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    Je vais enfin pouvoir être

    Dans la cour des grands

    Cours au lycée du soir Cours au lycée du soir

    Chaque année, ils sont 120 000 jeunes à décrocher du système scolaire, sans diplôme. Eux ont 20, 21, 22 ans ou plus et vont maintenant se battre pour décrocher leur bac. Au sein de l’établissement Saint-Félix, à Nantes, “le lycée du soir” donne une seconde chance à des jeunes qui veulent aller de l’avant. Une belle histoire racontée dans un documentaire, Je vais enfin pouvoir être, diffusé en mars sur France 3 Pays de la Loire.

    Salle comble pour un samedi matin au cinéma Le Concorde, à Nantes. Et un immense brouhaha ; car tout le monde se connaît ici : ils sont étudiants, parents, enseignants… et tous plus ou moins acteurs d'une histoire, celle du film qu'ils sont venus voir : Je vais enfin pouvoir être. Le résultat de six mois d'immersion d'une équipe de tournage au sein du lycée du soir de Saint-Félix. Un documentaire, signé Annick Redolfi, sur le quotidien de plusieurs jeunes aux profils variés, côté formation et vie privée, jusqu'au bac.

    Le lycée du soir ? Une structure presque inconnue en France, qui permet à des jeunes ayant quitté le système scolaire dans le secondaire de reprendre leurs études pour obtenir un baccalauréat en un an. Ce parcours, unique dans le département, a été implanté en 2008 par une enseignante du lycée Saint-Félix au profil atypique, Isabelle Belouin. “J'ai la particularité de ne pas avoir le bac, mais un diplôme d'équivalence et une bonne expérience professionnelle. Ça m'a poussée à lancer le lycée du soir, pour donner une chance à des jeunes qui n'ont pas forcément suivi un chemin classique.”

    Ainsi, tous les jours de la semaine, entre midi et 20 heures, des gens de tous âges reviennent étudier les maths, l'économie, la philo, avec un objectif bien clair : un bac en sciences et techniques de gestion (STG), spécialité communication et gestion des ressources humaines. Derrière ce nom barbare, la possibilité d'entamer des études supérieures et d'avoir un vrai projet professionnel. “J'aimerais travailler dans l'événementiel, surtout dans le domaine de la musique”, explique Jessica, ancienne élève du lycée général Saint-Félix et qui a eu le courage de revenir dans des locaux bien familiers.

    Prendre du recul pour aller de l’avant

    Angélique et Nicolas

    Comme elle, d’autres élèves ont eux aussi manqué le dernier échelon : “Je me suis retrouvée enceinte quand j'étais au lycée, et j'ai dû arrêter mes études, sans pourtant être en échec scolaire. Les années ont passé, mais j'ai toujours voulu reprendre une formation, et je me suis décidée quand ma fille est entrée en 6e à Saint-Félix”, explique Angélique, 31 ans. Maël, lui, a eu un parcours scolaire plus compliqué : “J’ai redoublé plusieurs fois, et j’avais de plus en plus de conflits avec l’autorité. Comme j’étais plus âgé que les autres, je me suis retrouvé en décalage, et j’ai préféré quitter le lycée. Mais au bout de deux ans sans rien, j’avais besoin d’avancer.”

    Cette période de flottement, ils l’ont tous vécue. Une transition entre l’école et le marché de l’emploi leur a apporté une certaine maturité. “C’est en découvrant le monde du travail que j’ai saisi l’importance de certaines matières”, témoigne Jessica. “Et la principale différence que j’ai constatée entre ici et le lycée “classique”, c’est l’accompagnement.” En effet, mettre en place une formation pour des jeunes qui reviennent volontairement au lycée sous-entend un encadrement à temps plein : il faut leur adapter un programme de deux ans sur une seule année pour se conformer à l'Éducation nationale, et surtout les motiver à rester en cours.

    C’est pourquoi l’effectif est limité : pas plus d’une quinzaine d’élèves, pour créer une cohésion entre eux, et une motivation collective. “Malgré leurs difficultés, ils ont su aller de l'avant, avec le même objectif. Travailler avec eux a vraiment changé notre état d’esprit, notre façon d’enseigner aux autres lycéens”, ajoute Isabelle Belouin. Les élèves passent ainsi neuf mois à conjuguer vie scolaire avec vie d’adulte, entre rigueur de travail au lycée et autonomie chez soi, entre journée de cours et petits boulots le soir. En se rappelant constamment pour quoi ils se battent, et faire en sorte que tout soit prêt le jour de l’examen.

    90 % de réussite

    Isabelle Belouin Le bac. Toujours un moment de stress, peu importe l’âge qu’on a. Surtout quand on a traversé un parcours semé d’embûches. Les lycéens du soir ont beau avoir étudié et révisé toutes les matières, ils ont tendance à être peu confiants quant à leurs chances de réussite. La présence de leurs proches et des enseignants avant et après les épreuves est d’autant plus importante pour les garder concentrés. Et quand tout est fini, il ne reste plus que l’attente.

    Quand les résultats tombent, la joie est aussi grande pour les profs que pour les élèves : ils sont 14 sur 16 à être admis, dont 7 avec une mention. “Ça fait vraiment plaisir de les voir réussir. Ça montre que de nombreux jeunes comme eux pourraient s’en sortir, et c’est une preuve que le lycée du soir fonctionne. Sur les deux premières promotions, nous avons eu un taux de réussite de plus de 90 %. Ça nous donne envie de développer la structure avec un bac général”, avance Catherine Henry, directrice du lycée. Une ambition grandement partagée par Isabelle Belouin : “Par l’intermédiaire du film, on veut se faire connaître. Avoir plus de reconnaissance, plus de fonds, et pousser d’autres lycées à ouvrir ce type de filière.”

    Les lumières se rallument dans la salle de cinéma. Une ovation teintée d’émotion retentit. On applaudit l’équipe du film, le corps enseignant, et surtout les lycéens. Ou plutôt les bacheliers désormais étudiants : les protagonistes vont pouvoir regarder vers l’avant, créer leurs projets sans se sentir en marge du système éducatif. Maël va étudier le breton à Rennes, Jessica va intégrer un BTS communication. Ils ont leur bac, ils vont enfin pouvoir être ce qu’ils veulent.

     

    Pour en savoir plus : www.saintfelix.info

     

    Annick Redolfi ou le documentaire engagé

     

    Fan de cinéma, cette ancienne journaliste militante a connu les dernières années de l’émission La Marche du Siècle, puis s’est rapidement orientée vers le documentaire. Après avoir réalisé Les médicamenteurs et d’autres films sur les dérives du secteur de la santé, elle se motive pour le projet du producteur Didier Leclerc sur le lycée du soir. “Il y a un problème d’éducation des jeunes, qui se retrouvent trop rapidement exclus dès qu’ils sortent du cadre scolaire classique. Pourtant, ces jeunes sont motivés, ils ont une maturité, une richesse inouïe dont la société a besoin. Nous avons tous un potentiel, reste à savoir si c’est à nous de nous adapter au système ou bien l’inverse.” Le film sera diffusé le 19 mars à 15 h 25 sur France 3 Pays de la Loire, et en mai sur toute la France.  De son côté, Annick Redolfi travaille sur de nouveaux sujets : le rôle des conciliateurs de justice, avant un documentaire sur l’euthanasie.

    Plus d'informations sur la diffusion du film, cliquez ici.

    Production : Imagine – Didier Leclerc, France 3 Pays de Loire – Alain Astarita, France 3 national – Alexandre Cazeres


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    Manuel Perreux - Journaliste
    Manuel Perreux - Journaliste

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