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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°9

    À Donges, l’escale des passereaux en route pour le grand Sud

    Hubert Dugué Hubert Dugué - © Franck Tomps

    Au fil de l'estuaire de la Loire, 9e ! Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps découvrent le travail des ornithologues de l'Acrola. Dans la roselière de Donges-Est, un paysage industriel… devenu abri privilégié de milliers de passereaux migrateurs. De la raffinerie de Donges à la centrale de Cordemais, un remarquable corridor écologique.

    Sur la D 90, au lieu-dit La Locheraie, un modeste abribus de quatre tôles est envahi d’herbes folles. « Non à Donges-Est ! » peut-on y lire en grosses lettres de peinture noire. Le fameux remblai, qui devait accueillir l’extension de la zone portuaire de Saint-Nazaire avant le gel du projet en 2009, commence juste derrière. Il faut marcher trois kilomètres sur une piste qui sillonne le terrassement pour atteindre la Loire. Nous tombons sur une plage de sable, la première depuis Nantes, un peu vaseuse mais praticable. Loin vers l’ouest, la silhouette du pont de Saint-Nazaire borne l’estuaire. Un gros tuyaux rouillé, éventré, sort de la grève et finit en lambeaux sur le rivage, vestige des installations de pompage du sable que ce gros serpent de ferraille aspirait au fond du fleuve et recrachait sur le remblai.

    Des oiseaux piégés pour la bonne cause

    Ce dragage d’envergure a modifié le milieu, puis la nature a repris ses droits. Les roselières, notamment, y ont tiré leur épingle du jeu. En s’approchant d’un front de roseaux, des chants d’oiseaux s’élèvent puissamment. Invisibles, bien camouflés, ils sont sans doute des milliers à piailler si fort à notre approche. « Ça ? nous dira bientôt Hubert Dugué, mais non, ce sont des enregistrements, des hauts parleurs positionnés un peu partout pour attirer les oiseaux dans nos filets ! » Nous sommes tombés dans un piège, dans les filets de l’Acrola, l’association pour la connaissance et la recherche ornithologique de Loire-Atlantique à qui le port de Nantes Saint-Nazaire met à disposition 42 hectares de zone d’étude.

    L’homme est petit, râblé, barbu et gouailleur, débordant d’énergie. Une tête de capitaine Haddock qu’un fort vent du large aurait privé de sa casquette. Dans un abri de fortune, le directeur de l’Acrola rejoint trois jeunes bagueurs qui n’ont pas levé la tête. « On ne peut pas s’arrêter, d’accord ? Il y a beaucoup de travail et le temps est incertain. Faut qu’on bosse ! Après, on cause », dit-il. Ils viennent de capturer une trentaine de passereaux, des pouillots, des phragmites, des torcols fourmiliers, des mésanges bleues et autres rousserolles isabelles, et doivent les relâcher au plus vite.

    Concentration, délicatesse. Il s’agit de ne pas blesser l’animal et de le stresser le moins possible. « Contrôle. J’ai un pouillot, en 72. Première année, mue C, 60 d’aile, 12,5 ; 20,8 ; 7,3. En terrestre » lance Hubert à Mathilde, qui prend en note. « À baguer. Carlisse, en 26, mâle probable. Mue C. Adipe 0. 75 ; 16,3 ; 13,4 » renchérit Nicolas. On dirait une société secrète, retirée au bord du fleuve. Trois préfabriqués leur servent de camp de base tout l’été. Ils accueillent souvent des bagueurs d’Angleterre, de Pologne, d’Estonie ou d’ailleurs qui viennent camper quelques jours et prêter mains fortes dans ce site ornithologique exceptionnel.

    Un monument de la nature

    Pause. Encas. « Cette roselière, c’est un joyau ! » s’écrie Hubert. À 57 ans, il a séjourné dans bon nombre de sites migratoires en Europe mais il n’y éprouve jamais autant de bonheur qu’ici. Pourtant, ce n’est pas le plus sauvage : certes lointaines, les cheminées de la centrale EDF de Cordemais s’élèvent à l’est ; quant à celles de la raffinerie Total de Donges, à l’ouest, elles envoient parfois jusqu’au camp de bagage leurs volutes de pétrole. « Ça peut rebuter, ce paysage, pas vrai ? Si c’est votre cas, vous vous trompez. Ici, vous avez un monument de la nature. De la raffinerie à la centrale, il y a un corridor écologique d’une quinzaine de kilomètres où s’étale la roselière, le long de la Loire. Le jour, les oiseaux migrateurs, qui volent à 2 000 mètres, ne peuvent pas la louper. Et la nuit, je ne peux pas m’empêcher de penser que la raffinerie éclairée agit comme un phare, un repère dans le noir. Même si les voyages de ces migrateurs transsahariens gardent une bonne part de leur mystère, on peut penser que les oiseaux ont une mémoire visuelle des grands sites comme celui-là. Ils sont les héritiers d’une multitude de générations qui ont vu cette raffinerie depuis des dizaines d’années. Il savent que cette escale en vaut la peine avant de poursuivre vers l’Afrique ».

    Nicolas vient de mettre la main sur un Pouillot à grand sourcil. Un oiseau sibérien, très rare par ici puisqu’il migre généralement vers l’Asie pour passer l’hiver. Prémisse d’une nouvelle route migratoire liée aux changements climatiques ? Spécimen égaré, happé par un fort vent d’est qui l’aurait dérouté ? Il fait à peine dix grammes. Dans trois ou quatre jours, à force de picorer des chenilles, il aura doublé son poids et redécollera pour tenter le grand saut vers le sud, en laissant derrière lui les lumières de Donges sur les rives de la Loire.


    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

     

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