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Pari réussi. Un peu plus d'an après son ouverture, en avril 2010, le parc ludique Terra Botanica a déjà attiré plus de 200 000 visiteurs. Pourtant, aucun grand huit ou train fantôme à l’horizon… mais plus de 2 000 espèces de plantes, de l'arbre à caramel au palmier poilu, en passant par d'étranges fleurs carnivores abritées sous des serres géantes. Partout, le regard échoue sur une multitude de couleurs éclatantes, de formes incongrues, de fantaisies végétales, de poissons exotiques... Ce vaste jardin enchanté, situé aux portes d'Angers, se découvre en naviguant dans des gabares, en explorant les cimes dans une coque de noix, ou encore en s'immergeant dans un spectacle de cinéma multisensoriel. Au total, le parc propose ainsi une quarantaine d'animations qui nécessitent pour le moins un long après-midi de balade. Elles permettent de se familiariser avec le végétal sous toutes ses facettes : historique, géographique, scientifique, esthétique...
"Nous tentons de sensibiliser le grand public à la question de la biodiversité, notamment les jeunes générations qui sont de plus en plus souvent déconnectées de la nature et qui ignorent parfois jusqu'au cycle des saisons", explique Nicolas Moulin, directeur de Terra Botanica. "Mais notre maître mot, c'est le plaisir. Les gens doivent venir tout simplement pour passer un bon moment. Nous utilisons donc les jeux et le cinéma, car ce sont de bons médiateurs et que cela ne sert à rien d'abreuver les visiteurs de texte". Une approche pédagogique originale qui a déjà trouvé son public, essentiellement familial, et qui devrait rapidement permettre au parc de remplir son rôle implicite, à savoir celui de locomotive touristique de l'Anjou. Au cœur du jardin, dans la boutique, on trouve d'ailleurs un point d'information qui renvoie les visiteurs vers d'autres sites régionaux.
"Vitrine du pôle végétal"
Pour mener à bien ce projet, 15 acteurs de proximité se sont groupés au sein d'une société d'exploitation mixte : le conseil général du Maine-et-Loire, la ville et la métropole d'Angers, des banques, des sociétés privées... Ensemble, ils ont investi 94 millions d'euros dans la construction, en espérant générer à terme huit millions d'euros de retombées annuelles dans le transport, la restauration ou l'hôtellerie. Un pari qui ne doit rien au hasard et qui repose sur une véritable spécificité locale : une filière économique dédiée au végétal, aussi dynamique qu'innovante.
Arboriculture, horticulture, semences, viticulture, plantes médicinales... le savoir-faire des Pays de la Loire est en effet réputé à l'échelle européenne et représente plus de 25 000 emplois. Depuis 2005, entreprises et centres de recherche se sont d'ailleurs regroupés au sein du pôle de compétitivité Vegepolys qui participe tout naturellement à l'aventure. "Terra Botanica ne pourrait pas exister ailleurs. Nous sommes portés par une collectivité et nous avons une mission d'intérêt général : divertir, éduquer, mais aussi faire découvrir cette économie de proximité et créer des vocations. Nous sommes la vitrine du pôle végétal, c'est une opportunité qui nous permet de faire la passerelle entre professionnels et grand public et de gagner en visibilité".
Cette dynamique explique la présence, juste à côté du parc, d'un centre d'affaires destiné à accueillir des séminaires ou des cocktails. Un véritable succès puisqu'en 2010, plus de 20 000 personnes ont franchi ses portes, "un chiffre bien au-delà des espérances initiales". Les acteurs de la filière végétale ont par ailleurs été sollicités en priorité pour entretenir le parc. Les plantes sont donc toutes issues de pépinières locales. Cet approvisionnement en circuit court concerne l'ensemble du réseau : impossible de trouver une canette de Coca, y compris dans l'unique fast food ! À quelques mètres de ce dernier, un chef étoilé concocte des menus bio à petits prix (moins de dix euros) tandis que la boutique de souvenirs propose des produits fortement identitaires. Parmi les vendeurs, on peut avoir la surprise... de tomber sur le directeur ! Comme tous les employés qui travaillent en bureau, il s'astreint, "avec plaisir", à occuper ponctuellement des fonctions d'accueil du public.
Évidence éthique
Dernier point sur lequel Terra Botanica se veut exemplaire : la protection de la nature et les économies d'énergie. Pour les plantes, seuls les produits bio sont autorisés. Des ombrières atténuent les écarts thermiques dans les serres tandis qu'un système de gestion technique des bâtiments permet d’éclairer ou d’éteindre toutes les lumières à des heures précises. Une chaufferie au bois fournit l'eau chaude et des panneaux photovoltaïques ornent le toit du restaurant. Enfin, les eaux de pluie sont réutilisées pour l’irrigation ; les sols du parking n’ont pas été imperméabilisés et le paillage des cultures est systématique pour éviter les dispersions. Au final, "le réseau hydraulique fonctionne en circuit fermé" et même si l'autonomie énergétique du parc n'est pas totale, elle tend à être maximale. "Nous n'en faisons pas un axe de communication, car cela doit être la règle et non l'exception, une évidence sur laquelle on ne se pose même pas de question. Et puis, nous n'avons pas assez de recul et ce n'est pas encore gagné. Il faut du temps pour avoir une organisation optimale !"
En attendant, le site a déjà permis de créer 35 emplois permanents et 65 saisonniers. Après moins de deux ans d'exploitation, l'été 2011 s'annonce exceptionnel : plus de 280 000 visiteurs sont attendus, notamment grâce à l'arrivée du tramway aux pieds de l'entrée, en juin dernier. Et si jamais Terra Botanica atteignait son seuil maximum de 400 000 visiteurs, il serait encore possible de réagir : le parc exploite actuellement 11 hectares, mais dispose d'une réserve foncière de 25 hectares qui lui assure les moyens... d'une croissance tropicale !
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Le parc est ouvert du 9 avril au 30 septembre et du 20 octobre au 2 novembre, de 10 h à 19 h en juillet et en août, jusqu'à 18 h le reste de l'année. Tarifs : 17,50 € ; enfants : 10 € ; forfait famille : 50 €. Téléphone : 02 41 25 00 00.
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