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    Oudon : du wwoofing à la française dans les jardins de Pimba

    Wwoofers et saisonniers s'activent autour des pommes Wwoofers et saisonniers s'activent autour des pommes

    Orchestré par les mains vertes d'Hélène et Laurent Jouve, le potager-verger biologique les "Jardins de Pimba*"est le résultat d'une vie faite de voyages. Un retour à la terre qui ne met pas fin à leur soif d'ouverture sur le monde. Bien au contraire : le couple partage cette passion avec de jeunes wwoofers soucieux de découvrir les méthodes de production biologiques.  Reportage au lieu-dit "Pierre Blanche" de la commune d'Oudon (44) où leur ferme se déploie sur 28 hectares.

    Joues roses, cheveux coupés court, Hélène Jouve parle très vite. Entre deux clients qu'elle guette du coin de l’œil, elle énumère son parcours. Comme ses paroles, sa vie défile à deux cents à l'heure. Du Cameroun au Niger en passant par Paris pour finalement atterrir en Loire-Atlantique, la vie des époux Jouve n'est pas banale. Construite sous le signe de l'engagement humanitaire, de la rencontre et de l'amour de la terre, leur histoire s'est écrite au fil des voyages (voir encadré).

    Complètement wwoof

    Portrait des deux wwoofers Très rapidement, la ferme des Jardins de Pimba, créée en 1999, est devenue un lieu d'accueil, de rencontres et d'échanges : "Entre les amis africains de passage, les stagiaires et apprentis qu'on héberge chez nous et nos quatre enfants, la maison est toujours pleine ! Mais ça fait partie de la tradition de nos familles", explique Hélène. Début 2013, les époux découvrent le wwoofing. Séduits immédiatement par le concept, ils s'inscrivent sur le site français et accueillent les premiers wwoofers en février : "ça coulait de source".

    L'automne est là. Wwoofers et saisonniers s'activent autour des pommes. L'ambiance est bon enfant. Emmanuelle Duveau (28 ans) et Emmanuel Kerderrien (26 ans) donnent un coup de main, apprennent et observent. Leur statut est bien différent de leurs collègues saisonniers : ce sont des wwoofers**. Mais cela ne signifie pas que ce sont seulement des baroudeurs étrangers qui cherchent une autre façon de voyager ! S'ils sont venus, c'est aussi pour construire leurs projets, de vie ou de carrière. Tout juste arrivés, Emmanuelle et son homonyme masculin ont soif de connaissances. Attirés par les méthodes de production biologique, le wwoofing va leur permettre de construire leur avenir et d’allier philosophie de vie avec choix de carrière.

    Retour à la terre

    Hélène et Laurent Jouve

    Hélène et Laurent Jouve

    Après une formation agricole, Laurent part pour l'Afrique en 1980 "pour ne pas faire son service militaire", raconte sa femme, Hélène. Il passera six ans au Niger en service volontaire international. Là-bas, il devient directeur d'une coopérative maraîchère. Pendant ce temps, Hélène est infirmière. En 1985, elle se forme à la médecine tropicale en Belgique et part au Cameroun pour soigner les populations pygmées. De retour en France, les deux globe-trotters se rencontrent au sein de l'association France volontaires. Ils se marient en 1991 et auront quatre enfants. Pendant qu’Hélène travaille en prison avec la Croix Rouge, Laurent est chargé d’études et de mission à Rungis* pour le Comité de liaison Europe Afrique Caraïbe Pacifique (ColEACP) où il conseille les producteurs et exportateurs africains de fruits et légumes (haricots verts, mangues, ananas, litchi, etc.).

    En 1998, alors que toute la France crie "allez les Bleus", les Jouve rêvent plutôt d'une mise au vert. "On avait envie de changer de vie, et surtout, de rythme. On voulait s'installer à la campagne avec les enfants." Vœu exaucé un an plus tard, à Oudon, où le couple décide de faire son entrée dans le monde paysan. "À quarante ans, c'était un peu limite pour nous qualifier de jeunes agriculteurs",  s'amuse Hélène. Sur 20 hectares de vergers, ils commencent par poursuivre le travail de l'ancien exploitant. Rapidement, ils plantent des légumes, diversifient leur production et finissent par passer en biologique** pour l'ensemble du potager et du verger. Les jardins de Pimba sont nés.

    * Plus grand marché de produits frais au monde.

    ** Depuis 2010, l'ensemble de l'exploitation est certifié bio par Ecocert.

    Témoignages de wwoofers

    Emmanuelle, 28 ans, fille d’arboriculteur et originaire du Pays d'Azay-le-Rideau (37) :

    "Je suis arrivée hier. J'ai choisi de venir ici, car il y a une diversité de production incroyable. J'ai connu le wwoofing par des amis qui en ont fait à l'étranger et en France. L'avantage, c'est qu'on est libre d'organiser notre journée comme on le souhaite. Ici, il y a une équipe qui s'occupe de récolter les pommes, une autre du maraîchage, et la dernière est à la vente. Ce matin, Laurent m'a dit d'aller sur le chantier qui m'intéresse. Je vais donner un coup de main au niveau des récoltes. Mais mon objectif, c'est de comprendre les démarches des producteurs. Jusqu'en août dernier, j'étais agent de développement local en milieu rural dans la Manche. J'ai fait ça pendant quatre ans. Aujourd'hui j'ai envie de me spécialiser dans l'appui de projets pour aider les producteurs locaux à développer leurs circuits de commercialisation. Les circuits courts, c'est ça qui m'intéresse. En faisant du wwoofing, je veux acquérir une approche de terrain pour être en capacité de maîtriser ces enjeux dans mon travail, plus tard. Pour moi, c'est une sorte d'autoformation."

    Emmanuel, 26 ans, originaire du Rhône-Alpes (mais qui a un pied-à-terre à Nantes) :

    "Je suis là depuis mercredi. J'avais envie de travailler dans des fermes biologiques, et d'en faire plusieurs. La semaine dernière, j'ai fait du maraîchage dans une ferme à Joué-sur-Erdre (44). J'irai peut-être à l'étranger plus tard. Avant j'étais sur Paris, à Châtelet - les Halles, où je travaillais dans une association qui aide les prostituées et les SDF. Et puis j'ai eu envie de changer. J'ai l'idée depuis longtemps de développer un écoprojet englobant de la production biologique qui tendrait vers un écovillage. Pour moi, le bio, c'est développer une alimentation saine avec des méthodes saines. J'aime cette façon de repenser la production. Le wwoofing, c'est aussi un moyen de se ressourcer et une bonne transition entre le professionnel et le personnel. On n'est pas dans du lucratif. J'ai fait des études d'économie en école de commerce justement pour comprendre le système que je critiquais. Et je reste convaincu qu'à partir du moment où la finalité est de créer de l'argent, cela ne va pas dans le sens de l'humanité. J'ai envie de plus d'humain et de plus d'écologie."

    Une parenthèse utile

    Pour eux comme pour d’autres, le wwoofing n'est pas qu'une parenthèse, dans leur vie. Depuis qu’ils se sont inscrits sur  www.wwoof.fr, les époux Jouve ont fait de belles rencontres, souvent motivées par une quête de soi : "Depuis que nous nous sommes inscrits sur le site, en février dernier, nous avons accueilli majoritairement des Français, mais aussi un Australien, un Américain, un Anglais... Les premières demandes venaient de la région nantaise. Nous avons vu pas mal de gens en recherche d’un projet de vie ou en reconversion professionnelle. Certains s’impliquent beaucoup plus que d’autres. Nous avons par exemple reçu un wwoofer français qui a profité de son séjour pour apprendre à faire du pain au levain parce que c’était son truc. D'autres sont en rébellion contre la société, en recherche d’un équilibre, ou ont simplement besoin de changer d’air", raconte Hélène.

    Tel un rite initiatique, ce séjour pourrait bien faire germer de belles idées dans la tête de ces jeunes curieux. La récolte s’annonce fructueuse.

     


    * Pimba signifie plantation ou champ, en langue Bagandou du Cameroun.

    ** Ils font partie du WWOOF (World-Wide Opportunities on Organic Farms), un réseau international qui regroupe des fermes biologiques prêtes à accueillir des volontaires qui souhaitent découvrir le quotidien dans ce type d'exploitation en échange du gîte et du couvert. Créé en 1971 en Angleterre, le mouvement s’est progressivement diffusé dans le monde entier. Une centaine de pays font à présent partie du réseau. En France, Le wwoofing existe depuis fin 2007 et compte environ 500 hôtes et plus de 10  000 wwoofers par an.

     

     

    Pour aller plus loin :

    Les Jardins de Pimba :

    248, Vergers de Pierre Blanche - 44521 Oudon : http://pimbafruits.free.fr

    Site officiel du wwoofing en France : www.wwoof.fr

     


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    Capucine Saez - Journaliste
    Capucine Saez - Journaliste

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