Il est là, devant moi, immobile ; je fais comme si je ne l'avais pas vu, mais il me fixe avec ses petits yeux noirs et suit mes moindres gestes. Au début, j'ai cru qu'il volait, mais c'est juste qu'il se déplace avec grâce et légèreté. Chacun sa cité, chacun sa verticalité ; comme moi, il passe son temps dans les étages entre le ciel et la Terre.

Quand j'ai poussé la porte, un homme souriant et étriqué dans un costume démodé m'a accueilli, me soulageant d'un de mes sacs. Un autre est arrivé et m'a proposé de le suivre. Nous sommes allés dans une pièce où un troisième homme m'a salué et m'a dit : "vous connaissez déjà Michel et François, bienvenue chez nous". À cet instant seulement, j'ai compris de quel côté se trouvait chacun d'entre eux.

vieil homme On travaille, on travaille, on a plein de choses à faire, et un jour, sans crier gare -ni aéroport, d'ailleurs- tout s'arrête. Scène du quotidien de François Raboteau, chargé de clientèle à la mondiale du monde.

Le silence des arbres - une chronique de Zit Elle a perdu son mari. C'était un adulte de taille printanière avec un survêtement rouge et des lunettes de pluie. Tous deux s'étaient arrêtés quelques instants à l'ombre d'un catalpa pour écouter l'histoire émouvante d'un conteur kilométrique. Le soir tombant brutalement, ils l'évitèrent de justesse et se remirent en marche. Lorsqu'elle réalisa que son mari ne la suivait plus, elle rebroussa chemin jusqu'à la petite place des conteurs. Elle n'y trouva que le catalpa qui s'était refermé, enroulant dans ses feuilles les chats maigres de la nuit. "Encore un", se dit-elle.

enfant, mer M. Hollande parle d'imposer à 75 % les revenus au-delà d'un million d'euros, et l'on pense déjà à un exode massif des plus riches d'entre nous. Des carcasses fumantes d'Audi A8 et de Maserati sur les bas-côtés, des quignons de pain Poilâne et quelques tranches de jambon Serrano emportés à la va-vite au fond d'un sac Vuitton. Des camées écrasés sous les sabots de pur-sangs arabes terrifiés, une table de pique-nique improvisée au dos d'un Matisse, des fauteuils en cachemire, chanvre, soie et laine d'agneau éventrés, une liasse de billets servant à allumer un feu de camp devant les portes closes du Negresco. Des images insoutenables qui nous rappellent les pires heures de notre histoire. Immersion dans le quotidien de ceux qui doivent partir.

Les aîles du désir - être ange - Terri(s)toiresJ'ai quitté Kate avec la rage. C'était un minimum, pour la fille d'un pasteur. Aujourd'hui, je ne suis plus qu'un vague souvenir, un rêve errant. Il n'y a pas de médicament contre la tristesse, à part l'alcool peut-être, mais ça me ternit les plumes. Parce qu'il faut que je vous dise : je suis un ange, un messager, un facteur, quoi.

Bar à tadoussac J'ai un client. Ce sont eux qui nous font vivre et je n'en avais pas. C'est fait. Je lui ai donné rendez-vous ce matin à 11 h. J'aime bien la fin de matinée, on est en forme, le cerveau encore lavé de la nuit. Je vais me raser et m'habiller sobrement.

Des lumièresJ'hésitais entre des fleurs, un livre sur la cuisine méditerranéenne et une horloge. J'ai pris un aquarium. On n'a pas trouvé mieux pour faire tenir l'eau dans l'air. Je ne voulais pas de poisson, c'est l'eau que j'aime regarder. Le vendeur m'a parlé de corail et ça m'a rappelé les gros trains orange et gris de mon enfance. J'ai pris du corail.

Face à la crise, le gouvernement lance une taxe sur les rêvesL'État tablait sur un sursaut, un taux qui tape et bombe le torse

Un taux tampon à ceux qui tancent, à l'estomac de ceux qui dansent

Un taux tango de Tartarin dans les salons de nos Tartuffes

Tous pour un, un pour cent, ça sera moins, ça sera sans

Après l'opulence du Fouquet's, des petits dej' sans croissance

La Planête interdite - Terristoires.info- Qu'est-ce que je te sers, une Gold ?

- Non, MasterCard !

Cette vieille blague de banquiers ne doit pas nous faire oublier que le diable s'habille en Prada.

Un banc dans le brouillard, un vieillard aux cheveux blancs J'ai un cheveu blanc. J'ai le cheveu d'un papy ou d'une mamie sur la tête. Ça ne peut pas être le mien, j'ai les cheveux noirs. Il ne me fait pas peur, mais je l'arrache. On ne sait jamais, si ce cheveu avait le pouvoir de blanchir les autres. De toute façon il ne m'appartient pas.

Les jouets - ZistoiresElle baille devant la télé en tentant d'enfiler un pull qu'il faudra enlever parce qu'il est à l'envers, et surtout parce que c'est celui de son frère. Lui termine son match de 7 h 30 contre le Real de Madrid sur sa DS. De temps en temps, ils lèvent la tête pour regarder la pub et vous disent qu'ils veulent ça pour Noël. "Ça" c'est : Booster Dino King, Bakuboost, Pack Finger Skate. C'est Harumika (des chiens ! Avant, on jouait aux chiens, maintenant on joue à Harumika). C'est aussi Electromonstre Monster High, Slingers Starter Pack Star Wars ou la cabine du capitaine, mais celui-là, il doit être un peu chiant parce qu'on comprend.

 

Deux amoureux à la fenêtre - Terristoires.info Amour, je veux une maison.

Une maison comment ?

Une maison de campagne avec du terrain. Je veux un hectare.

Un nectar de quoi ?

Un hectare de terre.

Mamie sucre les fraises- J'ai une bonne nouvelle, Mamie, la famille va s'agrandir.

- C'est le 11 novembre, ton Papy va revenir. Il est avec ses copains médaillés. Tu parles d'une équipe, ils vont se battre toute la journée contre des pâtés en croûte et c'est même pas sûr qu'ils gagnent.

Le Tour de France Quand l'Homme quitta le nomadisme pour la Vendée ou la Loire-Atlantique, contrées moins hostiles aux terres fertiles et aux clubs de plages abondants, il se trouva soudain face à un nouveau rival jadis compagnon de chasse exemplaire, le loup. Robert Malardeau décida de tout plaquer pour reprendre le chemin de ses peurs enfantines. Voyage initiatique au cœur de légendes séculaires, portrait de Robert, l'homme qui danse avec les clous.

André MinvielleJ'ai rêvé ma ville de deux mains. Une main invisible pour l'économie : ici comme ailleurs, l'argent est roi. Mais dans ma ville, régie par un système organique multiple et confus, où l'on change de roi et de monnaie tous les jours, l'argent n'a pas le temps de monter à la tête, les rois n'ont pas le temps d'être rois… Pas de quoi nous rendre scherzo !

Laurent Dorchin Alors qu'il se maquillait les yeux avec des fleurs de guimauve, le taureau vit sa bouche lui sourire. "Vous souriez comme une moustache de gentilhomme", dit-il. "Je ne souris pas, dit la bouche, simplement, je la ferme".

Lorsque Zit rencontre Jean RochefortJ'étais parti pour faire la tournée des grands ducs. Une dernière nuit parisienne avant de disparaître. J'avais tout prévu, jusqu'à la lettre dans un taxi faisant croire à un suicide, et salut l'artiste. Changer d'identité et renaître au bout du monde. Fini le petit horloger de Saint-Paul, fini les malheurs d'Alfred. Alfred ! Quel prénom ridicule. À Holetown, on m'appellera Cartouche et je serai le mari de la coiffeuse du quartier Saint-James. Parfois l'œuf n'est pas pondu au bon endroit et j'avais les Barbades dans les veines. J'allais tout de même prendre le temps de mourir dans des funérailles aussi majestueuses que décadentes. Une ultime nuit follement branchée avant le calme des Caraïbes.

petites annonces de boulots Bien préparer son entretien d'embauche est essentiel pour se donner toutes les chances d'être choisi. Voici quelques questions pièges et les réponses les plus adaptées pour vous distinguer des autres candidats (entretien entre Jérôme Garandeau qu'on appellera Mr X et la DRH de la société Tuburlesque, fabriquant de tubes PVC de forme comique. 2011)

Café-théâtre "Autrefois, je considérais que chaque original était un malade et un anormal. Mais à présent, je considère que l'état normal d'un homme est d'être un original"

L'oncle Vania

Anton Pavlovitch Tchekhov

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