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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°4

    Effet de souffle sur la rive de Saint-Herblain

    Quai Cormerais Quai Cormerais - © Franck Tomps

    "Usine Brûlée" ? Drôle de nom pour un arrêt de bus. Mais il est plusieurs fois justifié, à Saint-Herblain, du côté de Roche-Maurice, tant l'histoire du lieu est faite d'industrie et d'accidents. Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps continuent à gratter les berges du fleuve, pour découvrir des épisodes, anciens et moins anciens, qui forgent l'identité du territoire.

    Là-haut, au sommet du silo à grain de Chantenay, des entailles énigmatiques strient le béton sur plusieurs centimètres de profondeur. Sabotage ? Bien au contraire. En 1997, au lendemain de l’explosion du silo de Blaye sur l’estuaire de la Gironde, qui fit 11 victimes, la preuve est faite que ces installations géantes ne sont pas d’innocents réservoirs à grains, mais peuvent se transformer en véritable bombe sous l’effet conjugué de l’accumulation de poussière et d’une forte chaleur. À Nantes, on barde le silo de Chantenay de détecteurs et on balafre le toit des alvéoles à grands coups de lapidaire dans l’espoir de diriger une éventuelle explosion vers le haut plutôt que de voir tout l’édifice voler en éclats, comme à Blaye. L’astuce n’a jamais pu être testée grandeur nature, même lors de l’incendie de l’une des cinquante alvéoles, en 2009 : les pompiers en sont venus à bout à temps.

    Retour sur le quai de Roche-Maurice. L’ombre du silo s’étale vers l’aval sur une centaine de mètres. Sa pointe semble nous désigner l’endroit exact où, le 29 octobre 1987, ces mêmes pompiers ont déjà été appelés à l’aide. Ce jour-là, dans un entrepôt abritant près de 3 000 tonnes d’engrais, une combustion invisible couve sous la masse. Dans un silence cotonneux, sans flamme, le bâtiment laisse échapper un gigantesque nuage roux saturé de chlore et de peroxyde d’azote. Le plan Orsec est déclenché. Les bus du réseau de transport de Nantes sont réquisitionnés. Dans la confusion, les premières évacuations s’organisent : si les deux cents habitants du quartier enclavé de Roche-Maurice – situé sous le vent à trois cent mètres du sinistre – sont oubliés, près de 38 000 personnes sont évacuées, notamment à Saint-Herblain. À l’échelle européenne, c’est la première évacuation d’envergure d’une population soumise à un risque industriel. Huit heures après le début de l’incendie, le nuage toxique s’étendra sur une largeur de 6 km et enveloppera tout l’estuaire de Nantes à Saint-Nazaire.

    L’arrêt de bus Usine Brûlée porte bien son nom

    Le temps d’imaginer le fleuve recouvert d’une écharpe de volute de peroxyde d’azote et nous voilà déjà sur la rive industrieuse de Saint-Herblain, entre une usine de gaz, une unité de traitement des eaux et des rangées de réservoirs. Sur le quai Émile-Cormerais, l’arrêt de bus Usine Brûlée rappelle l’emplacement d’une usine chimique partie en fumée dans les années 1860, marquant sans doute la première catastrophe industrielle de l’ère moderne dans l’estuaire de la Loire. Quoiqu’il en soit, Saint-Herblain a souhaité commémorer l’événement par un arrêt de bus et a continué à confiner sur la rive du fleuve les risques industriels. Au lieu-dit Usine brûlée, le conseil municipal avait même donné son aval à l’installation d’une raffinerie en 1938, projet contrecarré par la guerre. En 1978, c’est finalement un dépôt d’hydrocarbures d’une capacité de 80 000 m3 qui y verra le jour. Mais l’on ne construit pas sans risque des installations aussi sensibles sur un lieu-dit de ce nom-là… Le 7 octobre 1991, l’explosion des réservoirs embrase le dépôt. Des flammes d’une soixantaine de mètres de hauteur ravagent les installations, provoquent la mort d’un chauffeur routier et font deux blessés graves. L’arrêt de bus Usine Brûlée n’aura jamais aussi bien porté son nom.

    Un kilomètre plus loin, nous atteignons Indre. Derrière les grilles de l’ancienne usine d’engrais AZF – classée Seveso – démantelée en 2007 au grand soulagement des riverains, on peut encore lire les consignes de prudence données aux chauffeurs de camions : « Prenez connaissance des zones de repli… ». Sa jumelle, l’usine AZF de Toulouse, a explosé le 21 septembre 2001.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

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