Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    Fondations : tournez mécènes ! - ép. 5

    Écovillage à Lopheret : Ecocum, mettre son environnement en commun

    L'écovillage de Lopheret, dans le Finistère L'écovillage de Lopheret, dans le Finistère

    À l'entrée des années deux mille, le groupe de réflexion Ecocum se constitue à Brest et pose les fondations théoriques d'un projet d'écovillage. Abordé comme une alternative aux modes de vie et d'habitat énergivores, Ecocum est porté par des personnes qui poursuivent des utopies. Mais aujourd'hui, le rêve est en passe de devenir réalité. Reportage dans ce petit village breton qui devrait résister longtemps au règne de l'individualisme.

    Céline et Benoît sont désormais installés dans leur maison, au cœur d'Ecocum, un lotissement de neuf parcelles surmontées de maisons en bois et situé à proximité du bourg de Lopheret (29). Une vingtaine de personnes, adultes et enfants, vont bientôt rejoindre les premiers aventuriers. Céline et Benoît faisaient d'ailleurs déjà partie du groupe de réflexion qui a initié ce projet ambitieux de vie en collectivité. Baie vitrée au sud, forêt, jardins et locaux partagés, philosophie de la mutualisation et respect de l'environnement, Ecocum est en effet un lotissement exemplaire.

     

    Le projet se concrétise en 2007, lorsque Mona repère un lopin de terre à vendre situé sur la commune de Loperhet, à quelques encablures de la rade de Brest : 6 000 m², exposé plein sud. La proximité de la voie express ne convient pas à certains, d'autres sont intéressés, et la municipalité annonce vouloir soutenir le projet. Dès lors, les choses s'accélèrent : l'architecte Patrick Balcon travaille sur les premiers plans qui posent les bases d'une copropriété horizontale, puis Tristan Laprairie dessine les neuf maisons du lotissement selon les attentes des propriétaires. Le résultat est séduisant, chaque maison ayant une forme différente et originale : circulaire, en fer à cheval, à deux toits, avec un toit-terrasse, sur pilotis...

    Un pour tous et tous pour un

    Janeth et Marie Jo, futures habitantes

    Les participants ont établi une charte commune pour fixer les valeurs d'Ecocum et les aspects techniques du bâti. Les relations entre les futurs habitants se fondent ainsi sur la volonté de respecter l'autre pour ne pas lui nuire. Les décisions sont prises de façon démocratique sur la base du consensus et l'avis des enfants peut parfois être pris en compte.

    Si le projet Ecocum a aujourd'hui toutes les chances d'aboutir, c'est aussi parce que ce petit groupe de personnes partage les mêmes valeurs et les mêmes pratiques : le recyclage, l'alimentation biologique, la culture bretonne. Tous sont également décidés à agir pour réduire leurs dépenses énergétiques en mettant en place des solutions concrètes. Last but not least, l'échange intergénérationnel est au cœur du projet. Des retraitées côtoient des actifs, des familles avec enfants et des personnes seules. En avril 2013, douze adultes et huit enfants sont installés ou sont prêts à s'installer à Ecocum. Et il reste encore de la place ! Une parcelle sur les neuf est encore vierge et une maison déjà finie est mise en vente...

     

    Le chemin pour arriver à ce résultat a pourtant été long et difficile : les habitants d'Ecocum s'accordent tous pour dire que la mise en œuvre collective d'un projet d'écohabitat est une véritable épreuve. Tout d'abord à cause de la nécessité de prendre les décisions de manière collective. Rien n'est défini par avance, et sur certaines questions, notamment celles qui touchent à l'argent, il y a des flottements, voire des incompréhensions. "Il faut être prêt à gérer des problèmes qui n'ont rien avoir avec l'écologie", confie une future habitante. "Nous avons par exemple des soucis avec les toitures de nos maisons. La justice a été un moyen de recours pour régler les problèmes. Et il faut traiter avec les assurances, les délais sont longs et les chantiers sont retardés..."

    Une solution verte et collective à la crise de l'immobilier

    Les maisons ont été imaginées en harmonie les unes avec les autres et seront équipées de toilettes sèches, de panneaux solaires, de matières écologiques à faible énergie grise. Les parcelles, d'une surface équivalente de 180 m², accueillent un habitat en ossature bois.

     

    Construire une maison écologique représente un coût difficilement accessible aux revenus modestes. À Ecocum, grâce aux économies d'échelle, une maison sans le terrain coûte entre 100 000 et 150 000 euros (certaines maisons sont plus grandes que d'autres et utilisent plus ou moins de matériaux). La plupart des Ecocumiens sont auto-constructeurs à 40,50 voire 60 %. Le terrassier, le charpentier, le couvreur, le plombier interviennent sur le gros œuvre.

    Une bourse de la Fondation de France* a par ailleurs permis aux membres du groupe de se former sur des points précis comme l'assainissement phytosanitaire, l'isolation à la paille, le chantier participatif ou encore la communication non-violente.

    Dernière ligne droite

    L'arrivée de la cuve de récupération

    Chacun essaye de donner un coup de main à l'autre, mais chaque foyer supervise son chantier. D'ici fin 2013, la construction des maisons individuelles sera terminée. Restera la maison collective, déjà présente sur le terrain, car elle date des années soixante-dix. Chaque foyer sera propriétaire d'une part de ce local et sa gestion sera collective. La maison servira de lieu d'accueil pour les amis, de buanderie commune, les enfants pourront venir y faire leurs devoirs, les parents se réuniront pour partager des repas, organiser une fête, etc. Il faudra aussi dessiner le jardin collectif et le cultiver, construire le hangar à vélo... les projets ne manquent pas.

    Aujourd'hui, trois maisons sont achevées et deux sont habitées. Céline et Benoît, les pionniers, profitent de leur maison tout en terminant quelques petits travaux d'intérieur. Janeth, retraitée de l'enseignement, aménage son patio et s'occupe de sa famille. Marie-Jo est quant à elle dans l'expectative et ne sait pas encore quand ses travaux seront finis afin qu'elle puisse s'installer. Mona et Patrick terminent l'isolation à la paille, et Julian, qui s'affaire également à l'isolation intérieure de sa maison, espère voir sa famille y emménager cet été.

     

    Une cuve récupérée auprès d'un chai arrive tout juste sur remorque, elle servira pour la phytoépuration. Tout le monde sort de sa maison ou de son chantier pour donner un coup de main...

     

    * Le projet a d'ailleurs obtenu le Laurier départemental de la Fondation de France qui récompense la meilleure initiative du Finistère.

    Repères

    Les projets d'habitat collectif et écologique fleurissent un peu partout en France depuis les années soixante-dix. Le Mouvement de l'Habitat Groupé Autogéré recense une centaine de projets aboutis. La plupart intègre une dimension écologique. Ce sont notamment des femmes (seules et/ou âgées) qui sont séduites par l'habitat collectif, à l'image des babayagas en région parisienne. Aujourd'hui, plusieurs dispositifs et associations soutiennent les particuliers souhaitant se lancer dans l'écoconstruction.

     

    En savoir plus : www.eco-habitat-bretagne.org

    Pauline Burguin - Journaliste
    Pauline Burguin - Journaliste

    Voir tous ses articles
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...