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    Cholet : du "blé" pour ouvrir l'épicerie solidaire la Soupe aux cailloux

    Quelques-uns des bénévoles pendant les travaux (à gauche, Lydie Girard). Quelques-uns des bénévoles pendant les travaux (à gauche, Lydie Girard).

    Il y a quatre ans, la Choletaise Lydie Girard créait l’association "Du blé pour l’épicerie" destinée à financer l’ouverture d’une épicerie solidaire baptisée la Soupe aux cailloux. Les travaux du local touchent à leur fin. Plus qu’une aide alimentaire, il s’agira d’accompagner les bénéficiaires dans un projet afin de leur permettre de sortir de la précarité.

    Du blé pour l’épicerie, c’est d'abord l’histoire de Lydie Girard, une Choletaise de 45 ans. Cela pourrait aussi être la vôtre ou celle d’un proche, travailleur pauvre, famille monoparentale, retraité ou encore étudiant… Bref, l'histoire d'une personne aux fins de mois difficiles.

    Si aujourd’hui Lydie a refait sa vie et s’en est sortie, elle n’en oublie pas pour autant ses dix années de galère après son divorce. Un accident de la vie, comme on l’appelle, qui peut arriver à chacun d’entre nous. "J’ai élevé mes deux enfants seule. On ne sortait pas, on n’allait pas au cinéma, je n’achetais pas de chaussures neuves, même pour les enfants. Mais c’était surtout compliqué au niveau alimentaire. Le 20 du mois, je n’avais plus de sous et pas le droit aux Restos du Cœur ou à la Banque alimentaire, car je dépassais les barèmes, même si je ne travaillais qu’à mi-temps comme secrétaire médicale, se souvient-elle. À cette époque, je m’étais dit que si un jour je m’en sortais, ce serait bien que je fasse quelque chose pour aider les mamans seules comme moi. J’avais entendu parler des épiceries solidaires et ça me tentait. Un peu utopiste", elle le reconnaît aujourd’hui, elle se lance.

    Un parcours semé d’embûches

    Lydie Girard, présidente de l'association Du blé pour l'épicerie Lydie Girard, présidente de l'association Du blé pour l'épicerie

    En 2010, à 40 ans, Lydie décide de reprendre ses études et obtient un BTS en économie sociale et familiale dans le cadre d’un congé individuel de formation. "Au cours de ces deux ans de formation, j’ai fait des stages auprès d’un assistant social et je me suis pas mal documentée sur les épiceries sociales et solidaires, à Nantes, Angers". Lydie pensait ouvrir son épicerie fin 2012 et même en être salariée, mais c’était sans compter sur un parcours semé d’embûches.

    "J’ai pris contact avec Andes* dont des membres se sont déplacés à Cholet, mais mon projet n’était pas assez avancé", raconte-t-elle. "J’ai aussi exposé mon projet à la mairie de Cholet pour leur demander leur soutien, notamment la mise à disposition d’un local, mais on m’a répondu qu’il n’y avait pas de pauvres à Cholet et qu’il existait bien assez de structures. Ça refroidit".

    Cela ne décourage pas Lydie qui achète fin 2011 un local dans le quartier Favreau avec ses propres deniers. Un lieu qu’elle connaît bien : "c’est mon grand-père qui l’a construit et il y tenait une petite épicerie de quartier", précise-t-elle. Mais avant d’y installer une épicerie, le local de 296 m2, vieux d'une cinquantaine d’années, a besoin de travaux. La toiture, l'isolation, l'électricité, le chauffage sont bons à refaire pour être aux normes, mais il faut aussi réaliser les peintures et le carrelage, puis réaménager l’espace.

    Comme Lydie a investi toutes ses économies dans l’achat du local, elle se décide alors à monter une association afin de réunir des fonds pour financer les travaux et payer les impôts. Le 28 août 2012 naît Du blé pour l’épicerie, une sorte de vide-grenier s’inspirant d’Emmaüs. "J’ouvrais le mercredi après-midi, mon jour de repos. J’avais deux tables au milieu d’un grand local vide. C’était surtout des dons de proches : jouets, vêtements, vaisselle, bibelots, meubles… Une petite équipe de bénévoles a commencé à se constituer". Mais ce n’était pas suffisant.

    Il y a un an et demi, le décès de son père lui met un coup au moral. Elle sait qu'elle ne pourra pas terminer les travaux seule. Pourtant, elle croit en l’utilité de son projet. En témoigne la visite de "ce petit garçon qui n’avait pas 10 ans, qui est arrivé après Noël avec une pièce d’un euro et qui m’a dit "Bonjour madame, je voudrais m’acheter un pantalon". Il m’a fait mal au cœur. Du coup, il est reparti avec son pantalon et sa pièce. C’est toujours plus touchant lorsque c’est un enfant".

    Un véritable élan de solidarité

    Les bénévoles se sont relayés pour poser le carrelage du local et faire les peintures. Les bénévoles se sont relayés pour poser le carrelage du local et faire les peintures.

    Contre toute attente, c'est au moment où son projet semble le plus menacé qu'il décolle vraiment grâce à une amie, Katia, "la nourrice de ma fille il y a 20 ans". Administratrice de plusieurs groupes Facebook d’entraide entre Choletais, celle-ci poste un message fin 2014 sur l’un d’entre eux pour lancer un appel aux bonnes volontés. Le message fait boule de neige. Les Choletais touchés par le projet se manifestent en nombre. Les dons affluent de toute part.

    Mais Lydie a surtout besoin de bras et de matériaux pour les travaux. Aujourd’hui, ils sont un peu plus d’une trentaine de membres à donner de leur temps pour l’association et à porter un projet qui est devenu celui de tous. Les travaux ont lieu un samedi sur deux, et parfois en semaine, en fonction des disponibilités des uns et des autres. L’autre samedi étant consacré à l’ouverture du magasin, la Soupe aux cailloux.

    "Une fois les travaux finis, on ouvrira tous les samedis, annonce Lydie. Et une fois que l’épicerie fonctionnera, nous conserverons la partie friperie qui nous rapporte un peu d’argent, car l’aide d’Andes ne suffira pas. On devra aussi continuer nos actions pour trouver des financements, car nous n’avons obtenu pour l’instant aucune des subventions demandées."

    Plus qu'une simple aide alimentaire

    Une vraie caverne d’ali baba avec des vêtements, de la vaisselle, et autres meubles à tout petit prix Une vraie caverne d’Ali Baba avec des vêtements, de la vaisselle, et autres meubles à tout petit prix.

    Reconnue d'intérêt général et à caractère social, Du blé pour l’épicerie est aujourd’hui une association solidaire à échelle humaine, à l'image des quelque 35 membres et des bénévoles, avec la joie et la bonne humeur en prime.

    "L'objectif est d’accompagner des personnes pour qu’elles roulent toutes seules, et non pas de les assister. C’est la raison pour laquelle on n'aidera au départ qu’une dizaine de familles. En échange des bénéfices réalisés sur l’alimentaire, nous souhaitons que les bénéficiaires s'engagent sur un projet. L'association pourra ensuite intervenir avec d'autres aides ciblées : par exemple pour un ordinateur lorsqu'un enfant rentre au collège ou au lycée, pour un permis de conduire, etc. Nous aimerions aussi proposer des ateliers afin d'éduquer les familles. Et vu le gaspillage de fruits et légumes, nous envisageons aussi de monter des projets pour en faire de la soupe ou de la compote. Nous avons plein d’idées, mais tout est tellement réglementé que dans ce projet d'épicerie solidaire nous devons marcher sur… des œufs."

     

    *Andes, Association nationale des épiceries solidaires, est l’un des principaux réseaux d’aide alimentaire français. Il soutient le développement des épiceries solidaires, structures qui proposent en libre-service des produits de consommation courante à des personnes en situation de précarité, contre une participation financière de 10 à 30 % du prix usuel. Le principe des épiceries solidaires est de lutter contre l’exclusion sans favoriser l’assistanat, de respecter la liberté des personnes et de promouvoir leur insertion durable.
    www.epiceries-solidaires.org


    En savoir plus : www.facebook.com/BlepourlEpicerie

     

     

    Feu vert d’Andes pour l’ouverture

    En janvier dernier, le réseau national des épiceries solidaires Andes donnait son feu vert pour l’ouverture d’une épicerie à Cholet. Pour pouvoir accéder à l'offre de l'épicerie, trois critères d'accès :
 avoir un projet adapté à sa situation,
 témoigner d'un reste à vivre situé entre 5 et 8 € et résider sur la commune de Cholet. L'épicerie accueillera chaque bénéficiaire pour une durée de trois mois, renouvelable deux fois,
 avec la signature d'un contrat d'accompagnement. 
L'épicerie sera ouverte trois jours par semaine, de 17 h à 19 h.

     

    Catherine Richard

    Catherine Richard - Journaliste
    Catherine Richard - Journaliste

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