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    Systovi : survivre dans le "Far West" du photovoltaïque

    Dans les locaux de l'entreprise Systovi, à Saint-Herblain Dans les locaux de l'entreprise Systovi, à Saint-Herblain - © Thibault Dumas

    L’éclatement de la bulle spéculative autour du photovoltaïque laisse un marché mondial dominé à 68 % par les entreprises chinoises, japonaises et américaines. Chahutés par la bourrasque tarifaire et les turbulences réglementaires, les quelques fabricants français restants parient sur l’innovation. Comme chez Systovi, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), où l'on navigue désormais entre soleil, air et eau.

    Cessation de paiements, redressement judiciaire, liquidation mjudiciaire… Un triumvirat qui a bien failli s’abattre sur Systovi. C’était en 2011. Le chiffre d’affaires de la PME herblinoise, spécialisée dans les panneaux photovoltaïques, "dévisse" alors à six millions d’euros. À la clôture du premier exercice, deux ans plus tôt, il était de 19 millions d’euros. Pour éviter la faillite, deux tiers des salariés sont licenciés (60 sur 90).

    "Nous avons vu la mort en face", synthétise crûment Vincent Arrouet, 38 ans, directeur commercial et marketing, le regard figé. Aujourd’hui, l’entreprise cofondée par trois anciens de Saunier Duval – spécialiste du chauffage – a (re)trouvé une place au soleil : 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, 25 % de croissance annuelle, 60 salariés.

    Des chercheurs d’or aux "écodélinquants"

    Mais que s’est-t-il passé ? D’investissement écologique, le solaire s’est transformé en lucratif placement financier au début du XXIe siècle, du fait de tarifs avantageux de rachat de l’électricité impulsés par l’Allemagne. La France suit en 2006, avec un barème plus rémunérateur encore complété par une TVA à 5,5 % et un crédit d'impôt sur les équipements, fixé à 50 % pour les particuliers. Ils représentent 95 % des clients finaux de Systovi, par exemple.

    C’est la ruée vers le photovoltaïque qui accouche d’un véritable Far West vert avec ses néochercheurs d’or en tout genre, ses intermédiaires douteux en nombre et mêmes ses "éco-délinquants". Subventionnés comme les autres, mais moins coûteux, les panneaux solaires chinois inondent le continent européen. Vincent Arrouet euphémise : "tous les acteurs professionnels de ce marché n’ont pas été à la hauteur de la technologie, notamment au niveau de l’installation".

    La machine s’emballe : d’un trimestre sur l’autre, la croissance est quasiment de 50 % pour la maison individuelle en 2009. Cette année-là, le photovoltaïque pèse pour 2 % du déficit commercial hexagonal, selon un rapport alarmiste de l’Inspection générale des finances (IGS). Le shérif gouvernemental perce la bulle spéculative quelques mois plus tard, avec une baisse des tarifs de rachat suivie d’un moratoire sur la filière.

    Mécaniquement, le nombre de producteurs français passe d’une vingtaine à sept en 2016 : FranceWatts, SCNAsolar, Sillia VL, SunPower, Systovi, Voltec Solar et VMH Énergies. Au niveau mondial, le marché est désormais dominé à 68 % par les entreprises chinoises, japonaises et américaines. Les Herblinois sont donc à proprement parler des survivants, leaders dans l’Ouest, deuxièmes sur le plan national.

    L’envol de l’aérovoltaïque

    Chiffres clés

    • 10 870 emplois directs dans la filière photovoltaïque en France fin 2014 (chiffres du baromètre Observ’ER). Leur nombre a été divisé par trois avec l’éclatement de la bulle spéculative, on en comptait 31 970 en 2010.

    • 376 MWc (Mégawatt-crête) de puissance photovoltaïque raccordée en Pays de la Loire fin 2015, contre 175 MWc en Bretagne. Ce sont respectivement les 6e et 9e régions de France métropolitaine sur 13. Si l’on recense les sites, 39 454 contre 18 426, elles se classent 4e et 7e.

    • 32 milliards de panneaux solaires, environ, couvriraient la consommation électrique annuelle de la planète, selon une projection datant de 2005 de l’Université technique Carolo-Wilhelmina de Brunswick (Allemagne). Sur un an, 120 000 panneaux solaires sont produits par Systovi à Saint-Herblain.

    Le planche de salut fut la mise au point précoce "de produits qui sortent de l’ordinaire", dixit Yves Leport, 57 ans, responsable recherche et développement depuis cinq ans chez Systovi. R-VOLT, qui compte désormais pour deux tiers de l’activité de la PME, en est le pistolet à six coups. Comme toute technologie ingénieuse, elle semble diablement simpliste : 15 à 20 % de la puissance générée par la radiation solaire peut être transformée en électricité par les cellules photovoltaïques. Les 80 à 85 % restants est du chaud qui s’évapore dans le ciel. Pourquoi ne pas le récupérer pour irradier l’habitat ?

    Yves Leport se fait pédagogique lorsqu'il aborde l’aérovoltaïque. "Sous le verre du panneau, on a une couche d’air étanche qui va chauffer progressivement grâce à la chaleur qui s’accumule en surface. Par cette astuce, on augmente considérablement l’efficacité de la production électrique et on permet de produire en parallèle de la chaleur injectée par le biais d’un module intelligent, lui-même régulé par un thermostat" (et, bientôt, réglable sur smartphone)...

    Les tuyaux peuvent aussi alimenter une chaudière spécialement conçue avec l’entreprise vendéenne Atlantic, leader sur le marché du chauffe-eau national. Une fabrication 100 % française, même si les cellules solaires sont désormais en provenance exclusive d’Asie (Chine, Malaisie), où le raffinage puis le découpage du silicium peut avoir des conséquences environnementales désastreuses.

    Autre fausse note : impossible (pour l’instant) de "déphaser" rayons de soleil et propagation du chaud dans la maison, c’est-à-dire de stocker la chaleur de la journée pour la diffuser la nuit. Les radiateurs, poêles à bois et autres cheminées restent donc indispensables. La performance du système dépend aussi fortement de l’efficacité énergétique du bâtiment – la fameuse réglementation thermique 2012, bientôt 2020.

    Car le système R-VOLT, primé à plusieurs reprises (trophée Territoire et Innovation, prix Batimat), permet surtout à Systovi de prospérer sur les deux grandes tendances réglementaires du moment. Premièrement, l’autoconsommation de l’habitat privilégiée à la production d’électricité rachetée. Mais aussi la toiture-panneaux solaires harmonieuse imposée par les architectes des bâtiments de France à la place des capteurs maladroitement posés sur les tuiles.

    Le bruit et la chaleur

    "Fondamentalement, le marché du solaire est de plus en plus dans le résidentiel, on l’observe partout dans le monde. C’est l’énergie décentralisée qu’on autoproduit et qu’on autoconsomme, à l’instar du potager que vous avez dans votre jardin", argumente Vincent Arrouet, directeur commercial de Systovi, en se vantant d’avoir "la technologie qui a le plus de sens" et "une ambition mondiale".

    Le nœud (coulant) du problème est aussi le circuit de vente du producteur au particulier, qui passe par le distributeur et l’installateur. Malgré l’éclatement de la bulle photovoltaïque, on recense encore 300 à 400 de ces intermédiaires sur le marché photovoltaïque, plus les artisans qui toquent à la porte. Systovi a décidé de former et professionnaliser les siens, label à la clef. Retrouver la confiance des clients, apeurés par des années de rixe entre cow-boys et indiens, est à ce prix.

    Pour l’instant, 300 panneaux sortent chaque jour de l’assourdissante et parfois suffocante chaîne de fabrication de Saint-Herblain, alors que la capacité de production maximale est d’environ 600-650. Céline Tixier, 34 ans, une des 20 ouvriers du site, aime réparer les "strings" qui raccordent les panneaux de 54 ou 60 cellules entre eux. "Faire du photovoltaïque, c’est quand même travailler un produit assez sympa et assez beau. On parle de plus en plus d’environnement, du nucléaire qui devient désuet, quelque part on se sent utile". Son envie, une fois propriétaire dans son village de Prinquiau (Loire-Atlantique) ? Installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de sa maison, bien sûr.

     

    En savoir plus : www.systovi.com

     

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    Thibault Dumas
    Thibault Dumas

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