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    À Rennes, la pédagogie Freinet veut se faire une place au collège

    Dans la classe de Pierrick Descottes, enseignant et directeur de l’école Léon-Grimault. Dans la classe de Pierrick Descottes, enseignant et directeur de l’école Léon-Grimault.

    La pédagogie Freinet, à Rennes, on connaît. L’école publique Léon-Grimault, dans le quartier du Blosne, la met en pratique depuis quarante ans : ici, l’apprentissage part de l’expression de l’élève, de ses créations. Mais dans le secondaire, rien de tel n’existe localement*. Depuis un an, un collectif de parents se mobilise. Leur ambition : créer un collège-lycée Freinet.

    En juillet prochain, les quarante élèves de CM2 de l’école rennaise Léon-Grimault quitteront le giron de l’enseignement primaire. Plus tard, dans leurs souvenirs, il en restera une salle de classe, une cour de récréation, un instituteur, les copains… Et, peut-être aussi, un fonctionnement atypique, qui fait de Léon-Grimault une école à part dans le paysage scolaire rennais.

    L’élève est ici institué comme auteur : il écrit des textes libres, réalise des recherches mathématiques, propose des exposés...  "Il est à l’initiative. On doit accepter ce qui advient et faire en sorte que ce qui advient monte en puissance", explique Pierrick Descottes, enseignant en cycle 3 (CE2-CM1-CM2) et directeur de l’école élémentaire. La création, la coopération et l’autonomie sont au centre des apprentissages.

    L’école Léon-Grimault applique en effet les techniques de la pédagogie Freinet, du nom d’un instituteur et péedagogue de la première moitié du XXe siècle, Célestin Freinet. La pédagogie se fonde sur la méthode naturelle qui part du vécu de l’enfant. Même si elle y reste marginale, c’est dans l’enseignement primaire public qu’elle s’est le plus développée. Certains enseignants la pratiquent de façon isolée et quelques écoles l’ont généralisée, comme Léon-Grimault, qui l’a adoptée dès sa création en 1973, ou l'école nantaise Ange Guépin, dans le quartier Malakoff.

    "Au collège, il y a une multiplication des intervenants"

    Café pédagogique autour du projet Assclef. Les membres de l’association organisent régulièrement ce genre de rendez-vous pour faire connaître leur projet. Dans le secondaire, la donne est tout autre. Seuls deux établissements ont à ce jour institutionnalisé une filière Freinet et peu de professeurs se réclament de cette méthode. Comme en primaire, ils disposent pourtant de la liberté pédagogique. Mais il y a une grande différence, explique Pierrick Descottes : "Au niveau d’une école primaire, on a toutes les cartes en main pour mettre en place un système Freinet. L’équipe est restreinte, il est plus facile de se retrouver à sept, comme ici, pour travailler dans le même sens, de façon cohérente. En plus, la structure est différente parce qu’on a les élèves en continu. Au collège, il y a une multiplication des intervenants. Il faut réussir à mettre tout le monde autour d’une table et à bosser ensemble sur les mêmes bases."

    En septembre prochain, les quarante CM2 de l’école Léon-Grimault poursuivront donc leur scolarité dans un établissement classique. Mais pour les générations suivantes, l’histoire pourrait être différente. Depuis l’année dernière, un groupe de parents d’élèves s’est constitué pour réfléchir au prolongement de la méthode naturelle dans le secondaire. Ils ont donc créé en mars dernier l’Assclef, Association de soutien pour un collège-lycée expérimental public Freinet à Rennes. Aux côtés des parents, d’autres acteurs s’impliquent dans le projet : des enseignants du primaire et du secondaire, des universitaires ou de simples citoyens.

    Plusieurs options envisageables

    Le projet s’inscrit dans le cadre de l’enseignement public. C’est donc au rectorat et aux collectivités locales que revient la décision de créer ou non un établissement. L’association les a rencontrés une première fois en juin, et une deuxième fois en novembre pour présenter le projet. Si la construction de nouveaux bâtiments est exclue, d’autres options restent envisageables. Le collège-lycée pourrait être rattaché à un établissement classique, en tant que filière ou annexe. Il pourrait aussi être indépendant ; il faudrait alors réaffecter des locaux préexistants ou transformer un établissement classique en établissement Freinet.

    Si le projet aboutit, l’association souhaite un collège-lycée sectorisé, c’est-à-dire que l’inscription soit conditionnée au lieu de résidence. "C’est important qu’il puisse être accessible à tout le monde, souligne Marianne Le Duy, présidente de l’Assclef. S’il est implanté dans un quartier comme celui du Blosne, les enfants de milieux populaires pourront y accéder sans passer par des dérogations."

    "Des citoyens auteurs de leur vie"

    Marianne Le Duy, présidente de l’Assclef. Dans ce collège défendu par l’Assclef, l’emploi du temps serait profondément bousculé, tout en respectant les programmes officiels. La redéfinition de la relation professeur-élève, l’allongement de la durée du cours, l’instauration de temps pour le travail individualisé ou pour le vivre-ensemble seront autant d’axes à travailler pour l’équipe enseignante. "On se rend compte que cette pédagogie appliquée jusqu’au CM2 aide les élèves dans la découverte de l’autonomie. On voudrait les accompagner le plus longtemps possible de cette manière-là pour qu’ils deviennent des citoyens qui soient auteurs de leur vie", explique Marianne Le Duy.

    À ce jour, une vingtaine de professeurs du secondaire se sont intéressés de près ou de loin à ce collège-lycée expérimental Freinet. Certains appliquent déjà quelques techniques de la pédagogie  ou l’envisagent. "J’ai fait un stage l’année dernière avec le groupe de Mons**, indique Eva, professeur-documentaliste. J’essaye de me former pour aller vers ça. Si un collège se monte, j’aimerais y participer."

    Depuis l’école élémentaire Léon Grimault, Pierrick Descottes partage cet enthousiasme : "J’aimerais pouvoir participer à l’expérience qui donne la possibilité à des enfants de suivre un cursus Freinet de la maternelle au bac, et voir ce que ça pourrait donner comme type d’homme et de citoyen."

     

    * Seuls deux établissements secondaires ont aujourd’hui une filière estampillée Freinet. À La Ciotat (13), elle a été créée en 2008 au sein d’un établissement classique. Elle propose aujourd’hui tous les niveaux de la 6e à la terminale. Dans le Nord, le collège Rabelais de Mons-en-Barœul a inauguré une sixième Freinet à la rentrée 2013.

    ** À Mons-en-Barœul (59), le groupe scolaire Concorde, situé dans le réseau d’éducation prioritaire, est passé en pédagogie Freinet en 2001. Il a fait l’objet d’une étude universitaire sous la direction de Yves Reuter pendant cinq ans. Les résultats ont été publiés dans un ouvrage : Une école Freinet. Fondements et effets d’une pédagogie alternative en milieu populaire.

     

    www.clef-rennes.blogspot.fr

     

    Une expérience similaire à Nantes

    Marie-Bertille Couëdel, présidente de l’association PCPI. Sept ans que l’association PCPI (Pour un collège-lycée public innovant) milite pour créer un établissement secondaire Freinet à Nantes. Comme à Rennes, tout part d’une école primaire Freinet, en l’occurrence Ange-Guépin. L’association voit le jour en 2007. Peu à peu, le projet prend forme. L’ensemble envisagé serait de taille moyenne, 400 élèves maximum, et reprendrait bien entendu les principes de la pédagogie Freinet. À la différence de Rennes, il serait désectorisé. Mais l’ambition est ici aussi "de permettre la mixité sociale et scolaire" indique Marie-Bertille Couëdel, présidente de l’association.

    En septembre, une porte s’ouvre : le rectorat et les collectivités locales donnent leur accord pour lancer le projet. Il pourrait voir le jour dès 2014 dans le collège Debussy. Mais la joie sera de courte durée pour l’association PCPI. Aucune concertation n’a encore eu lieu et le projet se heurte à l’hostilité des enseignants et des parents d’élèves du collège Debussy. Marie-Bertille Couëdel comprend cette réaction : "Il y a une équipe en place, très soudée, avec un projet pour le collège et une association de parents extrêmement dynamique." Aujourd’hui, le projet Célestin reste d’actualité, à Debussy ou ailleurs ; mais l’hypothèse 2014 s’est éloignée à grand pas.

     


     

    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste
    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste

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