que si l’on considère et respecte la terre qui les porte". Il aura même fallu la pression de son entourage pour qu’il accepte d’apposer le logo AB sur ses bouteilles !

    Le dessus du tonneau

    les vins de Jo Python La première cuvée, tout en chenin blanc, est enfin sortie des barriques en 2005. Un Anjou sec, le Coteau des Treilles, et un mœlleux, le Belargus. Ce dernier nom ne doit rien au hasard : il désigne un ravissant papillon bleu, une espèce du sud qui aurait légèrement muté sur ces terres du nord. "Il doit avoir sur ses ailes un ou deux points de plus que ses congénères", se moque gentiment Jo. Il vend principalement ces fleurons de sa collection, 4 000 bouteilles par an, à des restaurateurs et des cavistes, dont une majorité d’étrangers. Il va cependant devoir patienter encore quelques années pour que son domaine des Treilles soit estimé à sa juste valeur. "Dans le vin, il faut environ une génération pour que la qualité d’un terroir soit reconnue. C’est un beau challenge, mais nous le faisons surtout pour nos enfants".

    Et de ce côté, Jo ne se fait pas de soucis. Depuis 2008, il est associé avec le fils de sa femme et sa compagne sud africaine, Jo et Wendy Paillé. La passion qu’il a héritée de son grand-père a aussi contaminé l’un de ses fils, Jules, 18 ans, qui poursuit pour l’instant son apprentissage en Nouvelle-Zélande. Il sait qu’il léguera à ces jeunes générations un terroir exceptionnel. "Le vin, ce n’est pas que des arômes, c’est également une question de culture. Et c’est aussi en cela que le domaine des Treilles est fabuleux : il y a plein d’histoires à raconter autour. C’est d’ailleurs pour cela que vous êtes là, non ?". En plein dans le mille, Jo.

     

    En savoir plus :

     

    Réserve naturelle régionale : kezaco ?

    Une réserve naturelle régionale (RNR) est un territoire reconnu pour ses richesses naturelles : faune, flore, patrimoine géologique… La labellisation par les conseils régionaux vise à protéger ces espaces fragiles et à assurer leur pérennité : ils ne peuvent être détruits ou modifiés. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les visiteurs à la biodiversité. La demande de classement se fait à l’initiative du propriétaire. La Région évalue ensuite l’intérêt écologique de la zone. En cas d’avis favorable, un plan de gestion est alors élaboré en concertation avec les acteurs locaux (collectivités, propriétaires et usagers) pour une période de six ans. Des aides prennent en charge une partie des frais occasionnés par les actions de restauration ou de préservation du milieu. En Pays de la Loire, une dizaine de sites sont classés, et à terme, ils devraient être une vingtaine. En Bretagne, six zones sont concernées sous l’appellation "espaces remarquables de Bretagne".

    Liste des RNR des Pays de la Loire

    Informations sur les espaces remarquables de Bretagne

     

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    Alexandra Jore - Journaliste
    Alexandra Jore - Journaliste

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