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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°7

    Bombardements sur l’estuaire

    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°7 Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°7 - © Franck Tomps

    La Seconde Guerre mondiale a laissé des traces, profondément enfoncées, dans l'estuaire de la Loire. À Cordemais, Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps ont fouillé cette histoire, qui reste explosive.

    Août 1944. Paris libéré… mais Cordemais piégé ! Depuis leur débarquement il y a deux mois, les Alliés ont pris le port en eaux profondes de Cherbourg, nécessaire à leur ravitaillement, et s’apprêtent à en faire autant avec celui d’Anvers. La conquête de Saint-Nazaire n’est plus une priorité. Vaste d’environ 1 800 km2 où s’arque-boutent 30 000 soldats allemands, la "Poche de Saint-Nazaire" va tenir jusqu’à la fin de la guerre. Les Alliés n’y pénétreront que le 11 mai 1945 par le seul point de passage aménagé sur la ligne de démarcation pour la Croix-Rouge : la gare de Cordemais.

    Xavier Trochu nous y attend. Adjoint au maire de la commune chargé de la culture, par ailleurs employé aux archives de Nantes, il est incollable sur l’histoire de la Poche de Saint-Nazaire, sauf peut-être sur le tracé exact de sa frontière. "Elle serpentait quelque part dans les marais de Cordemais, de la gare jusqu’à l’actuelle centrale d’EDF, en bord de Loire. Il n’en reste aucune trace. Mais il ne s’agissait pas d’une ligne à proprement parler, plutôt d’un front, une zone dans laquelle si vous avanciez, vous étiez repéré et visé, précise Xavier Trochu en haussant la voix pour couvrir le vacarme du TGV qui file vers Saint-Nazaire en faisant trembler au passage la petite gare de Cordemais. À défaut de combats d’envergure, les accrochages étaient nombreux. De part et d’autre, il s’agissait de montrer qu’aucun des deux camps ne baissait la garde". De bon matin, des pétarades brisaient le silence. Le son des escarmouches portait loin dans les marais libérés, du côté de Saint-Etienne-de-Montluc ou de Couëron.

    Au centre de la Giquelais

    Aujourd’hui, les marais raisonnent encore des explosions de la Seconde Guerre mondiale. Pour de bon. Sur la commune de Saint-Etienne-de-Montluc, isolé au bord du fleuve, le centre de destruction des explosifs de la Giquelais s’étale sur une quinzaine d’hectares. Ce lieu avait été choisi par les Allemands eux-mêmes, en 1943, pour y neutraliser les bombes récupérées non explosées dans les ruines de Nantes et de Saint-Nazaire après les bombardements alliés. Soixante-treize ans plus tard, on y détruit encore plusieurs tonnes de munitions par an, retrouvées dans la région, de la simple grenade oubliée dans le coffre d’un grenier à la bombe d’une tonne mise à jour lors de travaux de terrassement…

    Depuis 1992, une haute clôture protège le centre des regards indiscrets. On raconte qu’elle n’a pas encerclé la totalité du terrain, et qu’à en juger par les trous énigmatiques disséminés dans les bois alentours, des munitions intactes pourraient encore sommeiller à un ou deux mètres sous terre… Quoiqu’il en soit, impossible d’accéder au centre de la Giquelais. Chef du centre régional de déminage, Jean-Noël Bellavoine nous reçoit dans ses bureaux de Saint-Herblain. Dans la salle de réunion, une vitrine abrite des centaines de munitions, ogives, obus et autres grenades, comme autant de trophées exposés par les démineurs du centre. "Nous sommes appelés près de 600 fois par an pour désamorcer environ 30 tonnes d’explosifs issus de la Seconde Guerre mondiale, explique-t-il dans son uniforme de la Sécurité civile. Le centre de la Giquelais est ouvert toute l’année pour la destruction de petites munitions. Les grosses bombes sont détruites sur des terrains militaires".

    Tous les mois de février, cependant, le centre de la Giquelais est équipé pour faire sauter du gros calibre. Un périmètre de protection est mis en place autour du terrain pour éloigner le bétail et d’éventuels promeneurs : même enterrées, les explosions peuvent provoquer des projections et causer des nuisances sonores importantes. Les premières maisons se trouvent à quatre kilomètres du centre de la Giquelais. En février, leurs habitants sont prévenus : comme pendant la guerre, l’estuaire peut vibrer sous l’effet des bombes alliées.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

     

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