Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…


    Au fil de l'estuaire de la Loire
    Au fil de l'estuaire de la Loire 200 km, à pied. "Appréhender l’estuaire dans sa globalité nécessite d’en arpenter les franges, pas à pas, au rythme du marcheur", expliquent Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps.…


    Les tops de Terri(s)toires
    Les tops de Terri(s)toires Artistes locaux, endroits flippants, jolies plages, lieux aux noms insolites...  La rédaction de Terri(s)toires explore les territoires de l'Ouest à la recherche de perles, et dresse des…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    FC Nantes

    Foot féminin : petit à petit, les Canaries font leur nid

    L'équipe féminine du FC Nantes. L'équipe féminine du FC Nantes.

    À l'été 2014, l'imprévisible président du Football Club de Nantes, Waldemar Kita, lance pratiquement ex nihilo une section féminine. Son équipe première est passée du huitième au cinquième échelon national en un an et demi, remportant au passage un match 37-0. Objectif avoué à demi-mot : la D2 féminine. Des Canaries qui prennent leur envol sur et en dehors des terrains, où leur bonhomie contraste avec un environnement de club professionnel.

    14 matchs, 13 victoires pour une seule défaite, 119 buts marqués pour 11 encaissés. Les résultats du FC Nantes féminine, à mi-saison 2015-2016, ont de quoi épouvanter leurs adversaires et envoûter leurs supporters. Pour voir le premier revers de la saison (2-5), il a fallu attendre un quatrième tour de Coupe de France, le 13 décembre, face au FC Lorient, pensionnaire de D2 féminine.

    Ambiance des grands matchs, cet après-midi-là, avec près de 250 personnes venues au centre d’entraînement de la Jonelière pousser les "Canarieeeeees !". Accoudée à une barrière, Laura, attaquante prolixe des moins de 14 ans, est admirative : "Les joueuses de l’équipe A sont grandes, très techniques et ont une grosse frappe de balle. J’adorerais jouer avec elles".

    Le cuir est nantais, la vélocité lorientaise, pour un écart de trois divisions peu évident sur le pré. "Quand on vient ici, on sait où on met les pieds : le niveau de jeu de cette équipe ne correspond pas à celui de leur division", observe à froid Alain Le Dour, entraîneur des féminines de Lorient.

    De A à Z

    Les Jaune et Verte ont débuté au plus bas niveau, soit le troisième division de district (huitième échelon national), en septembre 2014. L’idée, elle, a germé un an plus tôt. Le président Waldemar Kita confie alors à France 3 Pays de la Loire "Il y a deux choix stratégiques à définir. Le premier est de savoir si on s'attache à un club régional qui est déjà bien placé en deuxième ou troisième division. Ou éventuellement, on crée tout de A à Z".

    Le projet de fusion avec l'historique Nantes Saint-Herblain Football Féminin (NSHFF), club de D2 créé en 1973, est un échec. Les Herblinois(es) veulent garder leur nom et leur organigramme, aux dires des Nantais(es). Une version non confirmée à Saint-Herblain, où l'on se tournera ensuite sans succès vers l'Orvault Sports Football, autre club emblématique de la région.

    "Nos jeunes joueuses, formées depuis deux ans au club, n'avaient pas l'âge de jouer en foot à onze. Donc nous avons dû recruter, retrace Gwen Cornu, coresponsable de la section féminine, à Nantes, Enfin, recruter est un bien grand mot. Nous avons ouvert nos portes lors de journées détection. Les filles sont venues d’elles-mêmes en connaissant notre projet". Une manière d'anticiper les critiques, comme celle du président du district de Loire-Atlantique, Alain Martin, déclarant en novembre 2014 : "le FC Nantes a déshabillé des clubs qui avaient très bien travaillé. Moi, ça me gêne".

    Le football féminin est, il est vrai, en plein essor, ici comme partout en France. On compte à ce jour 86 171 licenciées à la FFF, dont 10 198 dans le Grand Ouest. Des effectifs qui ont pratiquement doublé en dix ans, même si les footballeuses ne représentent que 4 % des quelque 2,1 millions de pratiquants dans l'Hexagone.

    Trophées et mousse au chocolat

    Le groupe senior de Nantes (équipes A et B) est, lui, constitué de 35 joueuses âgées de 17 à 30 ans, dont à peu près un tiers a déjà connu la D1 ou la D2. Elles sont amatrices, chapeautées par l'Association FCN qui gère aussi les garçons jusqu'aux U13, mais sont encadrées de manière quasi professionnelle. "Comment font-elles pour courir autant ?", s'étonnent sans cesse leurs adversaires, dépitées. La préparation physique est en effet poussée, avec des tests en début de saison, suivis d'un programme collectif et individuel précis.

    Une ambivalence qui peut donner des situations cocasses. 15 minutes après la fin d'un match, on peut ainsi voir deux joueuses nantaises se délecter d'un immense bol de mousse au chocolat, au milieu du club-house rempli de trophées de la Jonelière. "Je ne me suis pas posé longtemps la question avant de m'engager. J'étais abonnée depuis deux ans à La Beaujoire. Mais maintenant j'ai du mal à regarder le foot masculin, il y a trop d'histoires d'argent", explique tranquillement Marie Alliot, étudiante en Staps jouant arrière centrale.

    Toutes ont une activité à côté du football. Fréquemment l'université, ou bien un emploi dans le commerce, la restauration, etc. En dehors des quatre grosses écuries nationales – Olympique Lyonnais, Paris-Saint Germain, FC Féminin Juvisy Essonne, Montpellier Hérault Sport Club – il est en effet quasi impossible de vivre uniquement du ballon rond.

    Madeline Goyaut, milieu expérimentée de 22 ans, qui a évolué en D1 à La Roche-sur-Yon, peut en témoigner. "À l'époque, c'était cinq séances par semaine et des matchs parfois loin le week-end. La compensation financière était de l'ordre de 30 euros par match".

    Chez les quelques professionnelles, les rémunérations s'échelonnent aujourd'hui du SMIC jusqu'à 12 000 euros brut par mois environ, pour un salaire moyen à 3 500 euros. Dans ce contexte, l'encadrement technique nantais loue à l’unisson des joueuses "volontaires", impliquées dans un projet de jeu collectif ambitieux sur le terrain et d'interaction avec les plus jeunes en dehors.

    Bientôt Marcel Saupin ou La Beaujoire ?

    "Elle ont un très bon état d’esprit, elles ne lâchent jamais rien, commente Jacqueline, dit ''super mamie'', supportrice du FCN depuis un demi-siècle. C’est vraiment très plaisant, elles font moins de cinéma et sont beaucoup plus respectueuses que les hommes. Elles mériteraient de jouer à Marcel Saupin [stade de la réserve, ndr] ou en levée de rideau à La Beaujoire ». Malgré la venue à plusieurs reprises de Franck Kita, fils de et directeur général du club, la distance avec le groupe professionnel masculin reste palpable.

    "Bien sûr que ces footballeurs nous paraissent loin, ils ne viennent pas nous voir jouer, par exemple. Pourtant on a l'équipement, les terrains, l'encadrement, donc tout va bien", relativise Ruth Sutcliffe, grande n°6 passée par Newcastle United (Angleterre) et Troy Athletics (États-Unis). Sa coéquipière Sandy Bannacer, par ailleurs responsable d'un restaurant, acquiesce : "Pour l'instant, il y a un petit écart, c'est vrai, mais avec le temps, ça va se résorber".

    Si les Canaries continuent à voler dans les plumes de leurs adversaires, la question de leur intégration dans le giron professionnel du FC Nantes se posera d'ici deux à trois ans. Elles se fonderaient alors entièrement dans une société anonyme sportive professionnelle (SASP) au budget annuel de 37 millions d'euros, employant quelque 150 personnes. Adieu le nid douillet de l'amateurisme.

     

    Cliquer sur l'une des images pour l'afficher en grand.

     

    Thibault Dumas avec Hugo Colin

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...