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Développeur entre les lignes

Simple Tan - Victor Leblais - Terri(s)toires À 18 ans, et sans attendre l'ouverture des données publiques, Victor Leblais a créé un site qui permet d'accéder très simplement aux horaires de la Tan (Transports de l'agglomération nantaise). Il en avait marre de passer par le site officiel qu'il ne trouvait pas assez pratique. www.simpletan.fr reçoit désormais plus de 300 visites par jour et lui a permis de se faire un nom dans le paysage numérique nantais... ce qu'il n'a pourtant jamais recherché.

Cinq clics et dix secondes suffisent pour trouver un horaire. Sur ordinateur ou sur mobile, SimpleTan (à prononcer à l'anglaise) est, comme son nom l'indique, d'une simplicité enfantine. Sur le site officiel, www.tan.fr, il faut trois clics pour arriver à un lien vers les horaires en pdf, puis télécharger le document, zoomer, trouver le tableau qui correspond à la direction souhaitée, revenir sur le site pour télécharger le calendrier des jours jaunes et roses (lui aussi en pdf)... et enfin obtenir son horaire.

"J'en avais marre de passer tant de temps à trouver les horaires à l'arrêt !", explique Victor Leblais. Étudiant en prépa PTSI (Physique, technologie, sciences de l'ingénieur) au lycée Livet de Nantes, il a commencé à développer des sites et des logiciels en 2005. Avant tout pour répondre à ses besoins : "quand un programme ne me convient pas, j'en crée un. Dernièrement, j'en ai créé un pour gérer les comptes bancaires et me motiver à faire les miens. Chez moi, j'ai créé des sites en réseau local, pour partager la musique, par exemple. Au début, SimpleTan, c'était une ligne et deux arrêts : celui à côté de chez moi et celui de Livet. Ma mère m'a demandé de lui créer la même chose pour son boulot, puis des amis pour les arrêts près de chez eux... et j'ai fini par le faire pour - presque - toutes les lignes !"

La mise à jour se fait automatiquement, car Victor a créé un script qui permet d'aller chercher les informations directement dans le code source du site de la Tan. "N'importe qui peut le faire : dans l'adresse des pages de leur site, il y a toutes les infos : le numéro de la ligne, la direction, la date... J'ai juste mis un peu de temps pour comprendre leur logique. Ce n'est pas du hacking, mais normalement, ça ne se fait pas trop. Sur Paris, un gars a fait la même chose que moi et la RATP l'a attaqué en justice !" Ne voulant pas prendre de risque, le jeune développeur a donc demandé l'autorisation à la Tan. "Ils ont été très cool, très coopératifs. Mais ils ont peut-être été surpris par la différence entre la page de test que je leur avais montrée et le résultat final !", rigole-t-il. Car une fois le site lancé, l'accueil n'a pas été des plus chaleureux, un message sur le compte Twitter officiel incitant les utilisateurs à la vigilance en indiquant que les informations étaient moins fiables que sur www.tan.fr.

Succès désintéressé

Simple Tan - Terri(s)toires Le succès aidant, la Tan a revu sa position. Et après un mois d'existence de SimpleTan, Victor a été contacté pour un rendez-vous avec l'entreprise de transports. "Ils m'ont dit qu'ils aimaient bien mon site. Ils ne voulaient pas le racheter, mais m'ont proposé de travailler avec eux sur le site mobile qu'ils sont en train de préparer, qui sera beaucoup plus complet que le mien."

En attendant, SimpleTan lui a permis de se faire repérer : il sera prochainement intervenant au Web2Day, événement sur l'innovation numérique de première importance dans l'Ouest, et une agence parisienne spécialisée dans les applications dédiées aux transports lui a même proposé un poste… qu'il a "gentiment décliné". Car Victor ne souhaite pas en faire son métier, mais devenir ingénieur. "Ça reste un loisir. Me faire un peu d'argent de poche en développant quelques sites en parallèle de mon travail, pourquoi pas, mais le faire à plein temps dans une entreprise, ça ne m’intéresse pas du tout !"

Les success stories liées au web ne manquent pas, à commencer par celle du fondateur de Facebook qui a fait l'objet du film Social Network. De quoi donner des idées ? "Mon entourage n'arrête pas de me comparer au personnage de ce film, de me dire "allez, va bouffer du code". Mais il faudrait vraiment trouver LE site miracle, un concept nouveau et meilleur que ce qui existe déjà. Et mes amis, finalement, ne vont que sur trois sites... dont Facebook et Youtube !" Alors souhaite-t-il monétiser son audience, au moins pour rembourser les frais d'hébergement et ses nombreuses heures de travail ? Même pas. "J'ai fait plusieurs essais avec de la pub, mais je n'accroche pas du tout. C'est un projet personnel étendu, et ça me suffit de pouvoir aider des gens. C'est gratifiant."

 

www.simpletan.fr

http://leblaisvictor.com

 

Naoned bus, petite sœur android

Application Naoned bus SimpleTan est multiplateforme, ce qui fait à la fois sa force et ses limites. Romain Guefveneu, développeur de 22 ans, a, lui, créé une application pour Android, le système d'exploitation pour smartphones créé par Google, et qui devrait très rapidement devenir le plus répandu. "J'en avais marre d'utiliser le site de la Tan et d'attendre que mon ordi s'allume pour obtenir les horaires, et pour mon projet professionnel, j'avais envie de développer pour Android." Lors de son entretien d'embauche chez Netapsys, il présente la version "O.1" de son application, et décroche le poste. "Ça m'a beaucoup aidé", se réjouit-il. En avril, son application a connu une évolution notable : mis en relation avec un développeur engagé dans le projet collaboratif Open Street Maps (www.openstreetmap.fr), il a pu récupérer les coordonnées GPS de tous les arrêts de la Tan. Désormais, dès la page d'accueil de l'appli, l'utilisateur voit en un coup d'œil tous les bus et tramways qui vont bientôt passer à proximité de l'endroit où il se trouve. "Sur mon PC, j'utilise SimpleTan, mais sur mobile, mon appli a une valeur ajoutée", souligne Romain avec un sourire. La concurrence est de bonne guerre, car si lui a décidé d'en faire son métier, il ne s'attend pas non plus à faire fortune. "L'application est gratuite. J'ai fait appel aux dons une fois pour pouvoir la mettre sur l'Android market (l'inscription coûte 25 dollars), et une seule personne m'a répondu en me donnant 15 €. Mais je ne fais pas ça pour gagner de l'argent. Je suis un bienfaiteur de l'humanité ! (rire) Ça fait déjà plaisir d'avoir des retours, de savoir que ce qu'on a créé est utilisé, ou même mieux, de voir quelqu'un l'utiliser en soirée sans savoir que c'est moi qui l'ai créé..."

Pour télécharger l'application, suivez ce lien :

https://market.android.com/details?id=net.naonedbus&feature=search_result

Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

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