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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°5

    Au seuil du Paradis

    Krystel - Au fil de l'Estuaire de la Loire - Escale n°5 Krystel - Au fil de l'Estuaire de la Loire - Escale n°5 - © Franck Tomps

    Et si c'était ici, le paradis ? Celui de Krystel en tout cas, la patronne du café du même nom, sis en bord de Loire, à Couëron. Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps l'ont rencontrée, et feuilleté avec elle son histoire, et de nouvelles histoires du grand fleuve.

    Cette nuit, la Loire dormira d’un sommeil agité. Une marée de coefficient 116 est attendue à l’embouchure de l’estuaire à quatre heures du matin. Deux heures plus tard, les hautes eaux atteindront Couëron, 30 kilomètres en amont. Pour peu que le vent d’ouest s’en mêle, le fleuve gonflera pour sortir de son lit, s’épancher sur ses berges et tremper les pieds du Paradis.

    Une dizaine de fois par an, c’est le même suspense. Sur le seuil de son bistrot, Krystel fixe des planches avec les moyens du bord, fragiles barrages qui retiendront peut-être les vagues. Ou peut-être pas. Et dans ce cas, mi dépitée, mi résignée, elle passera la matinée à écoper, à nettoyer, affichera sur la porte « Fermé pour cause d’inondation » et toisera la Loire enfin rendormie, sagement bordée entre ses rives.

    Elle ne peut pas s’en plaindre, Krystel. Après tout, rien ne l’obligeait à racheter ce bistrot échoué sur le bord du fleuve, il y a huit ans. Rien, sinon ce rêve qu’elle faisait gamine, lorsqu’elle venait y boire des grenadines avec son frère. Elle ne s’en souvient plus, mais ses amis d’enfance lui ont rafraîchi la mémoire : elle répétait à l’envi que lorsqu’elle serait grande, un jour, elle achèterai le Paradis. Rien que pour elle. Et pour la Loire aussi, pour la vue sur Le Pellerin, sur l’autre rive, pour la lumière qui change cent fois par jour, pour le flux et le reflux qui rythment la vie du fleuve comme une lente respiration, pour le bac qui ne cesse de partir et de revenir, ajoutant au lieu le charme du voyage. En un mot, pour ce petit coin de paradis.

    « Je vivais en Suisse depuis vingt ans, raconte-t-elle au comptoir, je travaillais dans la restauration. Je revenais passer mes vacances à Couëron. Un jour, je suis passée devant l’établissement, quasiment abandonné. Ce n’était ouvert que le soir, il fallait sonner pour entrer, il y faisait sombre, tout était sale et sentait mauvais. Un vrai bouge… Ça m’a brisé le cœur. Sur un coup de tête, j’ai proposé au propriétaire de prendre la relève. Ça n’a pas été facile mais j’ai fini par le lui racheter. Je renflouais un rêve de gosse bien enfoui au fond de ma mémoire ! »

    Un cul-de-sac où humer le fleuve

    Krystel - Au fil de l'estuaire de la Loire - Escale n°5 Dénommé ainsi depuis des générations, le bistrot porte le même nom que ce lieu-dit longtemps perdu dans les marais et les roselières. Depuis quand et pourquoi le paradis a-t-il élu domicile à Couëron ? L’un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passait probablement par là à l’époque où la Loire, beaucoup plus large qu’aujourd’hui, offrait un chapelet d’îles et de bancs de sable entre Couëron et Le Pellerin. Il était sans doute possible de traverser le fleuve à gué lors des marées basses. Pour les pèlerins, la halte au bord de l’eau, reposante et rafraîchissante, s’apparentait peut-être à une petite pause dans un coin de paradis.

    Pour les Couëronnais, le Paradis est un cul-de-sac éloigné à deux kilomètres du bourg. Les habitués aiment venir y déjeuner ou prendre un verre pour humer l’air du fleuve et s’étonner encore une fois du choc que le bac produit en heurtant la cale du débarcadère, à faire trembler les fondations du bistrot. Vibrations garanties, surtout depuis la mise en service du nouveau bac, plus puissant. « Certains pilotes gèrent mal la force de ses moteurs tout neufs et créent des vagues si virulentes qu’elles viennent s’échouer sur le pas de la porte », rouspète Krystel qui se passerait bien du coup de balais qu’elle doit parfois donner pour effacer la laisse de brindilles, de pailles et de feuilles que la Loire dépose en douce sur le seuil du Paradis.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

     

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