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    Bar à vivre

    Claire, 34 ans, de doctorante à maman du Chat Noir

    Claire Brisseau, propriétaire du Chat Noir. Claire Brisseau, propriétaire du Chat Noir.

    De la thèse de droit au Chat Noir, il y avait plus qu'un pas… que Claire Brisseau a franchi allègrement. Passionnément. Désireuse de quitter le monde des livres pour celui des gens, elle a ouvert son bar il y a 7 ans en plein cœur de Nantes. Et c'est plus qu'un bar... Rencontre.

    "Un sacré personnage." Chloé, fleuriste de 24 ans en train d'attendre une amie en terrasse, parle de Claire, la gérante du Chat Noir. Un bar de Nantes blotti dans un angle, allée Duguay-Trouin, près de la place du Commerce. Au numéro 13. Un Chat, noir, qui a sorti ses griffes en avril 2011. La maman, c'est donc Claire. Nom : Brisseau. Signe particulier : une pêche incroyable. Véritablement montée sur ressorts, elle prend tout de même le temps de se poser le temps d'une interview.

    En 2010, Claire finit sa troisième année de thèse en droit social, à l'université de Nantes. Après avoir été major de promo en master 2. Elle a 26 ans. La doctorante, revenue quelques années plus tôt dans sa ville natale, en provenance de la Ville rose, se dirige tout droit vers un poste d'enseignante-chercheuse. Un destin tout tracé. Trop tracé. Une furieuse "envie d'être dans le monde, de se tourner vers les autres" la conduit à descendre du train. Plus envie de ronronner. "Je vais déterminer ma vie", se dit-elle. Et quoi de mieux qu'un bar pour être "en lien avec les gens, les artistes" ?

    "Un oubli total de ma personne"

    La jeune femme va saisir "une opportunité de fou". Acheter pour "une bouchée de pain" un bar en liquidation judiciaire. Ses "8 000 € de côté" ne suffisent pas, bien sûr. Parole de banques : "Vous n'avez rien à faire dans ce métier." Jusqu'à ce directeur de banque, qui voit juste, et la suit dans son aventure : "Je crois en vous, lui dit-il. J'aime bien votre énergie." Famille, amis, Fondes (Fonds de développement solidaire) et Région apportent leurs pierres à l'édifice. Début d'une nouvelle vie... et des travaux. "On a tout refait : presque deux mois de chantier participatif." Claire a la niaque. Le Chat Noir peut naître. Le 7 avril 2011 exactement. En appelant ainsi son café, la Nantaise fait un clin d’œil à un cabaret de Montmartre du même nom, symbole de la bohème à la fin du XIXe siècle.

    Pendant trois ans, elle va dormir sur place. Tout contre son Chat, dans un appart. Les premières années riment avec "un oubli total de (sa) personne". Engagée dans "un challenge de fou", Claire évoque "les menaces de mort quotidiennes pendant un an" dues au trafic de drogue dans le quartier. "Heureusement que j'étais une femme, sinon…" Sinon, elle aurait été agressée physiquement. La patronne est "un poids plume", observe Yannick, animateur de 31 ans et client historique. Une femme "culottée", surtout. Ce qu'elle a réalisé, "ça force le respect". Le Chat Noir pour Yannick ? "C'est le seul endroit où je suis à l'aise." Idéal "pour des petits budgets".

    "Un bar où plein de choses se passent"

    Sept ans plus tard, comment se porte le Chat Noir ? "Très bien", répond la gérante, 34 ans et une maison... à Bouguenais. Histoire d'échapper un peu à "l'énergie folle de la ville". À l'instar de ce dernier soir de mai, il y a toujours du monde dans son café. Ouvert tous les jours de 17 h à 2 h. "Plein de gens qui sont ravis de venir prendre un verre ici, se réjouit Claire, jean bleu et cheveux hirsutes. Des gens de tous les âges. Je voulais avoir un café ouvert à tout le monde." Et notamment à Géraldine, 47 ans, qui ne tarit pas d'éloges : "C'est le meilleur bar à Nantes, l'endroit où tu parles toujours à des gens, où tu rencontres des doux-dingues. Un bar fédérateur, un tantinet anarchiste. Un bar complet, où plein de choses se passent." Car il fait plus que servir des verres : théâtre d'impro, concerts, blind-tests, jeux, initiation au monde sourd, et autres réjouissances... rythment sa vie de Chat.

    Claire est comme un poisson dans l'eau : "Je suis idéale pour créer du lien social, ambiancer une soirée." Et pour servir des verres ? "Je n'avais aucune connaissance du métier. Mes serveurs et mes serveuses me l'ont appris, et les clients aussi !" En ce moment, elle s'appuie sur Lilou, Clémence et Laura, ses trois serveuses "associées à la réflexion sur le lieu". Attention, Claire ne veut pas d'un Chat qui s'endort sur ses lauriers. Pas le style de la maison... et du personnage : "On fait évoluer le lieu en permanence." Le Chat Noir offre depuis l'année dernière quatre salles, la petite dernière s'appelant "Salle en bois".

    "Deux bébés Chat Noir"

    Au fait, comment doit-on dire ? Patronne de bar ? Gérante ? Non, "tenancière de bar". Pour longtemps encore ? Au début, elle s'était dit "5 ans, c'est bien". Ça fait déjà 7 ans. "Ça me nourrit tellement ce que je fais." Vraiment pas prête de laisser son Chat. "Ton lieu, c'est ton bébé." Et d'ailleurs, son copain le sait : "Faut prendre mon café avec moi."

    Claire, qui a voulu être comédienne pour pouvoir exprimer tout son caractère, ne se sent "limitée en rien" au Chat Noir. Et c'est ce qu'elle aime. Elle évolue en totale liberté sur les planches... du comptoir : "Liberté de dire, de penser ce que tu veux."

    Elle a "des milliards d'anecdotes de bar". Allez, juste une : "Un couple a fait l'amour dans le couloir des fûts." Rien à voir, a priori, avec ces deux couples qui se sont formés au Chat Noir. "Il y a deux bébés Chat Noir connus. Et je suis la marraine de l'un d'eux", exulte la tenancière. Une sacrée belle histoire.

    www.chat-noir-nantes.fr


    Anthony Rampillon

     

    Affiche du chat noir Affiche du chat noir
    Au Chat Noir, on n' y vient pas seulement pour boire des verres... Il arrive au Chat Noir de faire nuit blanche !
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