Habituellement, les crèches mancelles sont ouvertes du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h 30. Com3pom, elle, l’est de 7 h à 19 h 30, du lundi au… samedi ! Et ce, toute l’année ! À l’exception d’une semaine de fermeture entre Noël et le 1er de l’an. L’objectif visé ne peut être plus clairement affiché : proposer la plus large amplitude de temps d’accueil des enfants pour répondre aux diverses contraintes horaires de la vie professionnelle de leurs parents.
Une originalité qui ne s’arrête pas là. Certes, ici aussi, les parents doivent s’acquitter du montant de l’accueil au tarif horaire évalué selon leurs revenus. Mais en amont, ce sont leurs employeurs qui paient pour réserver un nombre de places ensuite attribuées aux salariés qui en ont besoin. Car Com3pom est la première crèche interentreprises du département.
Une histoire de la genèse
À l’origine de cette aventure, il y a des constats. Ceux d’entreprises, membres de deux associations – ZIS* et Club Novaxis – situées au sud du Mans. Ils induisent l’idée que faciliter l’accès à la crèche constituerait un argument pouvant aider, par le rassurant service parental ainsi rendu, à davantage attirer et fidéliser leurs personnels.
Le temps que l’insistance du discours finisse par convaincre des oreilles et initier des actes, un premier porteur de projet s’engage ; mais se désiste. C’est alors la Mutualité française Sarthe qui, assurée de l’engagement financier de la Caisse d’allocations familiales (CAF) et de l’appui de la mairie, reprend les rênes du projet. Aujourd’hui propriétaire de Com3pom, elle en est aussi la gestionnaire.
À l’ouverture, 27 places d’accueil étaient proposées. Le nombre est aujourd’hui passé à 30. Toutes réservées par sept entreprises (ACI Renault, GIE SESAM-vitale, Setram, Prefixe, CAF de la Sarthe, Vallée SAS, Mutualité française Sarthe) et une collectivité territoriale, la ville du Mans. Ces dernières ont également la possibilité de sous-louer à une autre entreprise demandeuse leurs places réservées, mais éventuellement demeurées vacantes.
Pari tenu !
“Malgré notre amplitude horaire et notre fonctionnement sur presque toute l’année, nous avons actuellement un taux d’occupation annuelle de la crèche autour de 77 %. L’agrément obtenu avec la CAF nous impose au moins 70 %”. Le ton avec lequel Patrick Dahl, éducateur de jeunes enfants dans cette crèche dont il est également le directeur, énonce ce résultat tient de celui du professionnel mesurant d’autant plus la satisfaction de l’administratif objectif atteint qu’il en connaît ses quotidiennes et donc bien réelles contraintes. En somme, pari tenu !
Car l’équipe de 12 salariés de Com3pom, tous professionnels de la petite enfance, assure aussi bien les accueils réguliers, temporaires, qu’occasionnels. La philosophie étant, dans la mesure des possibilités, de “se caler aux besoins des parents”. Un jonglage au quotidien qu’il faut parvenir à planifier, entre demandes et offres. Et l’information circule plutôt vite et bien. Entre autres sur une certaine possibilité d’accueil : “Le bouche à oreille a rapidement fonctionné. Les parents travaillant dans le commerce ont notamment vite su que nous étions les seuls à être ouverts le samedi.”
Trois ans et… plus ?
Le partenariat que les entreprises signent avec la crèche les engage pour trois ans. Leurs demandes de réservation varient en fonction de leur "taille". Ainsi avec près de 200 salariés, GIE SESAM-vitale dispose de deux places réservées à Com3pom. ACI Renault, et ses quelques 2 500 employés, en a dix.
“Il est plus difficile de parler des problèmes de garde des enfants dans un milieu professionnel très majoritairement masculin. Je ne pensais donc pas que ce projet serait aussi bien entendu.” Monique Viard, assistante sociale à ACI Renault, a participé à ce qui n’était encore que l’élaboration du projet. “Ceci dit, au moment où on a commencé à en parler, l’usine recrutait : un renouvellement de 20 % des effectifs, avec la volonté d’embaucher des jeunes. Certains allaient donc faire des bébés ! ” L’engagement financier pris est d’ailleurs “rentabilisé” puisque les dix places sont aujourd’hui occupées. “Personnellement, je n’avais absolument aucune crainte sur ce point", la crèche offrant, en plus, l’avantage d’être à quelques dizaines de mètres des portes de l’usine.
Située près de la gare, à environ 2 km de Com3pom, GIE SESAM-vitale a également participé aux débuts de l’aventure. À l’unique réservation de place effectuée dès l’ouverture de la crèche, s’est ajoutée une seconde dès l’année suivante. “Nous avons une population relativement jeune. En moyenne, pour une place qui se libère en crèche, nous avons cinq ou six demandes qui sont en attente”, précise Christelle Giret-Barbier, directrice des ressources humaines de l’entreprise. “Le coût annuel de la place est de 10 500 €. Une aide de la CAF intervient l’année suivante. Le coût employeur s’élève donc pour nous aux alentours de 7 000 € la place." Patrick Dahl précisant en plus que, pour les entreprises pouvant en bénéficier, “les allègements d’impôts permettent même d’abaisser le coût net de la place à 1 700 €". Satisfaite du partenariat en cours, GIE-SESAM-vitale devrait le renouveler à partir de 2011. Et elle ne sera pas la seule !
* Zone Industrielle Sud





















