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Lettre à Tartempion - le réveillon du Nouvel an et l'augmentation du prix de l'électricitéCher Tartempion,

Comme tu le sais, le premier janvier tombe cette année au début de l'année. Je ne doute pas que tu aies tout tenté pour éviter qu'on en soit réduit à cette dernière extrémité. Malgré tes efforts, ce jour inaugural de janvier arrive donc, et derrière, aussitôt, comme une lame de couperet, le 2 janvier est là en embuscade, inéluctable, impitoyable.

la lettre à Tartempion - La PosteCher Tartempion,

La vie quotidienne est pleine de surprises. Figure-toi que l'autre jour, comme ça, je m'en vais à La Poste chercher une lettre surtaxée. Je ne veux pas te parler ici du phénomène qui brime le destinataire pour une faute qu'il n'a pas commise. Passons. D'ailleurs j'ai refusé la lettre en voyant que c'était une pub d'un fabriquant de pinard. Je veux te parler d'autre chose. Quelle n'est pas ma surprise en découvrant, grâce à mon sens aigu des détails, la tenue de la dame qui s'occupe de moi. Tout à fait correcte, rassure-toi.

Finances, rigueur budgétaire, Sarkozy : la lettre à TartempionCher Tartempion,

Comme tu le sais, l'hiver sera rigoureux. On nous l'a annoncé, et si j'ai bien compris l'avertissement, il n'y aura pas la moindre aide pour acheter une petite laine, un caleçon en flanelle ou un Thermolactyl en angora synthétique ignifugé. Nous voilà condamnés à grelotter tous ensemble.

la lettre à Tartempion - les simulateursCher Tartempion,

Je viens auprès de toi prendre la défense des mètres carrés injustement foulés aux pieds. Il faut que tu fasses prospérer en haut lieu le principe d'un droit d'ingérence sur ces territoires. L'affaire, il est vrai, aurait pu passer inaperçue. Sans la présente lettre, qui aurait su que les simulateurs de golf se multiplient, où des aficionados cognent sur des petites sphères blanches avec un genre de bâton terminé par une protubérance ? Inouï, non ?

La lettre à tartempion - les sénateursCher Tartempion,

Il y a des moments, comme ça, où il y a des choses qui se passent. Et j'ai bien l'impression qu'on est précisément à cet instant-là. Si je dis ça, c'est sous couvert des événements, ça va sans dire. Ça peut te paraître incroyable, mais il y a en France des gens que l'on met à l'écart. Et si je te parle de la France, c'est bien de celle d'aujourd'hui, pas celle d'Henri IV, ni de Maurras ou de Sacha Guitry. Ça se passe aujourd'hui, à cinq minutes de la nationale en passant par Cerans-Foulletourte, dans la Sarthe.

La lettre à tartempion - les sénateursTrès cher Tartempion,

C'est décidé, j'ai besoin de toi. Parce que vois-tu, à suivre l'actualité, on finit par avoir des idées. Et justement, les élections sénatoriales m'ont donné l'idée du siècle. En tout cas de mon siècle à moi, en ce moment et tout de suite. Je voudrais très sérieusement être sénateur et j'ai de sérieux atouts à faire valoir, si tu veux bien m'appuyer. Tu peux d'ailleurs considérer cette missive comme une lettre de motivation, en quelque sorte. Mes atouts, donc. D'abord, la notion de train de sénateur n'a pratiquement aucun secret pour moi. Mon grand-père était cheminot. Comme il est dit que les sénateurs disposent gracieusement de billets SNCF illimités en première classe, je pourrais ainsi rendre régulièrement hommage au Pépé Émile, grand-paternel du côté de ma mère. Quant à l'autre grand-père, il était artisan, fabriquant de fauteuils, si ça peut aider... Il a toujours fait des sièges confortables, cossus.

Cher Tartempion,

Comme tu le sais, on a supprimé bien des horloges à l'air libre, qui ornaient nos monuments et offraient au tout venant le bénéfice d'une indication horaire instantanée. C'est tellement déplorable que je serais prêt à le déplorer, si j'avais un peu le sens de la déploration de cette fin de l'heure au fronton de la gare, moulinant les heures des départs et les minutes des arrivées, hoquetant les retards et exceptionnellement les avances, tricotant des aiguilles, sautillant rarement pour rattraper un direct Paris-Montparnasse, anticipant parfois les avances sur les retards.

Lettre à TartempionCher Tartempion,

C'est arrivé. En plein jour ! On a retrouvé une dent plombée dans une chipolata. À Guérande. Début août, pas mieux, on a déjà fait la découverte d'une dent dans un steak haché acheté à Angers. Ce n'est pas un cétacé sous une couche de gravillons, mais quand même. Les deux événements sont sérieux. L'Ouest est dans l'œil du cyclone.

lettre à tartempionCher Tartempion,

Tu me connais, je ne t'écrirais pas si je n'étais pas très inquiet. Cette fois, les enjeux sont d'importance : la sécurité routière est menacée dans les grandes largeurs, alors que de son côté, la moisson n'en mène pas large.

Le plancton - Tartempion - Terristoires.infoCher Tartempion,

Je me permets de te le dire crûment : j'ai faim. C'est d'ailleurs une préoccupation que je partage avec un milliard de crève-la-faim. Sauf que ces gens-là, ils sont loin. Soudanais, Ougandais, Kenyans… personne ne les connaît, encore moins leurs prénoms. Et puis eux, ils ont l'habitude de se faire rouler dans la famine. Mais moi, c'est pas pareil. Je ne sais pas quoi me mettre sous la dent et je me sens taraudé par des questions morales.

La lettre à Tartempion - Porno à la ferme - Terri(s)toiresCher Tartempion,

Je ne sais pas s'il y a un saint patron pour ça, mais sinon, tu pourrais peut-être exaucer ce vœu : délivre-nous des vacanciers ! C'est une vraie plaie. Un fléau qui doit être facile à circonscrire, puisqu'il attaque tous les ans aux mêmes dates.

La lettre à Tartempion - Marée noire - Terri(s)toiresCher Tartempion,

Et voilà que ça recommence, les rochers tartinés de pétrole gluant, le ressac alourdi de nappes noirâtres, les vagues molles et sombres, les plages souillées en profondeur, les puces de mer engluées, le goudron et les plumes pour les goélands… toujours les mêmes images de marée noire.

l'enveloppe pour la lettre à TartempionCher Tartempion,

Les inventeurs n'ont aucun sens de l'instant présent. On pouvait s'attendre à ce qu'un Geo Trouvetou génial nous déniche une solution pour conditionner les concombres en brique, histoire d'attendre des jours meilleurs, histoire de voir venir, à toutes fins utiles, et de pouvoir s'en taper une ventrée au milieu de l'hiver. Mais non. Rien du tout. C'est désespérant. La France est mal partie, crois-moi. Et toi qui ne dis rien… Proprement désolant. On fait bien peu de cas des concombristes et des concombropĥiles, ici-bas.

la lettre à TartempionCher Tartempion,

Tu n'as peut-être pas comme moi des amis kangourous. Chacun fait comme il peut pour élargir son cercle de relations, et je ne saurais faire mieux que d'encourager tout un chacun à se doter au plus vite d'accointances marsupiales. Parce que sans ces amis-là, je n'aurais pas pu être prévenu et je n'aurais pas pu acheter des cuissardes en caoutchouc avant le rush, tu sais bien, cette période de l'histoire qui sera bientôt connue par les archivistes comme le "grand rush vers les cuissardes en caoutchouc". Mais, me diras-tu, si tu te reportes au début de la phrase précédente qui ne brille ni par sa brièveté ni par sa clarté, je te l'accorde, prévenu de quoi ? Je te préviens, c'est dur à entendre.

La lettre à Tartempion - terristoires.infoCher Tartempion,

On ne peut pas rester comme ça, sans rien faire. Nos enfants nous le reprocheraient. Je t'explique : la vaccination a commencé en Mayenne. C'est dans le journal, ce qui est déjà un peu dangereux, je trouve, pour une maladie contagieuse. Parce que le journal, au Rendez-vous des sportifs, tout le monde le lit, et les pages du football, des nécrologies et de l'horoscope passent de main en main, j'ose même pas y penser. Demain, je mets des gants. Tant pis si ceux que j'ai sont vert fluo, j'attendrai dimanche pour faire la vaisselle.

La lettre à Tartempion de La Casinière - Terri(s)toiresMon cher Tartempion,

Tu t'en doutes, si je n'avais rien à déclarer, je ne serais pas là à m'escrimer devant cette feuille beige (la page blanche m'angoisse, je n'achète que du papier coquille d'œuf). J'ai donc à déclarer. Figure-toi que les Douanes jouent aux corsaires, saisissent pour le compte de l'État des marchandises, sous prétexte que ces artefacts ressemblent un peu trop à d'autres marchandises, qui leur ressembleraient elles-mêmes un peu. Enfin, il est inévitable que la ressemblance, quand elle est vraiment ressemblante, détienne fatalement une part de réciprocité, sinon bien sûr, on ne se demanderait pas qui a copié sur qui.

La Lettre à Tartempion - l'eau du robinetMon cher Tartempion,

La vie a encore augmenter. Je te le dis volontairement avec une faute d'orthographe, parce que je pense que ça va finir par nous tuer comme un truc mal écrit sur un mur de faits divers. La vie ? On ne pourra bientôt plus se l'offrir. D'ailleurs toi-même, réfléchis, depuis combien de temps tu ne t'es pas payé une bonne vieille vie toute neuve ? Tu vois, ça porte à la gamberge, le pouvoir d'achat. Tout est de plus en plus ric-rac. Même si c'est souvent plus raque qu'autre chose. Alors voilà : j'ai décidé de ne plus faire de tarte au gaz, et d'abandonner aussi les raviolis électriques. On ne peut plus se le permettre. Il ne reste que l'amour et l'eau du robinet. C'est presque gratuit. 3,05 € le mètre cube à Angers, soit mille fois moins que l'eau minérale en bouteille.

La lettre à Tartempion, par Nicolas de la CasinièreCher Tartempion,

Je ne sais pas si ça t'arrive fréquemment, mais si jamais tu tombais dans les pommes, autant t'affranchir où tu risques de tomber. On le sait depuis le jeu de croque-pomme originel : il faut se méfier autant des bipèdes sapiens de caryotype XX que des pépins qui vont avec. Mais ça, c'est de la légende, de la croyance et des racontars immémoriaux. La réalité est plus inquiétante. La pomme n'est plus ce qu'elle était. Elle n'est même plus ce qu'elle étaye, à savoir l'idée d'une nature franche et cordiale qu'avaient adoptée certains politiciens pour se donner un air naturel.

la lettre à Tartempion - blaireaux

Cher Tartempion,

Je ne voudrais pas t'importuner avec des billevesées. Mais là, si je me permets, c'est que l'heure est grave. Il faut un sursaut citoyen pour un combat important qui nous concerne tous, Français, gens de l'Ouest et de Navarre et poissons-chats. Non en fait, pas les poissons-chats. Bien que… Parce que vois-tu mon cher Tartempion, il faut ab-so-lu-ment que tu intercèdes pour une réhabilitation tous azimuts des blaireaux. On les prend pour des nullards, une bande de ringards, des moins que pas grand-chose, des pauvres types, presque des pauv' cons, si cette expression n'était désormais frappée d'un passif historique, marque déposée à l'Élysée, usage "copyrighté", et je ne sais encore rien des produits dérivés.

Tartempion Cher Tartempion,

Je t'ai parlé l'autre matin du groupe de facebouqueurs qui veulent faire du bas-mainiot la langue officielle de toute la Mayenne. Une folie, bien sûr. Un danger pour l'ordre républicain, et sa langue unique. Je ne sais pas si tu as pu en toucher deux mots à un député, mais en tout cas, je n'ai pas vu passer la loi. Mon intervention aura donc été efficace. Je n'en suis pas sûr cependant, je ne suis pas abonné au Journal Officiel. Avant, je l'achetais pour les mots croisés, mais il paraît que ça a changé, ils n'en publient plus, à ce qu'on m'a dit.

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Gwen Ha Du

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