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    Des Femmes en fil tissent leur toile de l'insertion

    L’équipe des Femmes en fils. L’équipe des Femmes en fils.

    Il y a cinq ans, aidée de sa sœur Yasmina, Farida Abid s’est lancée dans un pari un peu fou : monter une structure d’insertion par la couture dédiée aux femmes. L’association Des femmes en fil, installée au cœur du quartier Bellevue de Nantes, emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes. Elle a même décroché, l’année dernière, le premier prix du concours national "S’engager pour les quartiers".

    Sabah et Topaze s’affairent dans les anciennes cellules tandis que d’autres sont installées dans ce qui fut les vestiaires et les douches des policiers. Depuis plus d’un an, l’Atelier textile éthik et solidaire (ATES) Des Femmes en fil a investi les locaux d’un ancien commissariat situé place Mendès-France, au cœur du quartier Bellevue, à Nantes.

    Travail à façon, création de prototypes ou encore retouches pour les habitants du quartier… l’atelier emploie une quinzaine de personnes. Huit femmes, en insertion, travaillent directement derrière les machines. "Nous faisons un vrai travail", souligne Farida Abid, cofondatrice avec sa sœur Yasmina de l’association. "Notre production doit être irréprochable. C’est la clé de notre réussite. Notre objectif est de remettre des femmes debout grâce au travail. Nous avons une forme associative, mais nous recevons très peu d’aides publiques."

    Sortir des schémas classiques

    "S’engager pour les quartiers", édition 2014

     

    Chaque année, le concours national "S’engager pour les quartiers" récompense des projets dans les thématiques suivantes : innovation sociale et sociétale, création d’activité et développement économique, insertion professionnelle, vie quotidienne et lien social. Ce concours est une initiative de la Face (Fondation agir contre l’exclusion) et de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine.

    Le concours s’adresse à toute structure publique ou privée (associations, collectivités, établissements publics, entreprises hors grands groupes et filiales), implantée et/ou développant un projet dans les quartiers. Les candidats présentent un projet répondant à plusieurs critères : le projet pérenne doit être développé dans un quartier rénové ou en cours de rénovation urbaine, présenter un intérêt économique, social ou culturel pour le quartier, et être coconstruit avec plusieurs acteurs locaux publics et/ou privés, et son impact (économique, social, culturel) doit être tangible et mesurable.

    La date limite de dépôt des dossiers pour l’édition 2014 est fixée au 16 septembre à minuit.

     

    Plus d’informations sur www.fondationface.org/lancement-du-concours-sengager-pour-les-quartiers

    Farida Abid (en blanc) entourée de l’équipe des Femmes en fil. Cette démarche originale a séduit l'année dernière le jury du concours "S’engager pour les quartiers". "Nous avons été primées, alors que 189 dossiers avaient été déposés au niveau national !", se réjouit Farida Abid. "Au-delà de la somme, toujours bienvenue, de 10 000 €, ce concours nous a apporté une véritable reconnaissance vis-à-vis des institutions. Pour elles, jusqu’à présent, nous étions un peu un objet non identifié.  Avec Des Femmes en fil, nous sortons des schémas classiques des entreprises d’insertion déconnectées de la réalité."

    Le succès de l’aventure repose en grande partie sur les épaules de Farida Abid. C’est elle qui recrute les couturières et assure le suivi social. Chacune reste au maximum deux années dans l’atelier, le temps de restaurer la confiance perdue. Dès leur arrivée, toutes les salariées sont prises en charge par Sophie Sagot, la chef d’atelier. Forte de plus de 20 ans d’expérience dans l’industrie, c’est elle qui distribue les tâches et assure la formation au quotidien.

    L’histoire Des Femmes en fil est donc intimement liée à celle de sa créatrice. Au début des années deux mille, Farida Abid, qui élève seule ses deux filles, multiplie les contrats sans lendemain. Il lui arrive de cumuler jusqu’à trois emplois dans la même journée ! Elle souhaite se lancer dans la confection de costumes de spectacle. Un jour de 2005, elle déniche une vieille Singer à 25 € dans un vide-grenier.

    "J’ai appris toute seule avec ma machine", confie-t-elle. "J’achetais du tissu au kilo et j’essayais de piquer droit. J’ai toujours été passionnée par la couture. Petite, quand je n’avais pas école, j’accompagnais ma mère qui prenait des cours de couture dispensés par les conseillères de la Caisse d’allocations familiales."

    Farida Abid fait le pari que la confection textile a de l’avenir en France, malgré les oiseaux de mauvais augure. "Je n’ai pas pu trouver de formation, car tout le monde me disait que cela ne menait à rien. Résultat, aujourd’hui, comme pour les plombiers, il est devenu très difficile de trouver une bonne couturière, malgré une forte demande".

    Sur les conseils d’une assistante sociale, elle lance sa propre association Les petites mains en scène qui lui permet de se salarier. À l’époque, elle "fait" les marchés pour vendre ses créations.

    Rapidement, son affaire prospère. Il lui faut de l’aide. "J’ai passé une annonce et j’ai reçu une vingtaine de CV", se souvient Farida Abid. "De nombreuses femmes avaient l’habitude de coudre chez elles, mais n’imaginaient pas qu’elles pouvaient en faire un métier". Le projet Des Femmes en fil devient une réalité en 2009.

    Entre aiguilles et barreaux

    Après plusieurs années passées au rez-de-chaussée d’une HLM du quartier des Bourderies, l’association a déménagé l’année dernière dans l’ancien commissariat de Bellevue. Dans le fond du local, derrière les coupons de tissu, les messages laissés par d’anciennes couturières sont punaisés au mur, rappelant les bons moments passés à l’atelier. Qu’elles aient, ou non, continué dans la couture, toutes gardent un souvenir ému de leur passage dans l’atelier. Preuve que l’association tisse aussi, et surtout, un lien social fort.

     

    En savoir plus : www.desfemmesenfil.org

     

     

     

    Nicolas Démare

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