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    Association Nâga : les social geeks au service de la précarité numérique

    L'association Nâga récupère, répare et redistribue les ordinateurs d'occasion. L'association Nâga récupère, répare et redistribue les ordinateurs d'occasion.

    Il existe un endroit dans l'agglomération de Nantes où l'on peut acquérir un ordinateur remis à neuf (presque) gratuitement... L'association Nâga, issue d'Alis 44, récupère le matériel informatique dont les entreprises veulent se débarrasser et le met à disposition des personnes en situation de "précarité numérique".

    C'est dans la Bonneterie, une ancienne usine de fabrication de tissus, réhabilitée il y a peu en espace de travail collectif, que se cache Nâga. Cette jeune association s'est donnée comme mission de récupérer les vieux ordis de bureau pour les réparer, les "libérer" et les donner.

    Un concept initié par l'association-mère Alis 44, installée il y a sept ans au nord-est de Nantes. "Un jour, nous avons réalisé que beaucoup d'ordis de bureau partaient à la poubelle alors que tant de gens en ont besoin, un gros gâchis ! Quelques années après, on a eu envie de multiplier les structures sur un plus large territoire et de tester d'autres fonctionnements", explique Benjamin, l'un des deux salariés.

    Dans leur petit local, sur des étagères en bois, se côtoient une cinquantaine d'unités centrales éventrées, des écrans dépoussiérés et des centaines de claviers. C'est ici, dans ces 15 m², que Pierre-François Chatellier et Benjamin Larcher accueillent chaque mardi, jeudi et samedi un public très varié, souffrant de "précarité numérique". Sous ce gros mot se cache une réalité, et pas seulement économique. "Ce sont souvent des personnes peu familiarisées avec les bases de l'informatique, ne serait-ce que le "clic" de la souris. Des personnes âgées, par exemple, ou des femmes dont le mari décédé était le seul à se servir de l'ordinateur."

    Bennjamin, l'un des deux salariés de l'association Nâga. Naga dans le petit local de bidouillage et don d'ordinateurs

    Un besoin commun, un public divers

    Impossible pour autant d'établir un public type : "Les usagers ont entre 7 et 74 ans ; homme, femme, français, étranger...", précise Benjamin. Cet après-midi d'octobre, par exemple, à l'atelier de don d'ordinateur qui permet de se familiariser avec l'appareil, un jeune homme est assis près de Catherine, une jeune grand-mère au RSA, qui discute avec Pierre-André, la cinquantaine, prêt à relancer une entreprise après une période de transition compliquée. "C'est mon assistante sociale qui m'a dirigé ici", explique ce dernier, tout juste revenu démuni d'une Égypte "trop dangereuse", où il travaillait depuis 32 ans. Trois vies bien différentes, qui partagent une même nécessité : celle de se "connecter" à la technologie, au monde du travail, au monde tout court...

    "Ce qui est bien, c'est qu’on rencontre plein de vécus différents. Sur deux heures de dépannage, parfois, c'est trente minutes d'ordi et une heure et demie de conversation", sourit Benjamin en saluant les trois nouveaux adhérents, fin prêts à brancher leurs nouvelles machines chez eux.

    Naga dans le petit local de bidouillage et don d'ordinateurs

    Naga dans le petit local de bidouillage et don d'ordinateurs

    Donner ses vieilles machines avant de les recycler

    Naga dans le petit local de bidouillage et don d'ordinateurs Comme l'échange, le partage est à la base de ce projet. Après avoir démarché des centaines d'entreprises et collectivités, en les assurant du bienfait et de la bonne logistique de leurs actions (comptabilité, transport, protection des données, etc.), Nâga a réussi à convaincre le Crédit Agricole, Transdev (une société de transport), ainsi que la mairie de Rezé, et d'autres, de leur donner le parc informatique qu'ils renouvelaient.

    "On a cultivé en France un réflexe de recyclage des ordinateurs, alors qu'il faut d'abord les reconditionner, leur donner une nouvelle vie ! C'est ça la première étape vraiment écologique ! Recycler directement revient à polluer plus !" Les deux autodidactes bidouillent d'ailleurs eux-mêmes les ordinateurs cassés, pour y opérer un démontage drastique de chacun des composants et recréer des machines.

    Il arrive également souvent qu'un particulier vienne avec son PC cassé dans leur atelier, avec l'envie d'apprendre à bidouiller et réparer lui-même. "Ici, on cultive avant tout le partage de connaissances et l'autonomie." D'ailleurs, Benjamin et Pierre-François multiplient les tutoriaux et forum en ligne ouverts à tous, pour que chacun puisse trouver seul les solutions à ses problèmes.

    Découvrir le monde du libre

    Autonomie. Sans doute le mot clef de leur action. Car, en plus de lutter contre la précarité numérique et l'illectronisme, les gars de Nâga "libèrent" les ordinateurs, initialement tous paramétrés avec des systèmes d'exploitation et des logiciels à licence payante type Windows, en utilisant des alternatives open source comme Linux.

    "L'avantage d'évoluer dans le monde du libre, en plus d'éviter les virus, c'est qu'on ne paie ni son système (habituellement compris dans le prix de l'ordinateur pour environ 200 €, ndlr), ni les logiciels (rien que le pack de bureautique Office coûte 150 €, ndlr). Encore faut-il connaître cet univers, et c'est pour ça qu'on est là aussi !"

    Un fonctionnement participatif

    L'asso vit grâce aux cotisations des adhérents (entre 40 et 120 €, selon les situations financières de chacun : RSA, SMIC, autre...), mais aussi en vendant des pièces détachées d’ordinateurs, récupérées lors de leurs bidouilles. "Les logiciels et les machines sont donnés. La participation financière, c'est pour tout le travail qu'il y a derrière, et soutenir l'association". L'idée étant également que les adhérents mettent eux-mêmes la main à la pâte dans les groupes d'entraide. "J'aime beaucoup cette idée, témoigne Pierre-André. Apprendre, puis pouvoir partager ses connaissances plus tard... Participer à un mouvement."

    Pour être "rentable", l'association mise également sur la conception de sites internet et des formations complètes au prix du marché, pour ne pas faire de concurrence déloyale. Espérant réunir 250 membres cette année, Nâga grandit, et embauche bientôt un nouvel animateur / bidouilleur pour organiser davantage de groupes d'entraide. De quoi ravir de nouveaux membres comme Catherine : "Ma fille m'a convaincue de me mettre à l'informatique, mais elle ne veut pas tout m'expliquer ! Et surtout, je n'avais pas les moyens d'acheter un ordinateur avec mon RSA, mais ici c'est génial, j'en ai un pour 40 € ! Pour l'instant, je n'y comprends pas grand-chose, mais je reviendrai aux groupes d'entraide pour apprendre... Et puis un jour, je pourrai aller sur Facebook, papoter avec mes petits-enfants !"

     

    En savoir plus : www.naga44.org

    Jeanne La Prairie - Journaliste
    Jeanne La Prairie - Journaliste

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