Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    La solidarité en musique

    Du désert malien au centre-Bretagne, le bel espoir de Tadalat

    Zeidi Ag Baba, le bassiste de Tadalat Zeidi Ag Baba, le bassiste de Tadalat - © Antonio Viscido

    Ils sont Touaregs et Maliens, musiciens, jeunes et... déterminés à donner le maximum pour servir les causes qu'ils défendent. C'est en Bretagne qu'ils ont établi leur nouveau campement, le temps d'un été, d'une première tournée européenne et d’un album 100 % solidarité locale. À la découverte du groupe tamasheq Tadalat, ambassadeur de l’identité touarègue dont la musique, entre rock et blues, tirée de chants traditionnels du désert, porte de forts messages de paix et d’espoir.

    Prix Révélation du festival au désert de Tombouctou en 2012, le groupe Tadalat sortira bientôt son deuxième album, une production 100 % bénévole… made in Breizh. En effet, l'annulation de tous leurs concerts programmés au Mali pour cause de conflit les confronte plus vite que prévu à l'international, grâce au soutien d'un projet solidaire, Sahara Sounds, et à la réactivité d'acteurs culturels bretons, mobilisés à leur tour pour sortir de l'anonymat ces artistes encore dispersés il y a peu dans différents camps de réfugiés. "Au-delà de la musique et de notre attachement  à notre identité, l'urgence est de venir en aide aux réfugiés, expatriés hors du Mali ou à l'intérieur du pays, et de permettre aux familles éclatées de retrouver leur vie normale", explique Abouba entre deux prises de son. Silence, on enregistre.

    Une musique qui transcende l'espoir des peuples du désert

    Pause repas pour Tadalat

    Si le conflit armé n'a pas entamé la volonté du groupe de se produire, il a rendu particulièrement compliqué leur parcours pour lever des obstacles déjà existants. Oumar, Abouba, Bina, Mohamed et Zeidi vivent cette première expérience loin de

    leur désert natal comme une opportunité unique de partager et de promouvoir la culture tamasheq. Portés par l'espoir d'une carrière artistique, mais aussi d'une situation pacifiée au Nord-Mali permettant à toute la jeunesse de prendre en main son destin, ces musiciens d'une vingtaine d'années donnent une formidable leçon de citoyenneté. Ils témoignent qu’on peut penser l'avenir en-dehors des références ou des clichés que la guerre au Mali a mis sur le devant de la scène. Dimanche 11 août, ils retrouvaient au pied du Mont-Blanc le directeur du Festival au désert, Manny Ansar, et c'est sans doute avec beaucoup d'émotion qu'ils ont appréhendé cette nouvelle scène “À la croisée des chemins”, sur fond d'élection présidentielle au Mali.

    Censé ramener le calme dans cette région désertique de l'Azawad, dont le rêve d'indépendance semble n'avoir duré que quelques mois, ce tournant de la vie démocratique sera-t-il au rendez-vous des revendications de tout un peuple nomade pour la reconnaissance de ses droits culturels, expression d'autant plus légitime que le sous-développement dans cette région reste flagrant ? Certes d'autres zones du Mali présentent des signes analogues du manque de volonté politique pour améliorer les conditions de vie des populations, mais la question touareg bénéficie d'une audience internationale, qui n'ignore pas combien les problèmes actuels sont profondément liés à l'histoire de l'occupation coloniale. Transmis aux nouvelles générations par des groupes comme Tinariwen, l'esprit de revendication et de rébellion fait ici corps avec l'identité culturelle véhiculée par la mémoire collective.

    Sahara Sounds : sortir les musiciens du désert

    Issus de différentes ethnies - le Mali en compte plus d'une cinquantaine -, les membres du groupe Tadalat ont conscience de la valeur d'exemple qu'ils peuvent donner à leur ambition de jeunes artistes. Sur les traces de leurs aînés, dont Tinariwen, ils travaillent leurs compositions en puisant dans le répertoire traditionnel touareg qu'ils revisitent avec beaucoup de talent. Le résultat est saisissant d'émotion, de poésie et de fraîcheur. Mais au Sahara, si les talents pullulent, ils sortent rarement de l'anonymat. L'isolement de cette région explique en partie cette situation, le sous-développement également, mais la raison première reste l'absence de structures d'accompagnement. Le projet Sahara Sounds, initié par un jeune ingénieur du son malien, Abdallah Ag Amano, vise à combler en partie ce déficit. Le groupe Tadalat est un des premiers à bénéficier de ce soutien, lequel aboutit enfin, après deux années de travail, à une première tournée de concerts en Europe. Stoppés dans leur élan brutalement par une guerre qui a disséminé les membres du groupe dans différents camps de réfugiés, dans l'incapacité encore aujourd'hui de jouer leur musique dans leur pays, les cinq jeunes musiciens de Tadalat vivent aujourd'hui, en Bretagne, les débuts fort prometteurs de leur future carrière professionnelle.

    En quête de considération

    Bien que nouveau sur la scène internationale -le groupe n'avait encore jamais quitté le sol africain-, Tadalat s'efforce d'être à la hauteur de l'enjeu et de ses références (Tinariwen, Tamikrest, entre autres). Leur prestation remarquée au Festival au Désert/Presenze d'Africa de Florence est suivie d'un accueil enthousiaste par les différents publics qu'ils croisent sur leur route. Bien sûr, chaque nouvelle rencontre est l'occasion de témoigner d'un vécu tout en s'ouvrant à la culture de l'autre.

    Samedi 3 août, Chez Mamm Kounifl, le café-cabaret de Locmiquélic avait choisi de mettre au menu cette  musique du désert, créant une véritable oasis en face de la rade de Lorient et des quais animés du festival interceltique. Dans la salle, Titou, guitariste breton exilé à Barcelone, et son amie mexicaine avaient fait demi-tour, renonçant au festival de La Roche-Bernard où ils comptaient passer la soirée ; Jamel, jeune créateur de l'économie sociale et solidaire branché musiques actuelles, était venu spécialement de sa banlieue parisienne ; Maud, prof de diato à Pontivy et Moréac voudrait reprendre des morceaux du répertoire de Tadalat pour les intégrer à ses projets pédagogiques, en espérant, qui sait, qu'un projet de résidence puisse voir le jour en 2015 pour aller plus loin dans la coopération culturelle…

    Le thé traditionnel préparé à la touareg facilite les échanges entre les passages sur scène, et les envies ne manquent pas de se prendre au jeu d'une réelle relation à faire vivre dans la durée. Tout autant que la pratique de la scène, ce sont ces moments de complicité spontanée avec des inconnus, qui nourrissent le vécu du groupe et, pour chacun des musiciens, cette capacité singulière à se projeter dans un projet artistique porteur de sens et de valeurs, au-delà de sa propre culture.

    L'art et la culture, une "arme" humanitaire

    Aujourd'hui concentrés sur des journées particulièrement chargées, entre répétition, concert, enregistrement et longs trajets, les musiciens de Tadalat n'en oublient pas leur rêve : contribuer, grâce à leur notoriété grandissante, à la création d'un équipement culturel dans leur village d'Aguel Hoc, nom donné à leur premier album. La rencontre avec Étienne Callac, bassiste professionnel originaire du centre-Bretagne, a déjà ouvert la porte à un possible perfectionnement technique, jusque-là inaccessible à ces autodidactes privés de tout dispositif d'accompagnement. S'ils savent bien que ce n'est pas demain qu'ils pourront accueillir chez eux d'autres jeunes dans une école de musique flambant neuve comme celle de Pontivy, leur démarche ambitieuse porte le levain d'un projet de développement culturel qui devrait trouver écho dans les populations locales.

    D'autres belles rencontres avec des musiciens, en Bretagne, en Italie et ailleurs, jalonnent le calendrier de Tadalat. Cette aventure humaine marquera pour longtemps l'histoire du groupe. Les échanges multiples et ces exemples que sont les festivals et les équipements culturels en Bretagne sont autant de prétextes pour ces jeunes talents de croire encore plus en leur énergie et en leur capacité à défendre des projets adaptés à leur contexte. Ils pourront en tout cas raconter à leur retour toute la solidarité et l'élan de sympathie dont ils auront été l'objet pendant trois mois en Europe... et notamment en Bretagne.

     

     

    Françoise Ramel

    Suivre Tadalat sur Facebook : https://www.facebook.com/tadalat.official

    JavaScript est désactivé!
    Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

     

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Commentaires  

     
    +1 #3 RAMEL 26-11-2013 18:06
    Du nouveau dans l'aventure d'une rencontre unique entre un groupe crée dans le désert dans la région de KIDAL et un territoire rural de Bretagne intérieure, engagé depuis 2008 dans une dynamique d'Agenda 21 Culture, à l'échelle Pays.
    Pontivy Communauté a accepté hier de prendre le relais des bénévoles investis sur le projet solidaire pour accueillir courant 2014 un des musicens du groupe TADALAT au sein du conservatoire à rayonnement départemental, et ce grâce à l'appui de France Volontaires qui a permis un rapproohement avec une structure culturelle de BAMAKO, ACTE SEPT, dont le directeur, Adama TRAORE, est aussi le président de la coalition malienne pour la diversité culturelle.
    Moins de 3 mois après son départ au Mali, Zeidi Ag Baba, bassiste et chanteur autodidacte, a donc l'assurance de retrouver le musicien breton, qui lui a tant donné l'envie de revenir se former en Bretagne : Etienne Callac, un habitué des scènes internationales qui donne également depuis deux ans des cours de basse et de percussions au conservatoire de Pontivy.
    Rendez-vous en 2014 pour suivre ce beau projet artistique et culturel.
    En attendant, vous pouvez faire un tour sur le site de Zeidi pour découvrir ce jeune talent prometteur.
    saforatadalat.wix.com/zeidi-ag-baba
    Signaler à l’administrateur
     
     
    0 #2 Ramel 01-09-2013 20:06
    Belle concordance de temps : la Bretagne et le Fetival au désert vont être à nouveau réunis en octobre prochain par un évènement international, le salon des professionnels des Musiques du Monde : WOMEX.
    De son côté, la Bretagne sera représentée grâce à un stand de la Région. Quant à l'équipe, aux artistes, aux bénévoles et aux partenaires du Festival au désert, ils seront mis à l'honneur, le dimanche 27 octobre, lors d'une cérémonie de remise de prix internationaux.
    womex.com/.../Festival_au_Desert.html
    Il reste à espérer que cette nouvelle croisée des chemins entre Bretagne et Nord-Mali débouche sur de réelles perspectives en matière de coopération culturelle et de solidarité internationale. A suivre...
    Signaler à l’administrateur
     
     
    +1 #1 Ramel 21-08-2013 11:55
    Dernière semaine de la tournée de TADALAT : le plein d'émotions à Plozevet (29) et une dernière bouffée d'ambiance de grand festival breton avant de retrouver le Mali pour Oumar, Abouba, Bina, ohamed et Zeidi
    culturebox.francetvinfo.fr/.../
    Signaler à l’administrateur
     

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...