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    Boule nantaise : "tant que ça roule, il y a de l'espoir !"

    Aux P'tits Joueurs réconcilie les jeunes avec la boule nantaise. Aux P'tits Joueurs réconcilie les jeunes avec la boule nantaise.

    Elle serait née dans les cales de péniches aux premiers jours de la deuxième révolution industrielle, à Nantes. Un temps vouée à disparaître, la boule nantaise, à mi-chemin entre le bowling et la pétanque, est sauvée par la transmission d'une génération à l'autre. Notamment sur la piste d'un bistro, Aux P'tits Joueurs, à deux pas de l'Erdre.

    Timide, hésitante, la jeune Virginie s'avance sur la piste grisâtre, lacérée par l'éclairage des néons. Annick, de quarante ans son aînée, lui glisse presque affectueusement : "Ton pied doit toujours toucher le "talon" – planche en bois qui ferme chaque extrémité du terrain. Lâchée doucettement, la boule de la taille d'un melon roule malaisément dans l'incurvation pour taper le parpaing, tout là-bas. Un coup raté ? "C'est vivant, c'est vivant !", s'exclament deux jeunes hommes, arrimés à une rambarde. La boule "prend la maille" frôler ses comparses sans les toucherpour venir se nicher au chaud tout prêt du "petit", le cochonnet si l'on peut dire.

    Vieux grognards et jeunes rieurs

    L'action roulante a duré une bonne minute, voire plus. Dans l'enthousiasme qui suit ce coup finalement réussi, un coéquipier de la jeune fille marche vers les boules vertes ("noires") et rouges ("blanches") coagulées. "Une seule personne sur la piste !", grogne la voix caverneuse d'un ancien, dans l'encadrement d'une porte. "J'ai trouvé ce que j'allais faire dans la vie, de la boule nantaise !", s’esclaffe Virginie Ouédraogo, qui est à la recherche d'un emploi. Voilà l’atmosphère des soirs et week-ends (pluvieux) Aux P'tits Joueurs, bistro symbole du renouveau de la boule nantaise.

    À mi-chemin entre la pétanque et le bowling, ce jeu populaire s'est transmis par la tradition orale, ce qui enveloppe ses origines d'un certain mystère. La légende a été couchée par écrit en 2011, lors de la demande de classement au patrimoine culturel immatériel (PCI) de la France :

    "Il était une fois... sur les péniches qui drainaient le fleuve, transportant le sable dans leur cale à fond plat, légèrement courbée sur les côtés, des marins qui jouaient à lancer des boules dans l'aire de stockage vidée du sable. Pour s'évader de leur travail, ils avaient inventé ce divertissement. En équipe ou a deux, ils lançaient les boules en bois, trempées dans l'eau pour les noircir. Pour différencier les équipes, ils peignaient les autres en blanc. Jouant ainsi avec les formes de la cale, les boules tanguaient de part et d'autre, pour enfin se positionner le plus près possible du petit. L'équipe triomphante étant celle qui avait le plus de boules près du petit..."

    Goudron, latex, ciment et sablon

    La boule nantaise se propage ensuite dans les quartiers ouvriers de Nantes, en plein air. La première amicale naît en 1913, la Fédération amicale de boule nantaise (FABN), toujours existante, en 1930. On compte alors une quarantaine d'amicales, jusqu'à 60 dans les années cinquante, pour une dizaine aujourd'hui. Un petit miracle tant la pratique est passée tout proche de la disparition à la fin du XXe siècle.

    "C'était difficile, à l'époque, car c'était très fermé. Il fallait être parrainé pour débuter et les femmes n'ont pas pu jouer avant les années quatre-vingt", rappelle Sébastien Urbanski, 42 ans, propriétaire des P'tits Joueurs. Cet ancien commerce en déshérence, perdu sur les bords résidentiels de l'Erdre, est devenu un bistro-restaurant, "rétro et dynamique, ouvert au plus grand nombre". Une allégorie de ce qui a sauvé la boule nantaise : l'adossement à des cafés-bars qui amène de jeunes pratiquants sur les pistes faites de goudron, de latex, de ciment et de sablon.

    "Ça se passe beaucoup comme ça, ce sont les vieux, plus expérimentés, qui transmettent les règles, sourit Florent Bouchardeau, venu découvrir le jeu un soir d'automne. C'est une affaire sérieuse pour eux. Ils prennent ça à cœur, sont presque tatillons. Mais c'est quand même très sympathique, tu sens qu'ils prennent du plaisir à donner et nous à recevoir".

    Boules made in China

    La simplicité du jeu est trompeuse. Entre un néophyte et un habitué, la différence gestuelle est frappante. "Pour les débutants il y a 80 % de hasard, pour un "professionnel" c'est plutôt 10 %, analyse Annick Morisseau qui joue régulièrement depuis trois ans ; tout est dosé, mesuré, calculé, le but du jeu étant d'anticiper le chemin que va emprunter la boule pour atteindre son objectif". Chacun des trois joueurs d'une équipe a d'ailleurs un rôle bien précis : le premier "place la boule", le deuxième "éclaircit le jeu", le troisième, le capitaine, "s’adapte au jeu et replace la boule".

    On compte aujourd'hui plus de 700 joueurs licenciés à Nantes, dont une vingtaine de "très bons boulistes", aux dires des spécialistes. Un vieux projet de piste démontable en bois a même vu le jour cet été, permettant ainsi d'initier en extérieur, les enfants, notamment, à cette pratique deux fois centenaire. "L'ambiance est conviviale, tout le monde se dit "tu" et "bonjour", même quand on ne se connaît pas. Comme quoi : tant que ça roule, il y a de l'espoir !", assène le moustachu Denis Bouchard, 23 ans de pratique au compteur.

    Dernière (r)évolution possible pour la boule nantaise, le retour des sphères noires et blanches, désormais made in China. "Les dernières fois qu'on en a essayé en jeu, on a été obligés de les renvoyer, elles se cassent en deux !". Sans doute la rançon de la gloire.

     

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    Thibault Dumas
    Thibault Dumas

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    Commentaires  

     
    0 #1 CruelSummer 27-11-2015 09:37
    Juste pour le titre, ce papier vaut le détour...
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