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    L'épopée de Corentin De Chatelperron, petit prince des mers et du low tech

    Corentin De Chatelperron sur son bateau Corentin De Chatelperron sur son bateau - © Gold of Bengal

    Le jeune explorateur morbihannais, Corentin De Chatelperron, est parti trois ans à la découverte des low-technologies du monde entier. Écolo et humaniste, il n'en est pas à son coup d'essai. Nous l'avons rencontré à Concarneau, le port d'attache de son catamaran-laboratoire, quelques jours avant le grand départ.

    Avec sa tignasse bouclée et son visage d'ange, Corentin De Chatelperron n'a pas franchement l'allure d'un vieux loup de mer, plutôt celle d'un petit prince. Pourtant, à 33 ans, cet ingénieur morbihannais a déjà vécu de sacrées aventures, à l'image de ses modèles Antoine de Saint-Exupéry, Henry de Monfreid ou Bernard Moitessier. Corentin a travaillé dans un chantier naval du Bangladesh, navigué en solitaire 14 000 km sur un petit bateau en fibres de jute et, depuis le 23 février dernier, il s'est lancé avec son association Gold of Bengal dans un tour du monde des low-tech.

    Pendant trois ans, Corentin et deux de ses coéquipiers vont rencontrer des inventeurs de technologies simples et accessibles, respectueuses de l'environnement et utiles à la résolution de problématiques vitales comme la production d'énergie, l'accès à l'eau potable, le transport, l'alimentation ou les soins médicaux. "90 % des ingénieurs et designers du monde entier travaillent pour 10 % des plus riches de la planète. Nous, on n'a ni chercheurs ni labos de fou, mais on a l'intelligence collective pour mettre au point des solutions d'intérêt général, moteurs de développement durable et local", explique-t-il.

    Nomade des mers, un labo flottant de recherche

    L'équipage (de gauche à droite) :  Roland Jourdain, skipper sur la première étape, Pierre-Alain Levêque, Elaine Le Floch et Corentin de Chatelperron L'équipage (de gauche à droite) :  Roland Jourdain, skipper sur la première étape, Pierre-Alain Levêque, Elaine Le Floch et Corentin de Chatelperron

    Avec son association, Corentin De Chatelperron a imaginé le vaisseau de ses rêves : un catamaran qui servirait de laboratoire flottant pour tester en conditions réelles les inventions du monde entier, les labelliser et les partager sous forme de tutoriels vidéo sur la plateforme web collaborative Low-tech Lab , également créée par Gold of Bengal.

    Le Nomade des mers mesure 14 mètres de long sur 7 de large. À l'intérieur, on trouve cinq à six couchettes ; deux serres pour la culture de plantes comestibles et médicales ainsi qu'un "laboratoire électrique" où sont centralisées les mesures (capteurs d'hygrométrie, PH, température et luminosité) ; un atelier mécanique avec tour à pédale, fer à souder et pédalier à électricité ; un vivarium pour élever des insectes comestibles ; un réchaud à économie de bois ; une éolienne ; des panneaux solaires ; un poulailler, etc. Le bateau devrait, au bout de trois ans, faire la démonstration d'une autonomie… quasi complète.

     

    Le prototype du Nomade des mers

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    Reportage de la chaîne locale Tébéo sur le Nomade des mers

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    Charbon vert, pyrolyse plastique ou spiruline... 15 innovations en 2016

    Elaine et Pierre-Alain en pleine préparation de l'expédition ©Romain Gicquiaux Elaine et Pierre-Alain en pleine préparation de l'expédition ©Romain Gicquiaux

    Le Nomade des mers vient d'achever sa première escale au Maroc. Corentin, Elaine et Pierre-Alain ont rencontré Medhi Berrada et son dessalinisateur d'eau de mer. Au Sénégal, où la déforestation fait de gros dégâts, ils découvriront le charbon vert. Au Brésil, le biocarburant. À Madagascar, ils rencontreront des producteurs de spiruline, une algue hyperconcentrée en nutriments, idéale pour les populations pauvres. Puis ce sera le Mozambique avec les éoliennes, le biogaz en Inde ou encore la pyrolyse plastique au Sri Lanka... Pas moins de 15 escales sont prévues cette première année.

    "Pour moi, les besoins de base doivent être solutionnés localement. Si tu arrives à résoudre tes besoins de base là où tu habites, tu n'es plus sous la coupe de quelqu'un, d'un gouvernement qui te donne à manger ou d'une multinationale qui te fournit de l'eau. Tu gagnes en sécurité et en liberté." La motivation de Corentin n'a pas changé depuis le début de ses aventures : trouver des systèmes alternatifs pour renforcer l'indépendance des populations pauvres.

    14 000 km dans un bateau en fibres de jute

    Une low-tech : le pédalier à électricité installé sur le bateau ©Romain Gicquiaux Une low-tech : le pédalier à électricité installé sur le bateau ©Romain Gicquiaux

    En 2009, diplôme d'ingénieur en poche, il rejoint le chantier naval Tara Tari du Français Yves Marre, au Bangladesh. Ce dernier se bat pour la préservation des bateaux traditionnels, a monté un hôpital flottant pour les pêcheurs et créé la première compagnie de sécurité maritime du pays.

    Le jeune Corentin n'a qu'une idée en tête : réhabiliter le jute, une plante qui pousse à profusion au Bangladesh, et l'utiliser dans la construction des bateaux comme alternative à la fibre synthétique de verre. Peu écologique, ce savoir-faire est, qui plus est, détenu par les firmes occidentales. "Si j'arrive à cet objectif avant que la fibre de verre ne s'installe dans le pays, ce sera un tournant écologique et économique pour le Bangladesh", écrit-il dans L'aventure de Tara Tari, le récit de son voyage.

    Il construit un bateau composé à 40 % de fibres de jute et matériaux de récupération et se lance dans un périple en solitaire de 14 000 kilomètres. Sans aucune connaissance en navigation, il rallie le Bangladesh à la France en six mois sur une presque coque de noix et relève son défi en prouvant que le jute est viable dans la construction des bateaux. "Jute does it ! ", s'écriera Corentin en arrivant à Marseille.

    Pionnier des expéditions écologiques et scientifiques

    Aujourd'hui, c'est Roland Jourdain, ex-skipper vainqueur de la Route du Rhum, qui le chaperonne sur le projet Nomade des mers. Fondateur d'Explore, un fond de soutien aux explorations maritimes écologiques basé au port de Concarneau, Roland soutient humainement, financièrement et logistiquement le projet de Corentin. "Il y a de plus en plus d'équipage sur Terre et de moins en moins de bouffe dans les cales. Il y a une équation à trouver. Nomade des mers a, en ce sens, un côté pionnier."

    Le petit prince des mers est reparti pour trois ans, en orbite cette fois-ci autour de la planète low-tech. Le Nomade des mers a quitté le port de Concarneau il y a un mois et demi. Il vient juste d'arriver au Sénégal, la deuxième étape de l'expédition. "Belle mer, soleil, tout le monde OK, 4 œufs".

     

    En savoir plus :

     

    Des news des navigations et aménagements à bord de Nomade des Mers.News about the sailing and the onboard amenities.

    Posté par Nomade des Mers - Low-tech Lab Expedition sur mercredi 16 mars 2016

     

    Sophie Babaz

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