Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…


    Au fil de l'estuaire de la Loire
    Au fil de l'estuaire de la Loire 200 km, à pied. "Appréhender l’estuaire dans sa globalité nécessite d’en arpenter les franges, pas à pas, au rythme du marcheur", expliquent Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps.…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    Boulangerie associative à Vannes : les Turlupains, un fournil en partage

    Richard Marchand, le boulanger des Turlupains. Richard Marchand, le boulanger des Turlupains.

    En 1993, Richard Marchand et Danièle Le Cloërec, entourés d’une bande de copains, se lançaient dans la boulange associative. Aujourd’hui, les "Turlupains" fêtent leurs 20 ans. Le fournil est toujours au cœur du quartier Saint-Patern de Vannes où a commencé l’aventure. Ici, la farine est bio, on pétrit à la main et on cuit au feu de bois. Plus de 100 familles adhérentes bénéficient chaque semaine des deux fournées de pain en tout  genre : semi-complet, petit épeautre, noix, sésame, seigle, brioche…

    Il est né dans le pétrin. Il aurait pu en sortir, mais a décidé d’y rester. "Je m’y sentais bien." C’est ainsi que Richard Marchand explique son choix de devenir boulanger. Comme, et au grand dam de ses parents qui auraient voulu le voir exercer un autre métier que le leur. Richard n’est pas vraiment un boulanger comme un autre. Et son fournil, pas vraiment un fournil comme un autre. Difficile d’ailleurs, sans le savoir, de s’imaginer qu’on fabrique du pain derrière la façade de cette maison à pan de bois et aux volets rouges du quartier villageois de Saint-Patern. Deux fois par semaine, en l’occurrence, le mardi et le vendredi. Et à l’ancienne, s’il vous plaît. Ici, la farine est bio, le levain naturel, le four chauffé aux fagots de bois. Calot bien vissé sur la tête, tablier enfariné, Richard Marchand pétrit son pain à la main, comme il y a 100 ans, au même endroit qui abritait alors déjà une boulangerie.

    Concilier fabrication du pain et animations

    "Ce local nous a été mis à disposition dès le début de l’aventure des Turlupains", raconte Richard. Les Turlupains ? Une boulange associative qu’il a créée en 1993 avec sa compagne Danièle Le Cloërec et une bande de copains. "Notre idée, c’était de concilier fabrication du pain et animations. D’initier, sous la forme associative, petits et grands tout en faisant prendre conscience aux gens que c’est la terre qui nous nourrit", explique Richard.

    Plutôt atypique dans un milieu urbain, l’initiative d’un fournil associatif a donc vite séduit, à Vannes, à la faveur du goût délicieux du pain cuit au feu de bois par Richard. "Le levain naturel, ça change tout ; la fermentation demande un peu plus de temps, mais au final, le pain est plus riche en fibres, en minéraux. Et puis, surtout, après 3 ou 4 jours, il a encore plus de goût".

    Vingt ans plus tard, ils sont encore nombreux à venir s’approvisionner chaque mardi et vendredi après-midi au numéro 5 de la rue de la Fontaine. Près de 100 familles adhérentes à cette boulange associative doivent passer commande la veille au soir au plus tard. "Aux Turlupains, il n’y a jamais de pain perdu. C’est une question d’éthique". Parmi les adhérents, environ la moitié est de Vannes, l’autre moitié des communes voisines. Certains, qui habitent le même quartier ou la même commune, s’organisent même de telle sorte que seul un d’entre eux vient chercher le pain pour tout le monde et le redistribue à tous. "On les appelle les "Amaboul’", vous savez, en référence aux Amap", sourit Richard.

    Un fournil où chacun se sent un peu comme chez soi

    Ça se passe comme ça, au fournil. Sans chichi, dans un esprit de grande famille. Chacun d’ailleurs s’y sent un peu comme chez soi. Le jour, on n’hésite pas à en pousser la porte pour venir saluer le boulanger. Ce vendredi matin-là, Christelle passe juste dire bonjour. "Richard dit qu’il n’aime pas être dérangé pendant qu’il fabrique le pain, mais au final, il a toujours plein de choses à nous raconter", s’amuse-t-elle.

    La nuit, on peut y jouer les mitrons et être initiés à la fermentation naturelle de la pâte, son pétrissage à la main, sa cuisson au feu de bois. Une expérience qui a convaincu Viviane de passer, à 50 ans, son CAP de boulangère. "J’ai même été major de ma promotion", s’enorgueillit, à juste titre, celle qui ne repart jamais sans son méteil, un pain concocté à base d’un mélange de farine de froment et de seigle.

    "Quand on pousse la porte du fournil pour la première fois, on ne s’imagine pas ce qu’on va y trouver", s’enthousiasme Christelle. Elle y a été invitée par une autre maman de l’école de ses enfants, il y a plus de dix ans. Aujourd’hui, elle est

    membre du conseil d’administration des Turlupains. "C’est l’association dans laquelle je suis restée le plus longtemps. Peut-être parce qu’il n’y a aucune obligation. Chacun apporte ce qu’il sait faire. On vient comme on est".

     

    Sans obligation et comme on est, ce peut être aussi en simple consommateur. "Et il en faut !", commente Richard. Georges est de ceux-là. Chaque semaine, il vient en bon voisin du quartier Saint-Patern, motivé par "le goût du pain", affirme-t-il. "Car, en réalité, ils auraient pu avoir la meilleure démarche au monde, si leur pain n’avait pas été bon…".

    On l’aura compris, les Turlupains c’est du bon pain, mais pas que… "Ce qui compte aussi, finalement, ce sont les rencontres humaines que permet l’association. Au moment des permanences, mais aussi lors des chantiers de ramassage de fagots, des ateliers de tressage de bouquets de moissons ou lorsqu’il faut donner un coup de main pour toutes les animations et fêtes proposées par Richard et Danièle",  argumente Maidette, adhérente depuis quatre ans. C’est elle qui aura le mot de la fin : "Le pain, c’est le partage, et chez les Turlupains, c’est dans tous les sens du terme !".

     

    Sur les routes de Bretagne avec un four ambulant

    Parce pour que pour eux, il y a mille façons de partager le pain, entre deux fournées, Richard et Danièle sillonnent les routes de Bretagne avec leur four ambulant pour proposer des animations dans les fêtes et autres festivals, mais aussi et surtout dans les écoles. Plus que la boulange en elle-même, c’est le circuit du grain au pain que s’attache à faire découvrir le couple. "Pour nous, ça a un sens de parler de la graine, du métier de la terre, de comment on la nourrit", martèle Richard. Alors, dans les écoles, le boulanger vannetais et sa compagne apportent un épi de blé qu’ils invitent à moudre dans un petit moulin manuel, racontent l’histoire de la découverte du levain… Puis vient la fabrication du pain. La recette, d’abord : "dire qu’en mélangeant simplement de l’eau, de la farine, du sel, on obtient un produit qui a du goût" semble encore s’étonner Richard. Pétrissage, façonnage… l’animation marque les jeunes esprits. "Mes enfants l’ont fait il y a plusieurs années, ils s’en souviennent encore !", s’exclame Christelle.

     

    Les Turlupains, fournil associatif, 5 rue de la fontaine 56 000 Vannes.

    Tel : 02 97 47 56 78.

    http://netoos.org/turlupains

    Vente de pains les mardis et vendredis après-midi à partir de 15 heures. Il faut adhérer pour commander. Adhésion : 3 euros minimum, 10 euros en soutien, 20 euros pour les bienfaiteurs.

    Stéphanie Biju – Journaliste
    Stéphanie Biju – Journaliste

    Voir tous ses articles
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...