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    Nantes

    eSport Academy : une école pour passer du monde virtuel à un travail réel

    En 2016, la France compte 1,4 millions de spectateurs d'e-sport © eSport Academy En 2016, la France compte 1,4 millions de spectateurs d'e-sport © eSport Academy

    L'eSport Academy, première école de sport électronique de France, a ouvert ses portes début janvier à Bouguenais, près de Nantes. Fondé par trois mordus de jeux vidéo, l'établissement accueille une vingtaine de jeunes, tous décidés à travailler dans ce domaine après leur passage dans cette formation d'un nouveau genre. Reportage au-delà des écrans.

    Ce sont les vacances à l'eSport Academy. Situation relativement atypique pour une école : la totalité des élèves est présente dans les locaux ! Beaucoup s’entraînent sur leur jeu vidéo favori, certains rangent l'espace et d'autres se reposent dans le dortoir où loge la vingtaine de résidents. De toute évidence, cet établissement n'est pas une école comme les autres…

    Ouverte depuis janvier 2016 à Bouguenais, dans un hangar de 600 m² toujours en cours d'aménagement, cette structure forme des jeunes aux métiers de l'e-sport, soit la pratique intensive de jeux vidéo multijoueurs via des compétitions en ligne ou hors ligne. Encore relativement méconnue, cette discipline est aujourd'hui en passe d'être popularisée : le journal L'Équipe lui consacre une rubrique et un programme TV, des agences de publicité se spécialisent dans ce domaine, un magazine dédié sort en kiosque… et surtout, l'État commence à légiférer le secteur, en créant notamment un statut pour les joueurs professionnels et en instaurant une fédération.

    Jeux vidéo et cours théoriques

    En fondant l'eSport Academy, Cédric Rivière, Fabien Goupilleau et Helena Mastronicola ont tout misé sur l'essor de cette activité et sa future structuration. Le projet a pris forme en 2015, quand ils étaient encore respectivement professeur de philosophie, chef de projets web et community manager. "Tous les trois férus de jeux vidéo, nous sommes partis du constat que cette discipline englobait – comme dans la plupart des sports – des compétences et des métiers connexes, tels que le management, l'organisation d'événements, la gestion de l'image…", explique Helena Mastronicola, responsable communication.

    À l'eSport Academy, il n'est donc pas question de passer tout son temps à "geeker". Les matinées, encadrées par des professionnels, sont consacrées à la pratique des jeux vidéo1 et l'après-midi à des cours théoriques. Assurés par les trois fondateurs, ils portent sur la gestion de projet, la psychologie, le management, les outils de communication… La formation se déroule au total sur neuf mois, avec un stage chez l'un des partenaires de l'école2, et coûte 5 000 €3,

    La vie en multijoueurs

    23 hommes et une femme, âgés de 18 à 24 ans, ont intégré la structure depuis janvier, quittant leur formation en cours ou leur travail. Boulanger, réceptionniste, éducateur spécialisé… ils sont issus d'horizons différents et viennent parfois de loin, comme de Belgique ou de Guyane. Après la formation, ils comptent devenir organisateur d'événements, community manager, animateur et commentateur de tournois, manager d'équipe, journaliste… voire joueur professionnel pour les meilleurs d'entre-eux. Tous ont choisi de vivre au sein de l'établissement. Il règne donc ici un peu comme une ambiance de grande coloc'.

    "L'aspect communautaire est un point fort de notre projet pédagogique. D'abord parce que les élèves jouent régulièrement en équipe lors de tournois4, mais aussi parce qu'ils apprennent à vivre ensemble. Ils s'autogèrent en s'occupant par exemple des courses à faire, du rangement et de l'entretien du lieu. Leur profil psychologique et leur capacité d'adaptation sont observés à la loupe lors des sélections, en plus de leur niveau et motivation."

    Un besoin de reconnaissance

    Avant-gardiste, l'eSport Academy semble être aujourd'hui davantage un laboratoire qu'une véritable académie. L'établissement essuie en quelque sorte les plâtres d'une discipline encore en pleine structuration, car rien ne garantit aux jeunes qu'ils trouveront des emplois durables dans ce domaine à leur sortie et le diplôme obtenu n'est pas reconnu par l'État. "Nous sommes en discussion avec plusieurs organismes de formation pour donner plus de poids et de reconnaissance au diplôme", souligne néanmoins Helena.

    En chiffres : la mine d'or de l'e-sport en France

    • 22 millions de dollars de revenus générés par an
    • + 10 % de croissance annuelle
    • 1,4 millions de spectateurs en 2016
    • 1 français sur 3 nourrit un intérêt pour l'e-sport

    Source : Agence française pour le jeu vidéo

    Autre bémol : l'accompagnement des collectivités. "Dans certaines villes, comme à Poitiers, la municipalité accompagne des structures et manifestations spécialisées dans l'e-sport. Là encore, nous sommes en pourparler avec la mairie de Nantes pour voir ce qui pourrait être envisagé."

    Même si l'eSport Academy rencontre quelques obstacles au démarrage, la structure ne manque pas d'ambition pour les mois à venir. Elle souhaite entre autres organiser ses propres tournois, proposer de nouvelles formations, plus courtes notamment, et cherche (déjà !) à s'installer dans des locaux plus grands. L'école a en effet reçu plus de 2 000 candidatures pour l'année 2017 !

     

    1 Actuellement, l'eSport Academy propose aux élèves de s'exercer sur cinq jeux : League of Legend, Call of Duty, SMITE, Heroes of the Storm et Overwatch.

    2 Partenaires des sites spécialisés O'Gaming et Millenium Portail, ainsi que du magazine web Melty, l'eSport Academy propose à ses élèves de réaliser leur stage de fin d'étude dans ces structures.

    3 Ce montant inclut l'enseignement, l'hébergement et les frais de nourriture durant les neuf mois d'étude.

    4 Les élèves de l'école participent régulièrement à des compétitions et événements d'e-sport en France, telles que le Bordeaux Geek Festival, la DreamHack à Tours, la NaoLAN à Nantes ou encore la Gamers Assembly à Poitiers.


    www.theesportacademy.com
    www.facebook.com/theesportacademy
    https://twitter.com/eSportAcademy

     

     

    3 questions à…

    Samuel Vansyngel, un sociologue dans le game de l'e-sport


    Samuel - Padou - Vansyngel

    Samuel Vansyngel a deux amours dans sa vie : l'e-sport et la sociologie. À 25 ans, ce jeune Nantais a choisi de marier ses passions en étudiant scientifiquement le sport électronique. Rencontre.

     

    Comment es-tu arrivé dans l'univers de l'e-sport ?

    "Je suis entré dans le monde des jeux vidéo comme beaucoup de jeunes de ma génération. À l'âge de 8 ans, je passais des après-midi chez un ami à geeker sur Sonic. Après quoi, j'ai eu ma première console, une Game Boy Color, avec laquelle je jouais à des jeux comme Pokemon. Plus tard, en m'installant à Nantes pour mes études, j'ai – enfin – pu disposer d'une bonne connexion internet… le Graal pour moi ! Cela m'a permis de faire ce que j'aimais et finalement de découvrir l'e-sport. Je me suis spécialisé dans Hearthstone, un jeu de cartes en ligne de la franchise Warcraft, en participant à des tournois et en intégrant des équipes. Je suis aujourd'hui manager au sein d'une association nantaise appelée Asentio, composée d'une dizaine de membres."

     

    Pourquoi t'intéresses-tu scientifiquement à l'e-sport ?

    "Déformation professionnelle oblige… ma curiosité "sociologique" pour cette pratique a émergé au même moment que mes débuts dans l'e-sport. En première année de master, j'ai réalisé une observation ethnosociologique au Game Over, un bar nantais sur le thème des jeux vidéo qui organise régulièrement des tournois (voir galerie photo). Mon étude portait sur les interactions entre joueurs en son sein. J'ai ensuite poursuivi avec un mémoire sur les enjeux liés à cette pratique, en interrogeant notamment son caractère "compétitif". Je recherche aujourd'hui des financements pour débuter une thèse qui portera sur le profil des e-sportifs, leurs pratiques, leur engagement, leur culture et les mécanismes d'apprentissage. En parallèle, je reste mobilisé sur mes terrains d'enquêtes – LAN (local arena network), tournois, manifestations vidéo-ludiques, engagements associatifs…"

     

    Selon toi, comment se porte l'e-sport en France ?

    "Il est clair que cette pratique est en plein essor. Mais elle n'est pas nouvelle et rassemble depuis longtemps des millions de joueurs à travers le monde. L'e-sport occupe une large place dans certains pays, comme en Corée du Sud où il est reconnu sport national. En France, il est aujourd'hui davantage médiatisé qu'auparavant. Les entreprises s'intéressent à son énorme potentiel économique et les politiques prennent conscience de cette croissance en voulant l'encadrer juridiquement. Dernier exemple en date : la création de l'association France E-sport, qui se qualifie comme "groupe d'influence" pour conseiller les prochaines décisions. Plusieurs acteurs semblent favorables à ces mesures qui donnent une meilleure image de la pratique. Ce qui est assez paradoxal, puisque ces mêmes personnes ont su développer leur propre encadrement, avec des associations, des tournois, des équipes, des hiérarchies… Il y a par ailleurs des incertitudes quant à l'affiliation statutaire de l'e-sport : alors qu'il est actuellement lié au Ministère de l’Économie, via la secrétaire d'État chargée du numérique Axelle Lemaire, certains souhaiteraient une reconnaissance de cette activité comme sport. La production de connaissances sur cette pratique, ses joueurs et son organisation me paraît donc importante, afin de mieux comprendre ce qui motive l'engagement de chacun."

    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – Compte Twitter : @Padou11

     

     

    Game Over, taverne nantaise où le geek est roi

     

    Du sport électronique, de la boisson et des geeks ! Voilà le concept du Game Over, un bar – ou barcraft pour les initiés – consacré à l'e-sport. Lieu incontournable pour beaucoup de gamers de la Cité des Ducs, ce bistrot des temps modernes a su fédérer dès son ouverture, en novembre 2013, une large communauté, bien au-delà des amateurs de manettes et de souris. Reportage photo au cœur d'une taverne où le geek est roi.

    Le bar du Game Over est situé au 1 rue Lebrun à Nantes – www.gameovernantes.com

     

    Cliquer sur l'une des images pour l'afficher en grand.

     

     

    Carte des bars e-sport en France

     

     

     

    Lexique pour ne pas passer pour un "NooB"

     

    FPS (first-person shooter) : désigne un type de jeu de tir se jouant à la première personne, où l'on voit à travers les yeux du protagoniste.

    Gamer : nom donné aux joueurs d'e-sport.

    Guilde : regroupement de joueurs à l'intérieur d'une même équipe qui partagent un canal de discussion privé, une banque commune, un nom de groupe…

    IRL (In real life) : dans la vie réelle, par opposition à IG (in game)

    LAN party : partie de jeux vidéo multijoueurs où les participants jouent en réseau local.

    LoL : abréviation de League of Legends, un jeu en ligne multijoueurs de type MOBA, développé par la société Riot Games.

    MMORPG (massively multiplayer online role-playing game) : jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs, où l'on incarne un avatar dans un monde en perpétuelle évolution et où l'on peut interagir avec des milliers de personnes.

    MOBA (Multiplayer Online Battle Arena) : un type de jeu se jouant en général à deux équipes, avec pour objectif de détruire la base principale ennemie.

    NooB (issu de newbie) : nom donné aux personnes qui ne connaissent rien à un (ou des) jeu(x).

    TeamSpeak (ou TS) : logiciel vocal largement utilisé par les gamers pour échanger entre eux pendant les parties.

    Twitch : service de streaming et VOD spécialisé dans les jeux vidéo et l'e-sport, largement utilisé par la communauté.

    WoW : abréviation de World of Warcraft, un jeu vidéo de type MMORPG dans l'univers médiéval-fantastique Warcraft, développé par la société Blizzard Entertainment.

     

    Corentin Vital - Journaliste & Community manager
    Corentin Vital - Journaliste & Community manager

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