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    Dans la roue d'Europ'raid, ép. 5 (Macédoine - Bulgarie)

    En Bulgarie, le fascinant Buzludzha

    Le Buzludzha, un temple abandonné en Bulgarie Le Buzludzha, un temple abandonné en Bulgarie

    À mi-parcours de l’aventure, nous commençons à entamer notre remontée, vers la Macédoine, puis la Bulgarie. Des paysages toujours aussi époustouflants. Et puis la découverte d’un ovni architectural : le Buzludzha, temple abandonné du parti communiste soviétique. Une soucoupe volante vissée à 1400 mètres d’altitude. Bienvenue au pays de la démesure ! (cinquième épisode du feuilleton Dans la roue d'Europ'raid)

    De la Macédoine, j’aurais surtout vu les sourires des enfants de Makedonska Kamenitsa, cette ville située au nord-est du pays. C’est, en effet, là que s’est déroulée la troisième action solidaire du raid, et certainement la plus émouvante. 3,5 tonnes de matériel scolaire, sportif et médical furent réparties entre les quelques 600 élèves qu’accueille l’école Saint Cyril and Methodius. Une action solidaire très concrète pour laquelle les participants ont pu remettre les fournitures en mains propres aux élèves.

    L’humanitaire est parfois taxé de « dumping social » : apporter des livres ou du papier aux écoles engendre une concurrence au seul papetier ou libraire de la ville qui se trouve ainsi mis en difficulté financière. C’est malheureusement vrai dans certains cas. Ici, la petite ville de Macédoine est aux confins de la Bulgarie, dans les montagnes. Une zone rurale, « loin des préoccupations des politiques nationales » a-t-on pu entendre de la part de quelques habitants. Pas de libraire ici. Pas de papetier. Cette ville économiquement viable, il y a des décennies, est devenue le parent pauvre de la Macédoine.

    Cortège macédonien jusqu’au bivouac

    Les armoiries de la Macédoine

    L'emblème de la république de Macédoine représente le soleil et ses rayons se levant sur le pays et symbolisant la liberté qui s'étend sur la Macédoine. Les figures centrales suggèrent la montagne Šar avec le pic Ljuboten ou le mont Korab. À l'origine, en 1946, la montagne représentée était celle du Pirin, en actuelle Bulgarie. Le 16 novembre 2009, l'étoile rouge fut enlevée des armoiries, rompant ainsi avec le passé communiste du pays.

    Il n’y a qu’à voir l’accueil de la part de la municipalité, des forces de police et des habitants de Makedonska Kamenitsa pour se dire que l’aide apportée aura été un moment important pour eux. Défilé des 205 et concert de klaxons à travers la ville, applaudis par les habitants venus en nombre sur le bord des routes. Europ’raid fut l’animation de cette fin de journée d’août dans la péninsule des Balkans. Et quand arrive l’heure de rejoindre notre bivouac, situé sur les hauteurs montagneuses de la ville, la police municipale décide de nous ouvrir la voie… Escortés par les autorités locales, nous voici en chemin vers le bivouac. Chemins de terre, lacets à perte de vue, la balade nous fait traverser des paysages étonnants et détonants ! Arrivés tout en haut, la vue est à couper le souffle. Nous allons dormir à flanc de colline, la nature environnante pour seule compagne. Ah non, quelques moustiques aussi ! C’est que ça se mérite une vue époustouflante…

    Des pyramides de Stob au Monastère de Rila

    Petits yeux au lever du bivouac. Moustiques et fraîcheur de la rosée oblige ! Mais une immense envie de filer vers la Bulgarie et ses atouts de charme. Bon, cela a assez mal commencé… Vous vous souvenez de mon âme de sportive  lors de la randonnée dans les Dolomites ? Eh bien, je peux vous dire que les collines bulgares pourraient rivaliser… Première étape de la journée : interview à réaliser en haut des pyramides de Stob. Échaudée une fois, je me méfie. Mais j’y vais. Pas assez méfiante semble-t-il ! Il faut dire qu’on les appelle aussi les « cheminées des fées »… Avec un nom aussi poétique, je ne pouvais pas me douter que l’ascension serait aussi une sacrée épreuve du feu… sur les joues ! Une heure de « grimpette » assez dense. Sous la chaleur bulgare. Classées « phénomène naturel d’importance nationale », ces pyramides orangées sont couronnées en leur sommet, ce qui leur donne un air de parapluie, ou de champignon, c’est selon… Selon l’état de fatigue peut-être ?! Alors ça grimpe un peu moins longtemps qu’au lac de Sorapis, d’accord, mais tout de même. J’en ai bavé de nouveau. Décidément, ce raid aura voulu avoir ma peau de citadine peu habituée aux randonnées pittoresques.

    Mais un peu de calme après l’épreuve était le bienvenu, le voici trouvé au Monastère de Rila, à quelques encablures des pyramides. Fondé au Xe siècle par un ermite canonisé par l’Église orthodoxe, c’est devenu un lieu sacré à sa mémoire. Le temps y semble suspendu. Caractéristique de la Renaissance bulgare, les ors et décors slaves forment un ensemble d’une grande richesse artistique. C’est aussi bon qu’on s’y sent bien. Apaisé. Tout autour, les monts Rila et les gorges de la rivière Rilski. Six moines y vivent toujours. À l’intérieur de l’église se trouve la tombe du tsar Boris III qui décède mystérieusement en 1943 après un passage en Allemagne et une visite à Hitler… Il repose désormais en paix dans ce lieu chargé de sérénité.

    Y a-t-il un pilote dans la 205 ? Au secours, on est perdu !

    Les « thraces » artistiques en Bulgarie

    Orfèvres et artistes, les Thraces sont la première population attestée par l'histoire qui habite les terres balkaniques de l'Est à l'âge de bronze. Ce sont les premiers qui forment la "culture bulgare", dont on a mis au jour un nombre important d'objets d'art sur le littoral de la mer Noire et dans la plaine de Thrace. L'influence de Byzance fut ensuite prépondérante du VIIIe au XIVe siècle. Tous ont laissé un héritage culturel qui demeure aujourd'hui, par exemple le Byzant et le charme exotique de l'art musulman. De ce fait, l'artisanat bulgare est riche : sculpture sur bois, poterie, chaudronnerie...

    Il est temps de prendre la route pour rejoindre le bivouac bulgare du soir. Les rumeurs bruissaient depuis plusieurs jours : nous dormirions au pied d’un endroit atypique. Nous trépignons donc au volant de notre 205. Mes deux copilotes et moi-même mettons en route le GPS pour atteindre le point mentionné sur notre carnet de bord. Joyeux de notre journée bulgare. Détendus, nous papotons. Nous dormons chacun notre tour. Conduisons à tour de rôle. 19h : la route commence à être un peu longue. 20h : nous serons en retard au bivouac. 22h : bon, là, ça commence à être très bizarre… Nous avons faim. La nuit est tombée depuis bientôt une heure. Nous commençons à douter.

    Des panneaux annonçant des villes roumaines nous mettent la puce à l’oreille. Il était temps ? Y a-t-il un pilote dans cette 205 ? Bah oui, il y en a même trois mais qui se sont considérablement plantés ! Nous sommes en route vers la Roumanie, l’étape du lendemain. Fatigués, bientôt épuisés, nous nous regardons ? On fait quoi ? Stationnant sur un parking mal éclairé, pas rassurés, nous décidons de mettre la musique à fond et de tenir jusqu’au point d’arrivée. Heureusement, il restait quelques victuailles de notre déjeuner sur le pouce du midi. Cette route pour arriver fut longue. Longue. Longue. À minuit passé, nous sommes enfin parvenu au pied du Buzludzha (prononcez : Bouzloudza !).

    Le Buzludzha, monument brutaliste

    Pas le temps d’admirer la bête ! Dodo dans la voiture. É-pui-sée ! Mais le lendemain matin, le réveil au pied de cette construction en béton armé en jette. Situé au sommet de la colline Bouzloudja à 1400 mètres d’altitude, le Buzludzha fut le siège du parti communiste bulgare. Aujourd’hui abandonné, graffé, en ruines, le monument brutaliste, typique de l’architecture totalitaire a été inauguré en 1981, après 7 années de travail et plus de 6 000 ouvriers, sans compter la vingtaine de peintres et sculpteurs bulgares qui ont décoré pendant 18 mois l’intérieur du bâtiment. Après la chute du communisme à la fin des années 1980, ce monument comme nombre d’édifices liés au régime des cinquante années précédentes a été laissé à l’abandon.

    Officiellement, impossible d’y entrer… Officiellement… À l’intérieur ; mosaïque, marbre, verre… Too much ? Ah oui, y compris les portraits de Marx et Lénine grandeur nature ! 42 mètres de long, 14,5 mètres de haut, le monument à la gloire du parti est devenu une œuvre d’art magistrale. Imaginez les dirigeants communistes du pays réunis dans cette salle des congrès, regardant par les immenses fenêtres ce paysage montagneux au fin fond de la Bulgarie ? Grandeur et démesure en 1981. Aujourd’hui, c’est plutôt grandeur et décadence… Mais le lieu reste unique et très impressionnant.

     

     

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    En savoir plus : www.europraid.fr

     

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    Delphine Blanchard - Journaliste
    Delphine Blanchard - Journaliste

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